Test – Earth Atlantis, le shoot qui prend l’eau

Après une année plutôt creuse, le shoot them up revient en force cette année ! Earth Atlantis est en effet le quatrième du genre testé sur notre site depuis Janvier. Sa particularité ? Mélanger shoot them up multi directionnel et éléments de gameplay à la metroid vania avec une patte graphique unique. Un jeu qui, à plus d’un titre, fait penser au sympathique Song For The Deep. De quoi séduire et se différencier par rapport à ses concurrents ?

Un genre culte… pour certains

Quand on aime les Shoot them Up, la simple évocation du genre suffit à nous rappeler quelques illustres licences. Je pense notamment à Ikaruga, Gradius ou encore à Radiant Silvergun (coucou Sokoj). Ah, que ces noms sonnent comme de doux souvenirs qui ravivent des émotions passées. Qu’il était bon le temps où, grâce à une dextérité rare nous gagnions l’admiration de nos pairs. Loin des Fortnite et autres PUBG qui s’épanouissent en multi, c’est seul face à une avalanche de pixels qu’il nous fallait briller. Que nous reste-t-il de cette époque ? Ni respect, ni foule impressionnée, seulement quelques nostalgiques sur qui le temps n’a pas d’emprise. Et si je vous parle de ce temps, qu’assurément les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, c’est qu’il faut se faire une raison : elle n’est pas prête de renaître.

la Statue de la Liberté théatre de nos exploitSoyons clair tout de suite : Earth Atlantis n’est pas un shoot traditionnel. Comme je le disais en introduction, il mélange les genres. Ici, vous prenez donc le contrôle d’un sous-marin armé et partez à la chasse aux gros. Pour les ferrer, un radar vous indique leur position dans la map par une simple croix. Pas de représentation du niveau, pas de chemin balisé : à vous de vous orienter à l’instinct. Mais si la map est suffisamment grande pour abriter plusieurs boss, elle ne l’est pas suffisamment pour nous perdre en chemin. Après quelques passages, vous trouverez vite vos marques et vous déplacerez comme un poisson dans l’eau.

Le Mélange des genres

Certains accès ne seront pas tout de suite disponibles et il faudra en passer par la confrontations pour libérer un chemin. Pour cela, l’apparition erratique des boss sur votre radar sera d’une grande aide. En effet, c’est bien en achevant certains d’entre eux que vous libérerez le passage vers de nouvelles zones. Ce ne sont donc pas de nouveaux pouvoir qui vous permettront de progresser dans l’unique map du jeu mais plutôt la taille de votre tableau de pêche !

Pour venir à bout de ces monstres aquatiques vous devrez évidemment sortir l’artillerie lourde. Oubliez tout de suite hameçons et ligne de pêche, dans Earth Atlantis ce sera missiles et rayons lasers ! De base, votre sous-marin ne tire qu’un seul missile mais comme dans tout bon Shoot them up qui se respecte, des powers-up vous attendent en chemin. Les obtenir n’a d’ailleurs rien de bien compliqué puisqu’il suffit de mettre le menu fretin en boite. Petits poissons et autre Bernard-l’hermite lâcheront ainsi des bonus d’attaque ou de vie au moment de rendre leur dernière bulle. Histoire de rendre votre embarcation encore un peu plus létale, vous trouverez aussi sur votre chemin des caisses et autres tonneaux qui vous permettront d’obtenir une arme supplémentaire. Missile, roquette et autre laser auto guidé accompagneront donc au menu tortue géante en entrée et calamar taille XL en plat principal.

Il était une fois Earth Atlantis …

Entre deux monstres marins peut-être tomberez-vous aussi sur un autre navire qui vous attaquera sans sommation. En effet, en cours de route, Earth Atlantis vous mettra en opposition avec d’autres sous-marins bien énervés. Si vous parvenez à en venir à bout, le bâtiment rejoindra votre flotte personnelle et vous pourrez alors le piloter. L’avantage étant bien évidemment que chaque bâtiment dispose de ton propre style : rapide mais peu puissant, résistant mais peu véloce, etc. L’artillerie est également propre à chaque vaisseau et si certains se contentent de torpilles, d’autres balaient l’écran à coups de Laser ou de roquettes téléguidées.

Un méchant requinAu-delà de sa progression au sein d’un unique monde, Earth Atlantis se démarque de la concurrence par son esthétique. Avec un rendu proche du croquis, le jeu a indéniablement une patte travaillée. Dans ce monde où l’eau recouvre la quasi-totalité de la terre et où les machines ont pris le pouvoir sous les océans, les premières minutes promettent un voyage véritablement atypique. Plaisant à regarder et vraiment bien inspiré, l’univers dépeint ici est une réussite artistique. Que ce soit votre sous-marin ou la faune locale, on sent l’attention portée aux détails. Le moindre petit écrou, la plus petite vis se devine sur les carcasses métallisées qui se meuvent à l’écran. Les environnements ne sont pas non plus en reste puisque le fond de l’image affichera quelques monuments célèbres. Statue de la Liberté ou Arc de Triomphe servent par exemple de décoration pour les baleines qui nagent en arrière-plan.

… la Cité engloutie

Malheureusement, ce rendu peine toutefois à convaincre à l’usage. Pour quelles raisons ? Tout simplement pour des questions de lisibilité de l’action. Une qualité des plus importantes dans un shoot’em up est de savoir rester lisible en tout circonstance. Il est essentiel pour le joueur de toujours savoir où est son vaisseau, quels sont les missiles ennemis, leur type et si d’autres éléments se baladent à l’écran. Or, dans Earth Atlantis, tout est affiché en nuance de noir et de blanc dans un univers aux tons sépia. Difficile dès lors de toujours bien voir ce qui nous arrive dessus, ce qui tient du décor ou encore de différencier nos missiles de ceux de l’adversaire. C’est d’autant plus dommage que cela arrive surtout sur les adversaires les plus coriaces. Tout se mélange alors à l’écran et il est difficile d’anticiper les trajectoires.

Attention, ce n’est pas présent en permanence mais la jauge de vie est suffisamment sensible aux contacts avec l’ennemis que le moindre faux pas peut-être fatal face aux monstres marins les plus colossaux. Dans le même ordre d’idée, il est d’ailleurs dommage que le seul challenge du jeu se résume à ces affrontements contre les boss. Et encore, pas tous.

Oh, un arc !Les ennemis qui jalonnent votre périple font en effet davantage office de distributeurs de vie et de power-ups que de réel rempart à votre progression. On en arrive d’ailleurs à rusher entre deux boss en ne prenant plus la peine de s’arrêter pour les abattre. Si, comme moi, seul le challenge vous excite, vous passerez sans difficulté entre leurs tirs et ne ferez halte que pour reprendre un peu de vie avant d’affronter une adversaire plus coriace.

Attention à ne pas boire la tasse

Pour conclure ce chapitre déception, je soulignerai aussi le manque de renouvellement de la poiscaille locale. Ou plutôt son manque d’impact. Certes le jeu annonce fièrement 25 boss et plus d’une soixantaine de monstres mais la vitesse d’enchainement de ces fameux boss couplée à l’absence de challenge face aux plus petites machines aquatiques donnent une impression toute autre. On a finalement le sentiment de ne pas voir la plupart de ces ennemis tant ils sont insignifiants. Pour tout vous dire, seul deux boss me restent parfaitement en tête 72H après plusieurs sessions de jeu. Charmant, mais pas marquant !

Et au final c’est exactement le goût qui nous reste en bouche. Après plusieurs heures sur Earth Atlantis, j’ai le sentiment d’avoir joué à un jeu plaisant mais qui ne fera pas date. Parlez-m’en dans quelques mois et il y a de grandes chances pour que j’en ai oublié jusqu’à son nom. Un bon jeu, auquel on joue avec plaisir mais sur lequel on ne s’attarde malheureusement pas. Un essai pas tout à fait transformé donc et qui méritait probablement mieux. Avec son univers atypique, sa progression intelligente, Earth Atlantis avait probablement mieux à faire. Mais un manque d’envergure notable le pénalise sur trop de points. Reste un bon divertissement pour son prix qui rappellera que sortir la Saturn de son placard de temps à autre reste encore aujourd’hui une excellente idée !

+ Les plus

  • Une patte artistique unique...
  • Le mélange des genres sympa

- Les moins

  • ... mais qui pose des soucis de lisibilité
  • La promenade de santé entre les boss
  • A 3 boss près, ça manque de challenge
  • Radiant Silvergun me manque
5

Après m'être plongé dans des esprits aussi torturés que brillants et vécu des expériences dont la singularité n'égale que leur étrangeté, j'ai décidé de jouer. Alors je joue :)

1

  1. Coucou Fab !

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