Test – Dread Nautical, c’est le Cthulhu du spectacle !

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Pour les adorateurs de celui qui rêve et attend, les dernières années ont été douces. Avec The Sinking City, le bien nommé Call of Cthulhu et The Council, on a eu notre dose de mystères, d’occultisme et de terreur psychologique. Ah non ? Alors, ça tombe bien, car c’est au tour de Dread Nautical de nous proposer une nouvelle plongée dans la folie.

Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn

Non mais il y a un problème avec les navires, un truc imparable, ce sont leur nom. Rien qu’avec ça, tu sais si ça va bien se passer ou pas. Exemple, le Titanic, il annonce la couleur, genre indestructible et tout, et bien paf, un glaçon le défonce en 1v1 no scope en quelques instants sur la carte Terre-Neuve (disponible en DLC à l’époque par pigeon voyageur). Dans Dread Nautical, on part sur le même délire avec le paquebot de croisière qui sert de décor à l’aventure. Il s’appelle Hope, espoir en Anglais. Non mais on n’a pas idée. Là tu peux être certain que ça va partir en MCC, en méga cacahuète cosmique. Ben ça n’a pas loupé, Cthulhu, en plein confinement, je ne sais pas, il devait bien s’emmerder dans sa cité de R’lyeh alors il s’est empressé d’envahir les esprits et les rêves des passagers. C’est son truc, les rêves, à tonton Cthulhu, faut pas chercher.

Ainsi, en plein Océan Atlantique, une tempête de tous les diables éclate, et le Hope sombre dans une langueur absolue : les lois du temps et de l’espace semblent abolies. Les passagers sont comme possédés, et feront office d’ennemis plus ou moins corrompus par la folie, entre autres truc tentaculaires sortis de dimensions cheloues. Mais d’autres humains seront restés néanmoins conscients. C’est le cas de votre personnage à choisir parmi quatre au début. Un détective privé à l’ancienne, un Yakusa repenti, une geek flashy et une chanteuse disco. C’est le cas également de quelques survivants avec qui vous pourrez discuter, aider via des missions secondaires et in fine recruter. Avec cette fine équipe, il vous faudra plonger de plus en plus profond dans la folie et explorer les 20 niveaux du Hope, parfaitement rejouables et (re)générés de manière procédurale. Ainsi, si vous retournez sur le pont 13, par exemple, sa disposition et ses ennemis auront changé. Cthulhu est d’humeur badine.

Iä, Iä, Cthulhu fhtagn

Dread Nautical est un RPG tactique au tour par tour en vue de dessus, ce qui donne un aspect jeu de plateau assez plaisant. Classiquement, pour la partie RPG, abattre des monstres permet de glaner des ressources à dépenser dans le hub, une cabine, pour renforcer vos survivants ainsi que réparer et améliorer leurs équipements. Moins classique, il faudra également faire attention à la faim et à l’état d’épuisement psychologique de vos protégés, sous peine de malus, ou même de décès prématuré. Pendant l’exploration d’un niveau, accompagné de jusqu’à deux autres pnj, il faudra fouiller des environnements à la recherches de matos et de soins, dans des décors assez simples mais charmants, rappelant les paquebots luxueux d’antan. Mais attention, à chaque utilisation, vos armes et protections se détériorent et peuvent même devenir inutilisables. Une source supplémentaire de stress. Et ce n’est pas fini. Dans Dread Nautical, pas de sauvegarde manuelle, mais une automatique à chaque fin de tour. Autant dire que chaque erreur ou approximation se paie cash.

Le coté tactique est très simple d’accès et d’une efficacité redoutable. Tous les déplacements se jouent au tour par tour, même hors combat. Assez étrange comme choix mais on s’y plie assez rapidement. En conflit, chaque attaque ou déplacement entrepris coûte des points d’action, qui diffèrent d’un personnage ou d’un ennemi à l’autre. Autant de paramètres à prendre en compte pour ne pas se présenter comme une innocente petite fleur des champs face à un golgoth d’une autre dimension cosmique. De plus, surprendre un adversaire par derrière ou l’attaquer de flanc octroient des bonus d’attaque… Encore faut-il ne pas être justement la personne prise en défaut. Le bestiaire brille par ces mille et une malices, avec des ennemis rapides, incapacitants, énormes et pouvant vous tuer d’un coup. Cthulhu est d’une humeur massacrante.

Purée, j’ai oublié mon dico le R’lyehian/Français débutant

L’ambiance de Dread Nautical est une franche réussite. Alors, non, la peur ne fait jamais tressauter mais le stress du game over est bien palpable, même en normal. Alors imaginez en difficile ou « Insane ». Le mythe de Cthulhu est savamment déroulé au fil de votre progression. Je n’en dis pas plus mais par exemple, on peut retrouver des tomes de savoir dans chaque niveau, ce qui permettra de déchiffrer des pages du Nécronomicon et de (re)découvrir tout le folklore de celui qui rêve et attend. Un régal. Les survivants croisés ici ou là sont tour à tour amusants, agaçants, badass ou de vrais poids morts. Ils participent via des dialogues en anglais mais traduits en français à instiller une aura de mystère à chaque rencontre. Ou à déclencher un sourire.

Peu de points noirs à déplorer à part des temps de chargements un peu longuets parfois et surtout quelques microfreezes qui seront peut être réglés dès la sortie officielle de Dread Nautical. Enfin, à l’écriture de ce test, je me rends compte que la musique est complètement passée inaperçue. Dommage, cela participe normalement grandement à l’ambiance.  Mais j’ai trouvé cette dernière déjà à la hauteur, alors…

C’est le Cthulhu du spectacle !

Dread Nautical est une surprenante et franche réussite. Son ambiance feutrée toute britannique est servie par des graphismes simples mais charmants. Son savant mélange de RPG et de tactique au tour par tour est à la fois facile d’accès et riche de possibilités. Et pourtant le challenge est largement au rendez vous, même en normal, pour un plaisir maso se comptant en dizaines d’heures. Et vous, répondrez-vous à l’appel ? Il attend. Et Il rêve. De vous.

 

Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle  Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée)Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonismeSons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

  Détails TV4K  Jeu fourni par l’éditeuroui
  ConsoleXbox One X  Temps passé sur le jeu10 heures
  Niveau de difficulténormal  Jeu terminénon

 

+ Les plus

  • une ambiance lovecraftienne réussie
  • un savant mélange RPG, tactique
  • un sacré challenge
  • une galerie de personnages mémorables
  • aspect simple mais joli
  • en VOST

- Les moins

  • quelques temps de chargement longuets
  • quelques micro freezes
  • y a des musiques ?

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