Lost Odyssey : le jeu aux mille emotions

Lost-Odyssey-Boite

Il y a des jeux qui, sans être parfaits, me laissent une trace indélébile. Par leurs idées, par leur sens du voyage, leur narration, leurs propos et j’en passe. Lost Odyssey fait à coup sûr parti de ceux-là. Loin de faire l’unanimité, RPG décrié par bien des joueurs, l’aventure proposée par ce titre est définitivement à part. Et si je devais me rappeler que d’une chose, ce serait des larmes versées devant les souvenirs puissants et tragiques de notre héros.

Love Odyssey

Si vous avez joué à Lost Odyssey, alors vous vous rappelez au moins une scène. Celle de funérailles d’une jeune maman, laissant derrière elle deux enfants aux émotions palpables. Si le jeu ne brille pas par une technique sans faille, il est d’une justesse rare dans les messages qu’il délivre. C’est pourquoi au moment des adieux, le dérangeant sentiment de partager la peine de ces orphelins m’éclate en plein visage. Pas de place ici pour des cris de vengeance, des regrets ou une morale facile comme souvent en japanimation. Non, ce moment est digne, dans la retenue. Ici se mélangent mélancolie et espoirs, injustice et courage. A dire vrai, il me renvoie à mes propres angoisses de perdre des êtres aimés. Je suis happé, les yeux embrumés par l’émotion. La barque dans laquelle est placé le corps du défunt s’éloigne. Quelques mots, quelques larmes. La scène prend fin.

Ces instants, ces moments intenses et marquants, sont la signature du jeu.

Sorti sur une Xbox 360 en mal de JRPG, la création de Sakaguchi a phagocyté les attentes. Le papa de Final Fantasy, qui se lance dans un RPG du nom de Lost Odyssey, accompagné par Nobuo Uematsu ? Tout le monde en attendait probablement trop. Pourtant, si le jeu et son gameplay sont relativement classiques, favorisant le tour par tour dynamique à des affrontements en temps réels, le cœur du jeu est ailleurs. Quelque part entre les guerres, les stratagèmes et autres complots qu’offre le scénario. Finalement, au plus proche des joueurs : dans la narration et les relations entre personnages.

Lost In Translation

Kaïm a su marquer ma mémoire. Immortel amnésique ayant traversé les siècles, il affiche sur son visage le regard d’un homme qui ne sait plus pourquoi il combat. A ses côtés nous retrouverons des bribes de souvenirs, des fragments de son passé. Des écrits, retrouvés ici ou là m’invitent à découvrir cet enfant malade qu’il n’a pu sauver, cette femme qu’il a aimé mais à du quitter ou encore cet ami qui s’est sacrifié. Des rencontres, des parfums, des images lui rappellent son passé. Quelques notes de musique, des lignes d’histoires et de l’émotion rare. Le recueil des rêves est la clé de voûte de l’histoire. Des récits d’un autre temps, d’autres vies. Si les âges n’ont pas d’emprise sur notre héros, le difficile souvenir de tant d’êtres chers perdus s’acharne à lui coller à la peau. Troublant. Touchant. Marquant.

Il y aurait certainement d’autres choses à raconter sur le jeu. Je pourrai m’étendre sur son style visuel atypique. L’orchestration mériterait également plus que quelques mots tant elle accompagne parfaitement les émotions décrites plus haut. Et pour finir, je pourrai vous parler de ce gameplay un peu rigide, sans surprise et sans prise de risque. Mais c’est ici ma chronique, mon souvenir. Et ce que je retiens de Lost Odyssey, cette marque qu’il a laissée en moi, est le souvenir de moments bouleversants.

Écrit entièrement par un Sakaguchi marqué par le décès de sa mère, Lost Odyssey est un grand RPG. Pas le plus beaux, pas le meilleur mais le plus touchant et intelligent du genre. Il parvient à le sublimer non pas manette mais plume en main. Un voyage poétique, parfois contemplatif, qui se savoure pour ce qu’il est : une ode aux récits et aux belles histoires. Une lettre d’amour de son créateur à la vie.

Hironobu Sakaguchi
Après m'être plongé dans des esprits aussi torturés que brillants et vécu des expériences dont la singularité n'égale que leur étrangeté, j'ai décidé de jouer. Alors je joue :)

8

  1. Super article ! Ce jeu je crois que ma plus grande déception ça a été de ne pas le “platiner” . Je n’ais pas hésité une seconde de le racheter en démat lorsqu’il est devenu rétrocompatible ( comme Blue Dragon). Je me suis toujours dit que je le referais pour lui faire honneur.
    Mon RPG d’amour devant FF13 et de loin…

    • Mais tellement ! C’est mon rpg d’amour aussi. Fait 2 fois, Goldé, DLC inclus.
      Un bonheur et surtout, que d’émotions !

  2. J’ai ce jeu, il faudrait vraiment que je le fasse pour son côté narratif ! Pour y avoir joué quelques minutes en 2017 (ce n’etait pas super jolie. Mais qu’importe je ferai abstraction de la partie graphique et m’y plongé une bonne fois pour toute !!!

    • Clairement les graphismes ne sont pas la force du jeu. Il y a bien quelques décors et quelques moments qui sont jolis et agréable, mais ce n’est vraiment pas l’essence du jeu.
      Il est pour moi le jeu le plus personnel de Sakaguchi. On ressent réellement sa patte, son esprit par rapport à la vie, la mort, les relations entre les personnes etc…
      Vraiment un très grand jeu.

  3. Et dire que je ne l’ai jamais finin ?

    • J’ai tellement honte mais moi aussi ???

      Je vais me le refaire très prochainement mais je manque de temps ??

      J’ai acheté la BO, qui est juste magistrale.
      Que dire de l’histoire qui te prends aux tripes.

    • Il est retro, faut absolument que je le relance.

    • C’est une obligation. Quiconque est passé à côté de Lost Odyssey a raté sa vie de joueur.

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