Test – ZAMB! Redux, un jeu d’action à parcourir à deux et non en solo

Zamb ! Redux est développé et édité par le studio Nano Game. Il s’agit d’un portage sur consoles de salon de Zamb ! Biomutant Extermination sorti initialement sur PC en 2014, lui-même portage d’un jeu sorti en 2002. Les développeurs nous invitent à suivre les aventures d’un duo d’acolytes dans un jeu mêlant twin stick shooter et tower defense. A force de portage, attention à ne pas se noyer dans le potage.

Qui, quoi, quand, comment ?

Zamb ! Redux narre les aventures d’un duo : Cye et Chrome. Le premier est plutôt du genre à tailler dans le vif avec son arme de mêlée tout en usant de ses pouvoirs (poings électriques, boule de feu, sort de soin, etc.). Le deuxième préfère rester à distance avec sa mitrailleuse tout en plaçant diverses tourelles pour contrer les avancées ennemies. Loin de Banjoe et Kazooie, le duo n’est pas charismatique pour un sou mais passons, ce n’est pas le cœur du problème.

Aucune forme de narration n’est disponible. On accède d’entrée de jeu au premier niveau des trois environnements qui composent Zamb, sans forme d’indication sur le pourquoi du comment. Il faut farfouiller le site Internet pour savoir qu’un scientifique fou a créé des biomutants dans un laboratoire glauque mais coloré et qu’il faut les exterminer. Oui cela tient sur un timbre poste. Mais à la limite ce n’est pas non plus le problème car ça me paraît volontaire de la part des développeurs que de proposer un titre accessible d’entrée de jeu.

Pirate ma tourelle, je te ferais pop des ennemis.

27 niveaux répartis en 3 environnements, voilà le programme de ZAMB Redux. Chaque niveau prend la même forme. A savoir un certain nombre de tourelles qu’il faudra pirater pour subir des vagues d’ennemis en protégeant cette dernière. Un aspect Tower Defense sympathique mais limité par le nombre de tourelles disponibles (7) et surtout les vagues sont faciles à anticiper car le cheminement des ennemis est symbolisé dans l’environnement de jeu. Trop facile ? Oui mais non. Chaque environnement se conclut par un niveau final avec un gigantesque boss à combattre dont le level-design est vraiment curieux puisqu’il propose d’un coup une difficulté extrême. D’accord il s’agit d’un combat de boss mais quand on se balade durant les 8 premiers niveaux puis qu’on en vient à refaire x fois ce fameux final stage, la cohérence de l’ensemble peut être remise en question.

Nos deux héros gagnent de l’expérience à mesure que les ennemis tombent comme des mouches. Très bien. Cette expérience peut être dépensée dans un arbre d’améliorations. Pour Cye il s’agit de booster la puissance et la zone d’effet de ses pouvoirs alors que pour Chrome nous pouvons augmenter la portée, les dégâts et la résistance de ses tourelles. Très bien. Pour utiliser ses différents pouvoirs / tourelles (dont le nombre par perso est limité à 3), il faut collecter de l’énergie en détruisant des bidons ou en tuant des ennemis. Très bien. Du classique, du classique, du classique.

Alors oui ZAMB ! Redux reste sympathique à jouer mais il y a clairement un manque d’ambition de la part de Nano Games. Pour un jeu déjà sorti, d’autres niveaux auraient pu être intégrés ou une amélioration visuelle plus travaillée. La seule vraie bonne idée vient de la possibilité d’effectuer des combos en déclenchant différentes attaques élémentaires. Le bestiaire fonctionne sur le même principe qu’un Pokémon : feu, poison, électricité, etc. Et malgré les 17 ennemis différents, ces derniers ne sont pas très variés car il faut aller dans les derniers niveaux pour réellement affronter une pluralité d’ennemis aux types élémentaires diversifiés.

De la coopération sinon rien.

Il est possible de jouer à ZAMB ! Redux en solo aux côtés d’une IA en switchant à volonté entre les deux héros. Mais votre compagnon virtuel fait plus figure de pot de fleur que d’un véritable soutien. L’IA se contente de vous suivre et ne prend aucune initiative : elle ne placera pas de tourelle si elle contrôle Chrome et n’utilisera aucun pouvoir si c’est sur Cye qu’elle a la main. Autant dire que quand vous jouez en solo, vous jouez seul. L’IA n’est d’aucun secours et les niveaux de boss sont juste impossibles.

Heureusement vous pouvez à tout moment zapper cette IA pour laisser un pote prendre sa place. Généralement plus intelligent que la bête machine qui nous servait de compagnon, le jeu en devient plus simple. Les boss sont alors un peu plus facilement prenables et on évite de répéter ce f$*#\¤ stage plusieurs fois. Par contre, n’espérez par pour autant passer un moment de franche rigolade. Le jeu est toujours autant monotone et ne parvient jamais à se renouveler. C’est répétitif et même un peu lassant.

Tu es mignon mais un tout petit breton

S’il ne vous éclatera pas plus que ça pad en main, Zamb ! Redux ne vous éclatera pas non plus la rétine. Le jeu jeu est propre, presque joli par moment mais souffre d’un cruel manque de personnalité. C’est sans inspiration et, pire, on a l’impression d’avoir déjà vu ça dans d’autres univers. Et le constat est le même quel que soit l’environnement. Avec seulement 3 ambiances différentes, le jeu peine à se renouveler et à proposer du neuf, de la variété.

Les effets spéciaux sont dans la même veine : ni ratés ni réussis. Reste simplement quelques indications et messages importants pas trop mal stylisés dans des bulles de bande dessinée américaine. Les rares séquences cinématiques bénéficient du même traitement et affichent un rendu BD loin d’être des plus convaincants.


Conclusion

Porter sur Xbox One un portage PC d’un jeu daté de 2002 et dont le succès n’était déjà pas des plus flagrants c’était partir d’une mauvaise idée. Après ce test, c’est confirmé, Zamb ! Redux n’est pas une réussite. Très répétitif, très inégal, le jeu est surtout très daté. Que ce soit en solo ou en multi, le plaisir de jeu n’est malheureusement pas présent et les bonnes idées sont rares. Un titre que l’on réservera aux acharnés du genre ou à ceux qui souhaitent jouer avec un pote. Pour les autres, économisez vos deniers et investissez dans un meilleur choix.

+ Les plus

  • Les combos
  • Un concept intéressant au début...
  • Coloré

- Les moins

  • L'IA qui est inutile
  • ... mais qui s’essouffle vite !
  • Trop facile puis trop dur, il faut choisir
4

Je suis tombé dans la marmite Xbox en 2003 et depuis je n'ai plus besoin de potion magique pour m'intéresser à tous les jeux qui sortent sur ces belles machines au fil des années. Je suis accessoirement un PGM en mousse.

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