Fable Fortune, retour en Albion

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut savoir que je ne suis pas accoutumé aux jeux de cartes digitaux. Je suis un vieux de la vieille de ce point de vue et au-delà de mon évidente passion pour la Xbox et son catalogue, je ne suis jamais contre une bonne soirée entre amis autour d’un bon tarot, ou tout autre jeu de société. Je n’ai pas su prendre le temps de profiter de Fable Fortune quand il était proposé en Game Preview et c’est lorsque Mediatonic nous fournit une version pour effectuer un test que je me suis véritablement intéressé au genre. Intrigué à l’idée de voir si un jeu de cartes parviendrait à éveiller en moi la convivialité d’une soirée entre amis ou évoquer l’intensité de mes parties de Pokémon à l’époque, je me suis lancé sans préjugé dans l’aventure.

L’esprit de Fable

J’ai fait tous les épisodes canoniques de la licence emblématique et la seule qualité commune à tous les épisodes est la richesse de l’univers. En évoquant Fable, nos souvenirs se bousculent et on se revoit tous devant cette poule et lui asséner un formidable coup de pied pour l’envoyer voir ailleurs. On se souvient tous de nos choix entre être quelqu’un de bien ou un véritable démon. On se souvient tous du bestiaire si spécifique à la saga, pour moi ce sont les Hobbes qui sont les premières créatures auxquelles je pense. Tout cela je l’ai ressenti dans Fable Fortune. Alors certes l’enrobage visuel n’est pas aussi poussé et il faut remettre en perspective le fait que ce soit un jeu de cartes. Toutefois, les combats ont lieu dans des environnements charmants, les cartes sont magnifiques et les différentes créatures / personnages prennent vie au centre de ce plateau virtuel.

La question suivante se pose alors pour ceux qui n’ont pas joués à un épisode principal de la série ; l’univers de Fable est respecté et cohérent mais plaira-t-il aux néophytes de la Licence ? Difficile à juger pour ma part mais j’imagine que pour quiconque se lancerait dans le jeu les menus paraîtront fades et n’auront pas le même impact que pour les fans. De là à dire que le jeu est réservé aux afficionados du monde d’Albion ne me paraît pas judicieux car l’univers gagne à être connu.

Se battre avec un Hobbes ou une poule, tout un art !

Parlons peu. Parlons bien. Fable Fortune vous propose de prendre part à des combats au tour par tout en solo, PvP classé ou coopération à deux joueurs. Le mode solo permet d’incarner pour l’heure trois héros et est malheureusement peu attrayant dans son enrobage visuel. J’aurais aimé voir une petite saynète ou une quelconque introduction visuelle car je n’ai pas réussi à m’attacher aux héros.

Un point sur les règles que je vais essayer de vous décrire de la façon la plus digeste possible. À chaque tour, vous bénéficiez d’une réserve d’or qui augmente au fur et à mesure de la partie pour atteindre un maximum de 10 pièces d’or. Ce trésor vous pouvez le dépenser comme bon vous semble de trois manières : concentrer les attaques ennemies du prochain tour sur l’une de vos cartes vous coûtera 1 pièce, utiliser la capacité spéciale de votre héros 2 pièces et jouer une carte de votre main vous coûtera un nombre précis de pièces. Chaque carte a sa propre valeur et vous vous doutez bien que les cartes les plus fortes sont celles qui sont les plus chères. Il existe différents types de cartes : les pouvoirs (oui nous sommes bien en Albion), les cartes permettant d’optimiser votre main et les unités. Ces dernières sont à placer sur le champ de bataille au tour T et seront en mesure d’attaquer au tour T+1, sauf cas spécifique, pour faire tomber les unités ennemies mais surtout la vie de votre adversaire pour remporter la partie.

De nombreuses cartes disposent d’attributs spéciaux en fonction du type de deck. Par exemple, dans le cas où un adversaire élimine votre zombie, deux autres zombies moins puissants prendront sa place sur le champ de bataille. Les victoires s’accumulent ainsi seulement après de nombreuses heures de défaite où l’on découvre les particularités de plus de 600 cartes, la clé sera votre connaissance du jeu. Et sur ce point il faut préciser aux anglophobes que le titre est pour l’heure intégralement en anglais, un point important tant le contenu texte est colossal et le vocabulaire utilisé spécifique à l’univers de Fable et au genre du jeu. Heureusement, des gimmicks visuels sont présents et on comprend vite les effets d’une carte après l’avoir joué pour ‘voir ce que ça fait’. Pour en finir avec les règles, sachez qu’on débute notre partie par la possibilité de retirer au sort une ou plusieurs cartes de notre main et une quête (jouer x héros défensifs, dépenser x pièces d’or, etc) qui une fois complétée vous permettra de choisir entre le Bien et le Mal (avec chacun leur boost de statistique associée). On retrouve ici une composante d’un des principes fondamentaux du RPG classique tel qu’on le connait dans la licence canonique !

Stratégique ou fun ?

Les deux mon capitaine ! Si les premières parties sont de l’ordre de l’apprentissage, j’ai mis un certain temps avant de comprendre que l’utilisation de la capacité qui consiste à renforcer une de nos cartes présentes sur le champ de bataille était indispensable. En effet, elle permet de focaliser le feu ennemi pour éviter que ce dernier ne se concentre sur votre héros. Il faut également prendre en compte le fait qu’attaquer l’ennemi avec une carte signifie que cette dernière recevra autant de dégâts que la force de la carte attaquée. Pour illustre ce propos, en attaquant une carte ayant 5 en force et 3 en santé avec une carte ayant 3 en force et 6 en santé, vous détruirez la carte (puisque votre force est égale/ supérieure à sa santé) et il vous restera 1 point de vie (votre santé moins la force ennemie).

Ainsi, tout le sel d’une partie de Fable Fortune repose sur votre capacité à sans cesse vous adapter au jeu de votre adversaire tout en mettant en place vos propres stratégies d’attaque. Il est bien entendu possible de choisir un deck prédéfini (au nombre de 3 par personnage) mais également de constituer son propre deck avec les cartes gagnées en cumulant des niveaux suite à nos victoires.

La principale qualité de Fable Fortune est de proposer des combats vraiment tactiques mais aussi diablement funs car ces derniers ne s’éternisent jamais vraiment (tout au plus une dizaine de minutes). Le côté humoristique si caractéristique de Fable est retranscrit à grand renfort de sons délirants lorsqu’une carte apparaît sur le champ de bataille ou sur les effets visuels qui ne se prennent pas au sérieux. Nous sommes toutefois loin d’un Hand of Fate 2 qui propose une aventure à la narration léchée et immersive au possible.

Conclusion

Fable Fortune s’adresse à tout le monde : fan ou non de la Licence, en proposant son univers ainsi que des mécaniques de gameplay qui en font un jeu à part dans le catalogue Xbox parmi Hand of Fate, Gwent : The Witcher Card Game et compagnie. Tactique, accessible et fun, on se prend rapidement au jeu que l’on veuille grimper les classements en PvP, jouer avec un ami en coopération ou simplement se faire plaisir en solo pour approfondir ses connaissances du jeu.

+ Les plus

  • Addictif
  • PvP, solo, coop : complet !
  • L'univers de Fable respecté
  • Gratuit
  • Tactique et fun à la fois

- Les moins

  • Manque d'un enrobage visuel attrayant
  • Les prix de la boutique
8

Je suis tombé dans la marmite Xbox en 2003 et depuis je n'ai plus besoin de potion magique pour m'intéresser à tous les jeux qui sortent sur ces belles machines au fil des années. Je suis accessoirement un PGM en mousse.

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