Test – Demon Slayer – The Hinokami Chronicles, service minimum

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Après un Dragon Ball : Kakarot oubliable, Cyberconnect2 reprend du service en s’attaquant à un autre monstre de l’animation japonaise : Demon Slayer. Un animé populaire, un studio spécialisé dans l’adaptation d’animés. Sur le papier, la recette paraît alléchante. Mais qu’en est-il manette en main? C’est ce que je vous propose de découvrir, dans le test de Demon Slayer – The Hinokami Chronicles.

Test réalisé par Julianit0

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Watashi wa Demon no Slayer

On ne présente plus Kimetsu No Yaiba, un des mangas les plus reconnus de ces dernières années, dont la deuxième saison arrive tout juste dans nos contrées. Ou plutôt si. Allons-y pour une rapide mise en contexte pour celles et ceux ayant vécu dans une grotte ces dernières années ou allergiques aux shônen (spoiler : vous pouvez fermer la page et économiser quelques minutes de votre précieux temps).On incarne le jeune Tanjirô, qui a vu sa famille décimée par de maléfiques démons. Étrangement, seule sa sœur Nezuko a survécu au massacre. Avec tout de même une séquelle de taille : à moitié transformée en démon, elle semble vouloir mordre tout ce qui passe devant elle pour en dévorer la chair. La quête de notre jeune ami consistera donc à parcourir le Japon de l’ère Taisho (de 1912 à 1926) pour devenir un pourfendeur de démons aguerri et trouver le moyen de guérir sa petite sœur.

Le jeu couvre toute la première saison de l’animé, jusqu’au film “le train de l’infini”. Autant dire une petite partie de l’histoire, pour ceux qui connaissent le manga. Malheureusement, cela se ressent manette en main, à commencer par le roster de personnages limité. Douze protagonistes sont jouables, parmi lesquels un clone de Tanjirô. N’espérez pas pouvoir incarner un démon, la galerie se limitant aux slayers. Un choix discutable, car cela aurait permis d’apporter un peu de variété dans un gameplay pour le moins fade (nous y reviendrons). Autre petite déception, la durée de vie du mode solo. Avec un peu de doigté, celui-ci sera expédié en une grosse après-midi pour les plus endurants. Sans doute que le timing serré dont disposait Cyberconnect2 n’y est pas étranger, le soft devant sortir avant la deuxième saison animée pour des raisons commerciales évidentes.

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Des transitions lennnnnnntes

Si le mode campagne se révèle court, il sait offrir satisfaction aux fans de l’animé. La mise en scène est réussie, et on retrouve la plupart des séquences emblématiques de la série. Alors oui, il reste toujours ces quelques phases de dialogues plats en champ/contre champ avec des personnages assez inexpressifs, mais les cinématiques très dynamiques viennent contrebalancer. Le problème se situe plutôt du côté de la structure même du jeu. Si les premières minutes paraissent assez emballantes, on se rend très vite compte des limites en termes de game design. L’histoire principale est divisée en chapitres, eux-mêmes constitués de plusieurs scénettes à regarder avant d’arriver une petite séquence jouable. Une boucle qui s’avère vite redondante, d’autant que ces phases de gameplay ne viennent pas relever le niveau.

En effet, avant le gros combat de chaque chapitre, le jeu a la bonne idée de nous faire parcourir l’environnement lié. On passe donc des montagnes enneigées de l’épreuve des slayers au petit village de l’est en passant par Asakusa. De quoi faire pousser quelques “ah” de satisfaction aux amateurs. Là où le bât blesse par contre, c’est que ces phases se révèlent pour le moins inintéressantes et ne servent qu’à allonger la durée de vie. Qui a vraiment envie en 2021 d’aller taper la causette avec les 5 habitants du coin pour trouver l’emplacement des vilains démons à qui l’on doit casser la figure? Encore moins quand notre Tanjirô national ressemble plus à un 38 tonnes cloué au sol qu’à un tueur de démons. Pas de touche de saut, pas de touche d’accélération, aucune interaction possible. On se contente de ramasser des points Kimestsu, (qui débloquent des objets cosmétiques et diaporamas enrichissant le scénario), d’interpeller des passants ou de relever des compagnons blessés au combat. Deux-trois combats expédiés en un éclair contre des sbires démoniaques, et basta. En comparaison, Shenmue ferait figure de Bayonetta tant ces phases sont d’une mollesse absolue.

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Easy to learn, not hard to master

Fort heureusement, le combat tant attendu finit par arriver, et la mise en scène qui l’accompagne. L’occasion de donner quelques frissons aux fans avant d’aller en découdre avec le vilain démon du coin. Une fois face à lui, on a à faire à un gameplay dans la lignée des précédentes productions de Cyberconnect2 en matière de baston. Les maîtres mots du studio sont donc restés “fun” et “accessibilité”. Les combos se réalisent à base de deux touches, X pour l’attaque normale et Y pour la technique spéciale. Il faut toutefois veiller à ne pas épuiser trop vite sa jauge de puissance, qui se vide à chaque coup et se recharge lorsque l’on arrête de comboter. Les affrontements se font par équipe de deux et on peut non seulement demander un “assist” défensif ou offensif mais aussi switcher à tout moment pour prendre le contrôle du second personnage. La classique jauge d’ulti appelée ici “éveil” est de la partie, et il suffit de donner des coups ou d’en recevoir pour la remplir et déclencher des techniques spéciales d’une simple pression de gâchette.

Le problème, c’est qu’en misant à ce point sur l’accessibilité et la simplicité, le plaisir tend à disparaître assez vite. Dès lors, les combos prennent vite tous la même forme à base de l’enchaînement d’attaque normales, avant d’enchaîner sur la technique spéciale et l’assist.

Quelques petites features viennent ajouter un peu de variété et de dynamisme, comme le dash qui permet de fondre sur l’adversaire et une esquive ainsi qu’une garde d’une pression sur la touche RB. Pour ne rien arranger, les différences entre personnages se limitent à un skin, tous les duellistes se jouant exactement de la même manière.

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Une plastique irréprochable, ou presque

Si le manque de profondeur du gameplay est adouci par la mise en scène et le plaisir de faire progresser l’histoire dans le mode solo, les lacunes deviennent criantes dès lors qu’on se lance dans le mode VS en ligne ou hors ligne. Au bout de quelques combats seulement, la lassitude pointe le bout de son nez et on sent qu’on y passera pas des jours et des nuits. Gardons toutefois l’espoir de voir débarquer des démons au gameplay différent (à base d’attaques à distance?) dans d’éventuels futurs DLC.

Une qualité à reconnaître à Cyberconnect2 est sa capacité à brosser les fans dans le sens du poil. Simpliste dans ses combats, assez insipide dans ses autres phases de gameplay, Demon Slayer bénéficie toutefois d’une technique presque irréprochable. Les personnages sont formidablement bien modélisés, et les mouvements des combattants ne sont pas en reste. Le soft rend parfaitement honneur à l’animé, déjà reconnu pour sa qualité d’animation assez exceptionnelle. Un vrai bonheur pour les fans, qui retrouveront avec satisfaction les techniques emblématiques de chaque pourfendeur. Depuis Dragon Ball FighterZ, aucune adaptation ne nous avait autant donné l’impression d’être devant l’animé.

Les modèles des personnages sont également très fidèles, au contraire des décors très pauvres, qui nous renvoient directement à l’époque Xbox 360. L’œil aguerri aura vite fait de remarquer le plafonnement du jeu à 30 FPS, ce qu’on a du mal à expliquer, notamment sur Xbox Series.

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Conclusion

Demon Slayer – The Hinokami Chronicles s’inscrit dans la grande tradition des adaptations d’animés par Cyberconnect2. Beau, fluide, fidèle, le jeu ne cesse de caresser dans le sens du poil les fans de Tanjirô et ses amis pourfendeurs de démons. Et c’est bien là que le bât blesse. Si le jeu arrive à accrocher les fans pendant la petite dizaine d’heures de la campagne sans soucis, il peine à convaincre sur la longueur. La faute à un gameplay jouissif mais très limité, tout comme les modes de jeu disponibles. Service minimum donc pour cette adaptation, que l’on recommande avant tout à ceux ayant passé des heures devant la série ou devant chaque case du manga.


Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle  Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée)Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonismeSons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

  Détails TV4K  Jeu fourni par l’éditeuroui
  ConsoleXbox Series X  Temps passé sur le jeu10 heures
  Niveau de difficulténormal  Jeu terminéoui

 

+ Les plus

  • Une fidélité assez dingue à l’animé
  • Mise en scène réussie
  • Gameplay assez jouissif et facile à prendre en main
  • Modélisation des personnages réussie
  • VO japonnais/anglais ST en français

- Les moins

  • Des décors fades
  • Roster de personnages limité
  • Tous les personnages se jouent de la même façon
  • Les phases de transition pénibles
  • Gameplay trop limité pour nous tenir sur la durée

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