Test – Impact Winter, une survie trop lisse

Disponible depuis l’année dernière sur Steam, Impact Winter débarque sur Xbox One pour vous proposer une aventure glaciale. Développé par Mojo Bones et édité par Bandai Namco, ce petit jeu indépendant attire tout de suite le regard des curieux avec son charme visuel et sa proposition survivaliste. Le résultat est pour le moins étonnant et après une dizaine d’heures de jeu, je vous propose mon ressenti sur Impact Winter, un titre à la fois frustrant et enchanteur

Quoi qui comment ? Un manque cruel de mise en scène !

Comme je l’ai dit dans l’introduction, Impact Winter a tout de suite attisé ma curiosité de joueur pour des raisons que je ne m’explique pas mais une chose est sûre : j’avais hâte de me lancer dans l’aventure ! Allez, je sélectionne l’option Nouvelle partie et voilà que mon avatar pour la vingtaine d’heures à venir, Jacob, se réveille d’un lit fait de planches et de mousse. On comprend rapidement que cette église constituera notre base pour toute l’aventure, que nous pourrons compter sur quatre survivants possédants chacun un domaine de compétences particulier et que dehors ça à l’air de cailler puissance 1000.

Jacob est également accompagné en permanence d’Ako-Light, un robot disposant d’une quantité d’énergie utilisable pour scanner les environs, forer des caches secrètes ou éclairer votre progression dans les environnements obscurs. Très pratique, il faudra tout de même veiller à ce que sa batterie ne tombe pas à plat car vous n’aurez alors plus aucun repère.

L’ambiance est posée d’entrée de jeu, on y croit, on se sent investi de notre principale mission : survivre 30 jours et apporter à nos compagnons de quoi se nourrir, boire et une quantité astronomique d’objets pour améliorer notre QG. La narration se veut toutefois superflue et passe uniquement par des bulles de dialogue sans aucune cinématique, ni aucune explication du background. Je pense que quand on apprend l’événement original qui a amené le monde à être dans cette situation via les astuces affichées lors des temps de chargement, cela montre à quel point la mise en scène d’Impact Winter est pauvre.

Perdu dans le blizzard

Pour autant, j’ai l’intime conviction que c’est une volonté des développeurs d’Impact Winter que de nous donner ce sentiment d’être totalement perdu dans le jeu. Vous pouvez visionner les dix premières minutes du jeu dans l’extrait ci-dessous, vous vous rendrez compte qu’on passe pas mal de temps à aller voir les PNJ pour obtenir de l’aide sur les mécaniques de jeu mais malgré la présence de ce tutoriel, Impact Winter se découvre au fur et à mesure de notre progression à l’instar d’un Don’t Starve.

Impact Winter c’est avant tout de l’exploration pour découvrir des lieux (hôpital, station-service, maisons abandonnées), la taille du monde est appréciable et on fouille tout et n’importe quoi pour remplir son sac à dos de bric à brac. L’espace de ce dernier est extrêmement limité au début du jeu ce qui induit d’innombrables allers – retours entre l’église et les lieux découverts, un aspect non dispensable puisque votre survie dépend du stuff rapporté pour améliorer la chaudière de l’église, mettre en place un générateur, améliorer les lits, … Il faut avoir à l’esprit que chaque action dans le jeu peut être gratifiante mais apporte forcément un malus. Partir en exploration vous permet de ramener nourriture et objets mais vous fatiguera. Demander à un de vos compagnons de construire un objet augmentera vos chances de survie mais diminuera ses jauges de fatigue, de nourriture, de boisson. Impact Winter est une constante recherche d’équilibre.

Ils arrivent quand déjà les secours ?

Si au début du jeu on vous indique qu’il faudra survivre 30 jours avant de voir débarquer les secours, plusieurs mécaniques permettent de réduire ce laps de temps salvateur. Une vingtaine de vans sont présents dans le monde, en les explosant vous réduirez le temps d’attente de quelques heures. Idem en plaçant des balises de signaux ou en gagnant des points de sauvetage. Ces derniers vous sont octroyés à chaque découverte de lieu, dès qu’un PNJ fabrique un objet, que vous réalisiez certaines actions (crochetage, découverte d’étrangers) et surtout en accomplissant les quêtes de vos quatre compagnons. Un système de leveling est présent et chaque niveau gagné réduit encore de quelques heures le temps d’attente. Les missions sont peu inspirées et vous demandent en général de vous rendre à un endroit, de vous récupérer un ou plusieurs objets spécifiques puis de les rapporter à l’église pour améliorer vos chances de survie.

Deux interrogations me restent à l’esprit à propos d’Impact Winter : les fins de partie et la gestion de vos compagnons. Est-il vraiment possible d’échouer une partie ? Malgré toutes mes tentatives, j’ai clairement l’impression que ce n’est pas possible de faire mourir vos compagnons d’aventure. Leur gestion est d’ailleurs plutôt aléatoire… Ils sont soumis aux mêmes contraintes que vous (dormir, manger, boire, maladie, moral à zéro) mais vous ne pouvez finalement que peu influencer sur leur gestion : ils vont dormir à des moments aléatoires, ils se nourrissent quand ils ont envie, etc… On reste dans le flou toute l’aventure et on se contente donc de remplir l’espace de stockage de plats et de boissons.

En définitive, Impact Winter est ce genre de jeu qui sait nous charmer avec son univers et des mécaniques de survie sympathiques. C’est toujours agréable de rentrer d’un trek et de pouvoir améliorer son QG mais les quêtes sont clairement lambda et nous n’avons jamais l’impression d’être mis en danger ce qui est décevant par rapport à l’esprit du titre, même quand les pillards commencent à venir nous harceler.

Le disque dur a gelé

Si la direction artistique est excellente, il est dommage que la partie technique soit aussi bancale. Entre des temps de chargements trop nombreux et trop longs, des freezes, des ralentissements et des contrôles parfois imprécis, le plaisir de jeu sur Impact Winter en prend un sacré coup. Un autre point m’a également perturbé, les environnements ne sont finalement pas aussi variés que j’espérais. Oui on peut explorer une vaste carte mais un couloir sombre reste un couloir sombre… Dommage car visuellement Impact Winter n’est pas désagréable à l’œil avec des effets météorologiques de toute beauté et ce charme indescriptible dans la patte graphique.

Conclusion

Impact Winter souffle le chaud et le froid. Si j’ai accroché au concept de survie avec toutefois de nombreux allers – retours à prévoir, l’exploration se veut agréable même si on attend toujours cet événement qui va chambouler le rythme trop plat du jeu. Ce sont surtout les nombreux soucis techniques qui viennent perturber mon plaisir de jeu malgré le charme initial que je lui trouve sans pour autant me l’expliquer. Impact Winter comblera les fans de survie qui n’ont pas encore pu s’essayer à un Don’t Starve ou à un The Long Dark.

+ Les plus

  • Améliorer notre QG
  • Explorer l'environnement
  • Visuellement charmant

- Les moins

  • Rythme plat, missions inintéressantes
  • Techniquement dans la poudreuse
  • Gestion de compagnons superficielle et opaque
6

Je suis tombé dans la marmite Xbox en 2003 et depuis je n'ai plus besoin de potion magique pour m'intéresser à tous les jeux qui sortent sur ces belles machines au fil des années. Je suis accessoirement un PGM en mousse.

5

  1. Mouep bon, sans moi. Au delà de la note, à la lecture de ton test, on sent vraiment pas de points positifs ou très réussis.

  2. Arghh, du coup je sais plus… Le style graphique me donne quand même envie de craquer. Puis l’exploration c’est mon pêché mignon !!
    Tu l’a joué sur One X TinouCLT ?

    • Yep, je joue sur Xbox One X ! Alors le propos écrit peut paraître dur mais Impact Winter reste un bon jeu d’exploration dans la moyenne, voire légèrement au dessus. C’est juste que j’en attendais peut-être davantage d’où une certaine déception, notamment au niveau de la mise en scène et de l’aspect survie qui parait uniquement là pour le folklore !

  3. Ok merci pour la réponse Tinou, je suis à deux doigts de craquer de toute façon… Très bon test au passage !

  4. À voir à prix plus doux pour ma part après lecture du test.

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