Le jeu vidéo doit-il tout se permettre ?

18-PEGI

C’est pour beaucoup une vérité : le jeu vidéo est un Art. Pas simplement parce qu’il nécessite un savoir-faire, mais parce qu’il véhicule émotions, histoires et idées. Un art à part entière, avec ses artistes et ses œuvres majeures. Mais alors, le jeu vidéo peut-il parler de tous les sujets ? Etre violent, choquant, polémique ? Après un E3 particulièrement gore (Merci notamment Last of Us part II), j’essaye de répondre à quelques questions. Après lecture, je vous invite d’ailleurs à me répondre et à ouvrir le débat.

Le jeu video peut-il tout se permettre ?

Il est aisé de répondre par l’affirmative à cette question, tant cela glorifie le média. Le jeu vidéo serait donc suffisamment mature et universel pour aborder tous les thèmes. Violence, religion, abus, polémiques : le jeu vidéo est donc en passe de devenir un format propice aux sujets politiques, à la dénonciation et autres questions de société. C’est d’ailleurs le combat et le propos de bien des commentateurs de cette industrie.

Pourtant, deux dimensions me semblent absentes dans la réflexion globale : le public et la nature même du jeu vidéo. Non, je ne vais pas relancer une polémique sur la définition du Jeu vidéo. Nous prendrons pour acquis que le JV existe dès qu’il y a interaction entre un humain et un écran. Est-il un art ? Nous supposerons qu’il est en effet le 10ème art, comme le laisse supposer l’évolution des arts à partir de la liste de Étienne Souriau. Les jeux Quantic Dream sont donc pleinement des Jeux vidéo. Au même titre que les expériences narratives ou les jeux mobile d’ailleurs.

Être l’acteur d’un viol est-il en être l’auteur ?

Le jeu vidéo, à la différence de tout autre art, permet au joueur de prendre part à l’action. Non pas de l’imaginer ou d’y assister, comme dans un roman ou devant un film, mais d’en être au centre. Par son action, le joueur influence la manière dont les événements se réalisent. Comme si le lecteur pouvait personnaliser les pages d’un roman en y intégrant des éléments de sa psyché comme dénominateur de l’action – approche violente ou furtive, rapide ou plus posée, réfléchie ou instinctive – ou du récit – liberté de réaliser la quête principale et/ou quêtes secondaires, archives, cassettes audios ou autre support donnant plus de corps à l’histoire étant généralement optionnels. Et ce n’est franchement pas un détail.

S’il est assez commun désormais de laisser le choix aux joueurs de la vie ou de la mort de personnages virtuels, il est plus délicat de marier liberté d’action et sujets délicats ou réalisme exacerbé. Viol, inceste, violence conjugale, religion, terrorisme, racisme, maladie, transsexualité, comportements déviant, etc, sont autant de sujets quasiment inexistants dans le JV. De même que l’ultra violence « réaliste » n’est pour le moment pas monnaie courante dans les grandes licences.

Quiet-MGSV

Quiet et sa tenue. Tout un scandale

Et pour cause ! Comment donner du pouvoir au joueur quand il s’agit non pas de parler mais de “jouer” un viol ? Comment donner du pouvoir sur un sujet si difficile ? Rappelons-nous à ce propos les polémiques autour de Quiet, personnage féminin de Metal Gear Solid V. À peine était-elle dévoilée qu’instincts primaires, féminisme, sexisme et incompréhension s’étaient rapidement emparés d’elle. Sans même s’intéresser au propos qu’elle pouvait éventuellement servir. Une œuvre était jugée avant même d’être consommée, comprise, preuve que le sujet est sensible, même lorsqu’il est à peine évoqué.

Regarder n’est pas jouer

Poursuivons d’ailleurs avec MGS V. Ici, vous pouvez jouer sans faire de mort ou, au contraire, décider d’employer la manière forte pour toutes les missions du jeu… sauf quand il s’agit d’enfants. Impossible en effet de tuer des enfants soldats quand bien même cela pouvait se justifier scénaristiquement.

Le jeu pouvait-il se le permettre ? Assurément. Le devait-il ? Probablement pas et il est difficile de reprocher ce choix à Kojima. Une nouvelle fois, comment “banaliser” une telle action ? Comment donner du pouvoir au joueur si c’est pour lui permettre de réaliser un des pires crimes imaginables : tuer un enfant ? Même le cinéma ou la littérature, arts bien plus anciens et rodés à ces sujets, usent bien souvent de suggestions pour traiter ces instants dramatiques.

QuanticDream-SDF

Quelques séquences fortes mais incapables de faire réfléchir le joueur sur notre monde

Le travail de David Cage et ses équipes est ici également intéressant. Leurs jeux mettent en avant une narration forte en limitant les possibilités du joueur. Résultat : pas de dérapage possible. Toutes les possibilités sont cadrées sans moyen de détourner l’intention des développeurs. Des sujets forts (la perte d’un enfant, l’adolescence, le rejet, la pauvreté) mais pas tabous ou polémiques. Et surtout pas, ou peu, joués. De l’émotion plus qu’une réflexion. Du moins pour l’immense majorité des consommateurs. Et cela fait le pont avec l’autre dimension qu’il est indispensable de jauger : le public.

Les joueurs, ces ados de l’Entertainment.

Si le jeu vidéo est très jeune en comparaison aux autres arts, c’est encore plus vrai concernant les joueurs. La consommation populaire du média a commencé à peu près en même temps que la ps2. C’est en effet Sony qui a réussi, avec un marketing et un discours extrêmement efficaces, à faire passer le JV dans le salon de beaucoup de famille et à faire exploser la moyenne d’âge des acheteurs. Il y a donc moins de 20 ans. 20 ans seulement que le grand public découvre, collectivement, ce média qui n’a de cesse d’évoluer. C’est terriblement peu.

Combien d’années de débats a-t-il fallu pour que l’opinion collective change sur l’homosexualité ? Sur le réchauffement climatique ? Combien de combats dont certains perdus à des prix extrêmement élevés ? Combien de manifestations et de recherches scientifiques pour faire admettre que le réchauffement climatique est un sujet essentiel ? Bien plus que 20 courtes années.

20 ans c’est à peine le temps de structurer les couches de consommateurs (hardcore, core, casuals, etc) et de comprendre à peu près leurs attentes, leurs habitudes. 20 ans c’est le temps qu’il aura fallu à Bungie pour créer 8 jeux “seulement”. Là où des joueurs avertis, ayant une curiosité manifeste à l’adresse des JV, désireux d’apprendre et de se nourrir de ce média y voient un art, l’immense majorité n’est autre qu’un public “jeune” (de par son expérience) qui consomme le média pour sa raison première : s’amuser, se distraire, faire dans le jeu ce qu’il n’est pas possible de faire ailleurs. Une espèce d’immaturité à percevoir le JV pour autre chose que le jeu. Des ados en somme.

Une évolution délicate

D’un côté des sujets complexes, polémiques, sociétaux, que des états vieux de plusieurs centaines d’années ont peine à faire évoluer. De l’autre, une population en pleine adolescence (au regard de sa maturité) qui joue essentiellement par plaisir. Pensez-vous vraiment que traiter tous les sujets sans exception soit judicieux ? Ne risque-t-on pas de laisser le public sur le côté ? Ou de le voir cannibaliser l’idée première pour finalement n’en garder qu’un jus fade, voire dégoûtant pour certains ? Repenser à Quiet : la majorité des joueurs ont-ils vu l’opportunité d’assouvir quelques fantasmes peu avouables ou ont-ils perçu la noirceur de l’âme humaine et l’intention de Kojima ? Personnellement je pense que beaucoup ont simplement vu une bimbo aguichante qu’ils aimeraient rencontrer « IRL ». Bien évidemment ce n’est probablement pas votre cas, à vous, lecteur de ce papier, mais représentez-vous vraisemblablement l’immense majorité des joueurs ?

L’idée selon laquelle le JV doit tout se permettre est une utopie à laquelle j’adhère par principe. Mais dans les faits, et pour en servir au plus juste la cause, il appartient aux créateurs d’accompagner les joueurs, étape par étape. Il est nécessaire que la production d’œuvres soit réalisée en apportant les clés de leur compréhension aux joueurs. En prenant le temps de se montrer pédagogues, les développeurs réussiront à emporter une partie du public avec eux et à le rendre plus mature. Ce sera un travail long et difficile et céder à quelques facilités commerciales sera l’assurance de laisser échapper l’art et la culture du média à d’autres, qui œuvreront loin d’un public trop peu exigeant. Oui, c’est aux développeurs de réussir à accompagner une douce transition qui permettra de faire du jeu vidéo non seulement du jeu, mais aussi un art engagé.

Les limites sont faites pour être dépassées

Pour illustrer ce dernier propos, abordons le cas The Last Of Us Part II. Le trailer de la PGW 2017 avait fait polémique et ouvert de nombreux débats. Entre réalisme, violence exacerbée et absence de prévention ou de contexte, nombreux sont ceux à avoir commenté cette scène. Et la question de la présence d’une telle brutalité dans un média qui s’appelle “jeu” pose en effet question. Surtout lorsqu’elle est accessible aux plus jeunes sans aucune alerte en amont (PEGI ou avertissement). Et a fortiori dans un contexte où le média n’est déjà pas épargné par la vindicte populaire (addiction, troubles, faiseurs de meurtrier, et j’en passe).

last-of-us-part-II

La fin de cette séquence : violence ou sadisme ?

Naughty Dog a bien entendu le bruit ambiant. Malgré cela, les équipes ont choisi de maintenir la pression il y a quelques semaines lors de l’E3 avec une scène incroyablement violente qui laisse penser que le joueur sera véritablement acteur des pires actes imaginables. Le scénario du jeu justifiera probablement l’attitude de Elie. Dans un monde où l’homme devient un animal et un danger pour lui-même, il est compréhensible que des comportements brutaux dominent. Elie a probablement vécu des horreurs (viol ? meurtre de proches ? violences ?) qui l’amènent à de tels actes. Justifier cela ne sera pas difficile. Ce n’est d’ailleurs même pas vraiment la question.

Ce qui fait parler tient davantage de la mise en scène. Et il sera d’ailleurs bien plus difficile de la justifier. Intense et viscérale, jusqu’à voir les boyaux d’un homme sortir de son corps ou percevoir toute la résistance d’une nuque face à une lame mal aiguisée. Comment et pourquoi insister autant sur ce réalisme. Pour la prouesse ou pour le message ? Nous ne le savons pas encore mais l’attente est immense.

De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités

Les projecteurs sont donc maintenant braqués sur ND. S’il s’avère que le contenu global, et notamment l’intention sous-jacente, justifient ce déferlement de violence et que les joueurs de tout horizon sont capables d’en saisir le message, alors le média sera tiré vers le haut. Joueurs avertis, commentateurs ou simples passionnés applaudiront collectivement. Mais si, à contrario, il s’agit de soigner une image « cool », faussement mâture parce que violente, alors Naugthy Dogs sera passé à côté d’une opportunité unique de redéfinir le paysage vidéoludique tant l’attente et l’aura autour du jeu sont sans commune mesure.

A eux donc de faire ce qui doit être fait et non pas ce qui peut être fait. L’éducation ne saurait se faire sans bon professeur.

Après m'être plongé dans des esprits aussi torturés que brillants et vécu des expériences dont la singularité n'égale que leur étrangeté, j'ai décidé de jouer. Alors je joue :)

26

  1. Excellent article !
    Et question pertinente auquel je reponds non et trois fois non.
    Sous pretexte “que” n’est pas un argument pour que le jeux vidéo devienne pire que ce qu’il est, une surenchère de violence et d’images chocs.
    J’ai choisi une profession pendant près de 15ans qui m’ont fait côtoyer la violence des hommes, et sans être hypocrite (parce qu’il m’arrive de jouer à des fps par exemple), ça me pose problème de voir que les jeux stars année après année soit justement des fps/tps.

    • Merci à toi.
      Je pense qu’il est important en effet de trouver un équilibre entre féerie, légèreté, rires et univers “maures”. Le problème est que nous avons une surenchère depuis qq années sur ce que doit être le jeu vidéo pour plaire : mâture, sévère, assez sombre…. Finalement une image proche d’un jt de 20h. Dommage car dans mon enfance je m’évader beaucoup plus.

  2. Article bien sympa.

    Perso tout non mais non pour ce qui touche a des choses grave.
    Après la violence d’un LOU2 oui, on a des jeux pour 18+ comme pour les films, ça ne me choque pas, au contraire. Puis bon dans LOU2 l’ambiance et l’univers le justifie et je trouve logique la mise en scène.

    Après ce n’est pas de pire en pire, le secteur a vue passé du Manhunt bien avant avec une violence gratuite, très gratuite bien plus marqué et choquante. Très malsain.

    • Merci pour ton commentaire.
      J’ai hésité à cité manhunt et à préciser que ce n’était pas nouveau mais au final, ce qui me gêne et le niveau d’exposition. Manhunt n’existait que parce qu’il était provocateur. Ici nous parlons de jeux qui sont considérer comme un aboutissement du jeu vidéo depuis des années. Il y a une banalisation terrible de la violence.

  3. Le problème de cette surenchère de violence ou le fait de toucher d’autres sujets délicats c’est la cible de ce genre de propos. Moi je suis étonné d’entendre dire c’est trop violent il faut faire quelque chose et que à côté de çà des adolescents voir moins ont accès aussi facilement sans difficulté à des jeux pegi 16 ou 18.
    Je me rapelle d’une scène particulièrement choquante ( à l’epoque) d’un modern warfare 2 avec la scène de massacre de l’aéroport sur lequel mon filleul de 13 ans y jouait… ou encore aujourd’hui des gosses de 10 ans qui s’amusent sur GTA5.
    La surenchère de violence de me dérangerait pas si une vrai réglementation sur l’accès à ces jeux était faite. Ce qui n’est pas le cas et sans doute jamais que ce soit au niveau réglementation donc mais aussi des parents…

  4. J’ai beaucoup de mal à concevoir l’argument selon lequel tuer un enfant dans un jeu-vidéo reviendrait à “banaliser” une telle action. Si on suit cette logique les détracteurs des jeux-vidéos ont belle et bien raison de considérer que les jv banalisent la violence, meurtres en tête où l’immense majorité des jeux en comportent.

    Pour ma part je vois plutôt dans ces auto-censures l’influence grandissante du puritanisme-hypocrite américain dans le monde occidentale. J’en veux pour preuve qu’il manque à mon avis un point essentiel dans ton édito: les jeux-vidéos en dehors du monde occidentale. Au Japon il existe de nombreux jeux indépendant qui nous mettent dans la peau de violeur (parfois même de pédophile selon nos critères) sans que cela ne pose particulièrement de problème.

    On peut trouver ça, à juste raison, totalement amorale. Mais la bonne question à mon avis est plutôt de savoir si cela créer un mimétisme dans le monde réel ou si cela sert plutôt de catharsis pour ses spectateurs/acteurs.

    Une fois encore la comparaison entre USA et Japon est pour moi fondamentale. Les comics ont connu jusqu’à la fin des années 90 une censure (le comics code authority) très restrictif quand les mangas (y-compris les shonen destiné à un jeune public) ont toujours connu un niveau de violence physique et de perversion sexuelle élevés. Le même constat s’applique à leurs production cinématographique respectif. La société américaine est incontestablement et à tous niveaux plus violente que la Japonaise (l’une des moins violente des pays développés), quel et la cause et quel est l’effet sur les arts ?
    J’irai même jusqu’à faire le parallèle avec le hooliganisme dans le foot, sport pourtant non-violent. Phénomène absent du rugby, free-fight et arts martiaux. La boxe fait peut-être figure d’exception avec quelque fois des débordements en tribune.

    Bref, au final je dirais que c’est avant tout une question d’ordre culturel et que les jeux-vidéos arrivent malheureusement dans leurs période de maturité technique et public en plein durant une période de nouvelle ordre morale. J’en veux pour preuve la télévision où il ne se passent plus un talk-show qui n’a pas le droit à ses polémiques pour des propos ou comportements qui il y a moins de 10 ans seraient passés totalement inaperçu. Ce sont pourtant les mêmes personnes à la télévision et je ne pense pas que le public ait fondamentalement changé, l’influence des ONGs elles par contre ont explosées…

    • Mon propos est de dire que le public surtout n’est pas mâture. Dans l’absolu le jeu vidéo peut tout se permettre, les études montrent même qu’il y a des corrolaires entre la pratique du JV et la baisse de la violence “réelle”. Le parallèle avec le Japon est juste. Dans une société sûre d’elle, sûre de ses valeurs, il ne pose pas de problème de voir du sang et des morts même relativement jeune. Cela étant, les problèmes de relations hommes/femmes sont eux tout à fait existant et la fantasmagorie collective appuyée notamment par l’art japonais y contribue grandement selon de nombreuses études sérieuses. Il y a donc des exemples et des contre exemples.
      Mais surtout, le jeu vidéo est très différent des autres “arts” ou pratique car il fausse le réel et tend à concrétiser l’irréel.
      A l’occasion, j’aimerais beaucoup échanger avec toi lors d’un podcast dédié par exemple. Serais-tu, sur ce sujet ou un autre partant pour l’exercice ?

    • Dans l’absolue pourquoi pas. Mais je ne sais pas si ce sera bien probant à l’orale, l’avantage de l’écrit c’est qu’on a le temps de réfléchir à ce qu’on va dire :) . Après je ne sais pas si vous partagez le sujet et les questions en amont ou non.

    • bonne idée que celle de Fab! je pense qu’un podcast “lecteur – xboxsquad” puisse être un truc sympa.. @ crsbayard: je pense que si on se lance dans un truc comme ça c’est obligé de préparer un minimum les questions ou les sujets tant les désaccords peuvent être parfois “marqués”. a voir pour la forme, mais je ne suis pas contre cette idée… et voir si on ne pourrais pas avoir deux représentant de la team, dont un modérateur, un fab pour l’animation et le questionnement sur le débat, et deux intervenants externes par exemple.. en tout cas je le sens bien ce truc là.. on tente de mettre en place? merci de contacter Fab en privé si tu es interessé et avec tes dispo et ensuite on verra pour la logistique

  5. Je plussoie @CRS Bayard avec le Japon. On a un problème de société, le jv lui arrive juste a maturité dans une société qui prône de plus en plus de valeur et de censure alors que dans la vie, la vrai, plus grand chose n’est respecté…

  6. Dans les années 30 écouter du jazz était pour beaucoup la preuve d’un esprit sexuellement dépravé.
    Dans les années cinquante on disait de certains romans ou de chansons qu’elle pervertissaient la jeunesse en’les Incitant à se rebelle contre toute autorité. Gare aux enfants surpris en pleine action subversive.
    La pop et le rock dans les années 70, la disco, le rap dans les années 80, chaque époque a eu son vecteur désigné comme dangereux pour la jeunesse, dispenser de comportements sexuels déviants, d’addictions perverses et autres troubles sociopathiques.
    Et je passe sur les effets supposés catastrophiques de certaines oeuvres cinématographiques ou littéraires sur les cerveaux faibles à toutes les époques.

    Aujourd’hui un parent qui surprendrait son enfant à lire L’Arrache Cœur de Boris Vian ou écouter Ella Fitzgerald serait stupéfait de le voir ailleurs que sur Facebook à écouter et regarder de la merde en boucle. Il en tirerait même probablement beaucoup de fierté.
    Nos peur ne sont pas relatives au spécificités du vecteur culturel mais à l’epoque Où l’on se situe.
    Aujourd’hui la peur s’est déportée ailleurs, vers le jeu vidéo, les réseaux sociaux et toute les activités non surveillées sur le net.

    Et à chaque époque son bouc émissaire.
    La seule constante dans tout ceci depuis des décennies est le degré d’implication des parents dans l’education de leurs enfants, la barre de tolérance en fonction de l’âge face aux œuvres, leur accompagnement et leur pédagogie dans la découverte de celles ci.

    Oui les parents restent le principal paramètre sur lequel on puisse agir pour que chaque œuvre soit apportée avec pertinence et pédagogie.

    Le fait que le média jeu vidéo implique le joueur par les choix qu’il opère n’influe pas plus aujourd’hui sur le comportement d’un ado que l’écoute de Pink Floyd dans les années soixante dix au même âge.
    Ou alors tout dépend de l’ado et des autres lacunes qui ont désertés sa vie familiale.

    Bref stoppons le procès en sorcellerie contre le JV qui n’est pas plus dangereux que tout autre média l’ayant précédé dans l’HistoIre tant qu’il y aura une réelle éducation parentale derrière.

    En revanche, et parlons des œuvres maintenant, il en va de la responsabilité exclusive des éditeurs d’avertir avec suffisamment d’intelligence du contenu de chaque jeu afin que les parents puissent savoir à quoi ils ont à faire.

    Il n’est pas question d’interdire quoique ce soit du point de vue de la création vidéoludique et un jour nous serons amenés tel le héros de Vampyr à effectuer des choix contraires à nos convictions.
    Mais tout n’est pas montrable à un mineur.
    Il ne viendrait pas à un adulte de proposer un film à un mineur sans avoir pris la précaution de vérifier s’il a l’age requis pour le regarder.

    Voilà pourquoi j’en ai beaucoup voulu à ND pour sa vidéo macabre sans avertissement préalable à une heure de grande écoute.
    D’autant que cette séquence, par ses détails horribles, m’a brutalement rappelé des vidéos de décapitation, bien réelles celles-ci. Parallèle troublant, venu je l’espère Inconsciemment au créateur auquel cas il y aurait bien là un acte pervers, et la perversion n’est pas de l’art.
    Mais je m’égare.
    Je ne critique pas le fond mais la forme, insoutenable pour moi, alors je n’ose même imaginer un gosse laissé seul devant ça.

    Donc oui la création est libre, non elle n’est pas montrable aux mineurs sans que leurs parents ne soient pas parfaitement renseignés.
    Si on rajoute le fait que trop d’rntre eux considèrent encore le JV comme une activité puérile et donc inoffensive, il faut éduquer encore et encore jusqu’à ce que ce média soit accepté pour ce qu’il est, un art mature.

    • Il y a juste une toute petite petite différence entre les années 30 et aujourd’hui, tant dans la morale que les mœurs en passant par l’éducation, le savoir vivre et j’en passe.
      Le monde est violent et l’est chaque jour davantage, je ne sais que trop de quoi je parle……
      Alors oui, les jeux vidéos ne devraient pas être le bouc émissaire, on est tous d’accord la dessus, mais toujours plus de violence dans les jeux vidéo + ciné / séries + etc….contribue pas à un cocktail de bienvenue.

      @CRS Bayard crois moi que le japon (comme la Corée du sud) à bon nombre de tarés derrière les barreaux. Les viols et agressions y sont bien présent et comme il faut. La différence culturel fait qu’on en parle pas, parce que la honte etc….
      Et la société japonaise est pas mieux que les autres, elle aussi à pas évoluer en bisounours.
      La Chine c’est du pareil au même, si tu les écoutes tout est parfait chez eux, y a que chez les occidentaux qu’il y a des problèmes, et puis quand tu grattes un peu la surface ……

    • @alexpoly74 : La violence n’est pas plus importante aujourd’hui en valeur absolue qu’autrefois.
      C’est sa forme qui a changé et surtout l’age de plus en plus jeune des auteurs.

      Par ailleurs, je suis d’accord avec toi lorsque tu expliques qu’acune société n’a à ce sujet de leçon à donner aux autres.
      Et ce constat est valable pour la plupart des formes de violences individuelles mais aussi collectives comme les différentes formes de racisme, la violence faite aux femmes, ou plus loin dans le passé, l’esclavage pour citer des thèmes récurrents.

    • @alexpoly74: Je ne prétends pas que l’extrême-orient est parfaite et n’a pas son lot de tarés et de psychopathes mais il me parait difficile de nié que la proportion de violence et d’incivilité est foncièrement différente.
      Si comme tu le prétends les agressions sont présentes mais ils n’en parlent pas par culture. Il ne peut pas en être pareil pour les meurtres et par exemple les voitures incendiés. Respectivement parque la police et les assurances ne peuvent pas cachés ces faits.
      Les homicides sont en moyenne au moins 10 fois plus élevé aux USA qu’au Japon. Idem pour les phénomènes de “violences urbaines”, en France il y a en moyenne 100 bagnoles cramées par jour au Japon, Singapour, Corée du Sud, etc. Ces phénomènes n’existe tout simplement pas, pas plus que les affrontements avec la police ou les dégradations des biens publics (transports en commun en tête).

      Tu peux voir un autre exemple de cette aspect “culturel” de la violence en regarder simplement les stats sur les meurtres en France (taux pour 100.000 habitants):
      -France métropolitaine: 1
      -Guadeloupe: 7,0
      -Guyane: 13,3
      -Martinique: 4,2
      -Polynésie française: 0,4

      On peut constater que la Guyane est très violente, comme l’ensemble de l’Amérique du sud. Et la Polynésie bien plus pacifiste. Pourtant toute ces régions de France on a peu près les mêmes normes, lois, accès aux mêmes films, jeux, allocation, etc. La Guyane comme la Polynésie ont un fort taux de chômage, sont plus armés que la métropole et pourtant leurs criminalités sont incomparables.

      Bref je ne prétends pas que le Japon ou la Chine sont “parfaits” ou des “Bisounours” mais globalement je constate que ces sociétés qui ont conservés leurs traditions, morales, mœurs et une discipline dans l’éducation des enfants connaissent moins de problème de civisme, de toxicomanie et de violence comme moyen d’expression.
      D’ailleurs il est intéressant de remarquer que la criminalité en occident à augmenter à partir de la fin des années 60 (merci les soixante-huitard de nous avoir libérer du poids des traditions…):
      https://fr.actualitix.com/blog/taux-de-criminalite-en-france-depuis-1949-a-2012.html
      Ces stats concernent la France mais sont sensiblement identique pour les USA et le reste de l’Europe Occidentale.

    • J’oubliais l’exemple de Singapour: seule ville cosmopolite au monde où les gens n’attachent pas leurs vélos dans la rue! Chez nous même une voiture garée dans une rue fréquentée peu subir des dégradations si une poignée d’alter-mondialiste passant par là la juge trop luxueuse…

  7. Désolé, mais j’ai pas trop compris ou vous vouliez en venir… et je ne vois pas trop ce qui est propre aux jeux vidéo (hormis peut être la question “être acteur…” et encore, car pour le cinéma c’est bien les acteurs qui sont au centre de l’action – je viens de faire enfonçage magistrale de porte ouverte, dsl ^^ )

    • Exactement, faire être devant des scènes de LOUS2 c’est vouloir voir l’image au-delà de ce quelle est. On est sur un jeu vidéo, quand un adulte va être dans le jugement le gamin lui va en rire. Même si dans l’absolue le gamin n’a pas a jouer a ce jeu. Faire un lien avec la décapitation c’est aller super loin là. Je me répète peut-être mais tu as de nombreux jeux avec des décapitations fait de façon banale et ça ne choque personne. Non je ne suis définitivement pas d’accord avec ça, qu’on fasse un procès global sur les média “films, information, parole de musique, jeux” sinon le jv n’a pas a avoir un traitement plus sévère. Perso je ne le souhaite pas, on a déjà suffisamment de loi mal fichu a cause du petit nombre.

  8. Je n’ai pas souvenir de la moindre scène de décapitation aussi réaliste dans les détails dans un jeu vidéo.
    Et c’est précisément cette forme particulière de mise à mort qui me rappelle ces vidéos d’horreur.
    C’est factuel.

    Derrière ma remarque il y a l’idee d’une banalisation de l’ultra violence dans de plus en plus de jeux vidéos dont on n’a aucune idée des répercussions à moyen et long terme sur un mineur laissé seul face à ces images.

    Si je ne pense pas que le jeu vidéo génère plus dire violence, je suis malgré tout conscient de l’impact des images sur un enfant ou un jeune adolescent qui n’aurait pas le bagage éducatif suffisant pour les comprendre les contextualiser et les relativiser.
    Pourquoi ne pas admettre que ces images sont aussi néfastes pour un enfant ou un jeune adolescent en pleine construction que la pornographie ?

    Encore une fois on a le droit de tout créer mis pas celui de le montrer à tout le monde, les mineurs ne sont pas des adultes.

    • Y a bien les finish de mortal combat ou dans un genre différent l’ecrassage de crâne de Trevor dans GTA ou la scène de torture qui m’a vraiment mis mal à l’aise.

  9. yop.. je ne fait que passer.. je vois que le débat en plus d’être intéressant soulève pas mal de question, si vous désirez que j’ouvre un fil sur le forum pour y participer c’est avec plaisir que je m’exécuterais.
    Par contre je sais que c’est également un sujet assez chaud de part les convictions / croyances / valeurs de chacun, donc, dans le cas ou les échanges passionnés devait enflammer un peu trop les esprits, merci de penser à arrondir vos angles ;) la réponse parfaite n’existe bien évidemment pas…

    • C’est une bonne idée et ça me permettra peut-être de mieux comprendre la problématique soulevée.

  10. Un espace à été créé sur le forum afin de vous permettre de prendre le temps de structurer vos propos si toutefois le coeur vous en dit de continuer le débat
    http://xboxsquad.fr/forum/topic/le-jeu-video-doit-il-tout-se-permettre/

    • J’ignorais que les propos échangés ici n’etaient pas assez structurés.
      Il semble que la visibilité de ces échanges pose un problème à XBox Squad, d’autant plus surprenant que nous avons été invités à venir débattre.
      Note que ton intervention pour rendre ces échanges moins visibles (par principe de précaution ?) est totalement symptomatique d’une industrie qui se veut à la fois mature tout en étant peu à l’aise avec les sujets sociétaux qu’elle traite sans jamais vraiment l’assumer.
      Je trouve que ton intervention, probablement justifiée n’en demeure pas moins un acte de censure.

      Mais XBox Squad a décidé que le débat n’est pas à ici, dont acte.

    • NB : tu auras noté que ton intervention m’a bien énervé, au point que deux secondes je me suis cru revenu sur un certain forum que j’ai quitté il y a bientôt trois ans précisément pour sa censure opérée par des cons.

      Cette volée de bois vert aurait pu être évitée en orientant directement les commentaires vers l’autre forum.
      Il ne peut pas y avoir deux fils pour un même sujet sur un site, c’est absurde tu ne penses pas ?

    • faudrait peut-être éviter ton mode de pensée conspirationniste et réfléchir a tes propos étant donnée que “la censure” que tu reproche est possible autant ici que sur le forum. a la différence que le forum permet l’inclusion de media, de references et facilite la lecture. quand à ta critique sur le fait que les commentaires aurait pu être directement orienté vers le forum, elle est tout a fait valable et nous somme déjà en train de réfléchir à une intégration du forum sur la partie commentaire, pour, justement avoir droit a tout les outils d’editions, de modération et d’amélioration des dits post, de manière a le rendre plus visible justement.

  11. Je te rassure, je circoncrivais ma réflexion à propos de « censure » à tes seules interventions, du comité de rédaction au forum.
    Et lorsqu’on est seul, il ne peut y avoir conspiration n’est ce pas ?

    Et tant que nous en sommes au chapitre des compliments, je te saurais gré de bien vouloir laisser au vestiaire lorsque tu t’adresse à moi cette réthorique en vogue sur un autre forum.

    Dont acte néanmoins sur la prise de conscience qu’une redirection automatique vers un forum autorisant un minimum d’édition de nos comm est à l’étude.

Vos réactions

Mot de passe oublié