Test – The Spectrum Retreat

Imaginez : vous êtes enfermé dans un hôtel, le Penrose, dont vous semblez être l’unique occupant, votre routine consistant à vous lever, répondre à l’employé robotique qui toque à la porte pour vous indiquer que le petit déjeuner est servi, descendre au restaurant en passant par la réception dont l’androïde n’a de cesse de vous répéter que la météo est capricieuse, manger vos œufs au plat, puis profiter des commodités offertes par le lieu jusqu’à l’heure du coucher, dormir d’un sommeil profond, et recommencer…

Le jour de la marmotte

… Sauf qu’un jour un grain de sable viendra perturber le cycle sous la forme d’une sonnerie de téléphone ! Au bout du fil une jeune femme vous priant, sur le ton de l’urgence, de poursuivre votre programme journalier — réception, restaurant, repas — puis de vous diriger vers l’ascenseur qui devrait vous mener au toit de l’immeuble, seule échappatoire possible à ce quotidien sans cesse répété. Hélas, la machine ne peut vous emmener qu’au premier niveau, vous vous retrouvez bien vite devant une porte close munie d’un pavé numérique alors que votre correspondante vous presse d’en trouver le code.

Derrière un pitch aussi intrigant que déroutant se cache un jeu de réflexion dont la nature des Puzzles se révèle très proche de Portal dans ses mécaniques de résolution d’énigmes. Articulé autour de deux phases de jeu distinctes, The Spectrum Retreat vous propose donc une partie exploration et recherches de codes de déverrouillage au sein de l’hôtel, mais également une section de résolution d’énigmes réparties sur les 5 étages du bâtiment.

Le but du jeu, vous l’aurez compris dès le début de ce test, sera donc de vous échapper de cet endroit et accessoirement de faire la lumière sur ce que vous fichez là ! La narration est assurée par les dialogues hâtifs de votre mystérieuse correspondante, mais également par quelques journaux numériques placés à divers emplacement qui vous donneront des indications sur la nature de l’établissement. Je ne vous en dirai pas plus quant aux tenants et aboutissants du scénario afin de ne pas vous gâcher la surprise, mais sachez que l’intérêt de l’histoire est plutôt stimulant si l’on exclut un dénouement qui m’a un clairement laissé dubitatif.

La vérité est ailleurs

L’intérêt du titre viendra donc plutôt dans les puzzles qui vous seront proposés à chaque étage par série de huit si l’on exclut le premier et le dernier. Ceux-ci sont agencés autour de la manipulation de blocs de couleurs. Votre téléphone peut en effet s’accaparer la teinte d’une forme et la transférer vers un cube neutre à portée de vue. En fonction de la couleur récupérée, vous pourrez désactiver les portiques adéquats si ceux-ci sont dans la même teinte. S’ensuivent alors des échanges et des stockages de couleurs afin de pouvoir atteindre la porte qui signifie la fin de l’énigme.

Les premiers puzzles ne vous proposeront au mieux qu’une couleur à laquelle viendront bientôt s’ajouter une deuxième puis une troisième, augmentant ainsi la difficulté de manière exponentielle. Plus tard encore d’autres éléments feront leur apparition tels que des ponts, des cubes mobiles, la possibilité de se téléporter sur des portails, mais également des plaques qui changeront l’orientation du décor et qui vous permettront de marcher sur les murs !

J’aimerais bien que tu changes de ton !

Bien pensées sans être inabordables dans leurs résolutions, les énigmes ne vous demanderont rarement plus que quelques essais pour en venir à bout. La construction des niveaux est ingénieuse et seule la dernière étape du jeu aura fini par m’agacer du fait de sa durée et de la possibilité de faire des erreurs qui en préviendront la résolution, vous obligeant donc à recommencer l’énigme en question.

La partie exploration souffre en revanche de problèmes de lisibilité et d’orientation, outre les allers-retours souvent interminables entre la réception et l’étage en cours, on pourrait penser que Dan Smith n’a jamais mis les pieds dans un hôtel tant il est compliqué de se repérer dans un lieu soit disant fait pour répondre à tous nos désirs. On passera aussi sur le fait que le jeu revendique une esthétique art déco qui tient plus du prétexte que du résultat, l’hôtel est désespérément à des lieues de Bioshock dans ses inspirations artistiques, et on se retrouve dans un endroit complètement aseptisé et bien loin de l’énoncé de départ.

C’est un Kundelitsch

Le bilan technique de The Spectrum Retreat n’est malheureusement pas glorieux, Tearing, Stuttering, Micro freeze, lors du stream du niveau, dialogues qui se chevauchent avec pour résultat des sous-titres qui s’emmêlent les pinceaux, certains journaux numériques non traduits. La liste est bien trop longue pour qu’on y soit indifférent. Heureusement, les problèmes énoncés ne se présentent que lors de phases d’exploration et n’entachent en rien la partie résolution d’énigmes.

On appréciera également la musique durant un moment, la bande-son se limite à quelques notes de pianos et une base atmosphériques, mais elle est suffisamment enveloppante pour habiller parfaitement le titre. Par contre on aime beaucoup moins la fâcheuse habitude qu’a notre interlocutrice à nous donner des indications toutes les quinze secondes, impossible de se promener un tant soit peu dans l’hôtel sans qu’elle ne l’ouvre pour nous dire de nous dépêcher ou de se souvenir d’un détail.. Gavant à la longue.

Ouverture facile

The Spectrum Retreat est finalement disponible 2 ans après que son prototype a été primé au BAFTA YGD Awards, alors que son jeune créateur, Dan Smith soufflait à peine ses 18 bougies. Plaisant dans l’ensemble même si mal fini, on a presque pris du plaisir tout au long des 4 à 5 heures qui nous ont emmenés sur le toit de l’immeuble. Il est néanmoins dommage que le titre ne dispose pas d’une sélection des niveaux déjà joués, ou de modes supplémentaires tel qu’un time-attack qui lui aurait permis de rester logé un peu plus longtemps sur le disque dur une fois terminé. Quoi qu’il en soit, les aficionados des jeux de ce type peuvent sans hésité bourse délier, tant le prix demandé est en adéquation avec ce que The Spectrum Retreat a à leur offrir.

+ Les plus

  • Des énigmes intéressantes
  • La musique agréable bien que lassante
  • Un minimum de challenge

- Les moins

  • De l'art trop dépouillé et pas assez déco
  • La technique aux fraises
  • Les dialogues qui se chevauchent
6

Dans la famille Xbox depuis 2003, accroc au Gscore et Nintendophile repenti. Vous le croiserez souvent en groupe sur le Xbox Live !

3

  1. Avec quelques majs, ce genre de jeux peut me plaire, c’est raffraichissant entre deux gros titres.
    Petites fautes dans les moins : auX fraiseS ;)
    Sinon tout de bon.

    • la partie énigme est vraiment réussie en tout cas! c’est un très bon puzzle game, mais quelques problèmes de finitions et de pathfinding. merci pour la faute ! ;)

  2. Belle découverte, merci

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