Test – The Raven Remastered

C’est 5 ans après la sortie du premier chapitre de The Raven : Legacy of a Master Thief qu’arrive sur notre plateforme un remaster réunissant les 3 épisodes et vendu à prix relativement doux, l’occasion pour nous de repartir sur les traces du Corbeau et tenter de prévenir le casse du siècle !

Londres, 1964, un précieux rubis —L’œil du Sphinx — se fait dérober au nez et à la barbe des pandores qui étaient censés assurer sa protection lors de son exposition au British Museum. Le crime est sobrement signé d’une plume noire, à la manière du célèbre voleur qui opérait sous le nom du Corbeau avant de disparaître de la circulation quelques années auparavant.

Après cette tonitruante et prometteuse introduction, nous nous retrouvons à bord de l’Orient-Express dans la peau de l’officier de police Suisse Anton Jakob Zellner dont la bonhomie n’a d’égale que sa capacité à se mêler de tout et surtout de ce qui ne le regarde pas. Vous êtes là en qualité d’escorte pour le deuxième œil du Sphinx, tout aussi précieux et en transfert pour le musée du Caire. Commence alors un long travail d’investigation et d’interrogations qui vous emmènera jusqu’en Égypte en passant par la méditerranée et les Alpes suisses, tout un programme !

Durant votre enquête, vous serez amené à côtoyer plusieurs personnages aux personnalités aussi colorées que stéréotypées. À commencer par l’inspecteur Nicolas Legrand, aux trousses du Corbeau depuis toujours et persuadé d’avoir à faire à un imitateur, Legrand ayant tiré et tué le Corbeau quelques années auparavant. Impliqué dans sa quête jusqu’à mettre en péril sa santé et sans arrêt en train d’empêcher Zellner de se mêler de son affaire, le flic zélé ne sera pas le seul à vivre de ces propres motivations et désirs. Vous rencontrerez également une écrivaine prétentieuse, un violoniste amer, une mère célibataire et son rejeton turbulent, un professeur mystérieux et un docteur antipathique, mais encore une baronne alcoolique accompagnée de son majordome.

Toute cette petite troupe agit selon ses propres motivations et est plutôt bien caractérisée. Le jeu dispose d’innombrables lignes de dialogues qui nous en diront bien souvent plus que nous aimerions le savoir sur les intentions des différents protagonistes. Cette richesse dans l’écriture amènera bien sûr de la substance à ce polar interactif tout en lui donnant des airs de roman policier dont les lieux et l’exotisme feront souvent écho à Agatha Christie …

… mais c’est là que les références s’arrêteront quant aux œuvres de la célèbre romancière. Malgré les multiples rebondissements qui égaye l’aventure, The Raven Remastered prendra parfois un peu trop son temps pour nous détailler ses personnages. Le jeu se perd bien souvent dans le conventionnel et le banal, et dans des scènes de dialogues poussives à même de vous soutirer quelques bâillements. Point de traduction française pour les dialogues parlés d’ailleurs, il faudra vous contenter de sous-titres en français et donc redoubler d’attention lors de vos conversations. Il ne sera pas rare d’ailleurs de zapper un dialogue pour cause de frappe un poil trop rapide sur la touche de validation du texte.

Héritier des point’n clicks modernes, vous aurez à vous balader dans différents environnements tout en sélectionnant les personnages auxquels vous désirerez vous adresser ou les objets que vous aurez à manipuler. Le jeu est très simple à prendre en main mais n’est pas dénué de défauts, sources de frustrations. À commencer par le déplacement absolument horrible du personnage, qui passera son temps à se cogner dans le décor et à ne pas savoir sélectionner le bon objet. Pire encore, la combinaison d’objet s’annule si, par malheur, vous déplacez le stick gauche pour vous rapprocher du deuxième élément à combiner, sans parler des multiples problèmes de pathfinding que l’on rencontre tout au long du jeu ; inacceptable lorsque l’on parle d’un remaster et que les soucis suscités étaient déjà présents dans le jeu original ! Certains mini-jeux et énigmes sont disséminés çà et là, mais ne vous procureront au mieux que quelques minutes de répits entre deux allers-retours pénibles et une séquence où il vous suffira d’appuyer sur « A » de manière répétée pour passer à la suivante.

Graphiquement moyen, The Raven Remastered ne joue clairement pas dans la cour des grands et nous livre des décors plutôt agréables, mais hélas trop peu nombreux, des modélisations de personnages plutôt étonnantes, voire carrément laides par moment. Inutile d’en attendre plus du côté animations tant le service minimum transpire à chaque mouvement de personnage. On pardonnera difficilement 5 ans après sa sortie quand on sait que le même studio nous à gratifié d’un « Book of the Unwritten tale 2 » plutôt réussi !

À la vue du nombre de dialogues présents dans le jeu, on pourrait s’attendre à ce que ceux-ci, en version originale, soient plutôt soignés, mais j’ai trouvé le tout plutôt mou, surjoué et manquant globalement de vie. Côté jardin, vos oreilles auront tôt fait de capituler devant des musiques trop présentes et dont les airs seront souvent en désaccord avec l’action qui se déroule à l’écran. Seule la musique du générique relève une soupe un peu fade.

Pas complètement désagréable, The Raven Remastered pourra surprendre les plus patients d’entre vous grâce à une histoire et des situations parfois intéressantes. Les personnages sont plutôt charismatiques et l’on prend tout de même du plaisir à découvrir les liens tissés entre eux. Dommage par contre que nous soyons en face d’un remaster paresseux qui ne corrige aucun des défauts relevés à la sortie du titre, et ne propose rien de plus à l’écran que quelques polygones supplémentaires.

À moins d’avoir un gros penchant pour les histoires de gendarmes et de voleurs, et sachant que l’upgrade est gratuit pour les joueurs PC, je vous propose d’attendre une baisse de prix avant de vous jeter sur le titre. Au tarif actuel, on connait déjà le nom du voleur!

+ Les plus

  • Une aventure riche en rebondissements
  • Des personnages hauts en couleur

- Les moins

  • Des déplacements énervants
  • Des musiques qui tapent sur le système
  • Trop peu d’environnements différents
5

Dans la famille Xbox depuis 2003, accroc au Gscore et Nintendophile repenti. Vous le croiserez souvent en groupe sur le Xbox Live !

3

  1. Presque dommage au vu des images je le trouvais plaisant a regarder en me faisant penser aux Chevaliers de Baphomet.

    • Les deux premiers épisodes des chevaliers de baphomet sont nettement plus sympa, intéressant et mieux écrit! honnétement même si le jeu n’est pas déplaisant à regarder. je ne peux que difficilement le conseiller.

  2. C’est noté ! J’imagine pas quand tu mettras sous la barre des 5 :D

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