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Ce qui prend aux tripes instantanément, c’est l’esthétique de Scorn. Entre sidération et dégoût, on peut rester des minutes entières en admiration devant des salles entières telles des fresques monumentales. Ce qui interroge également, quand on fait abstraction des décors fabuleux, c’est que reste-il ? Un maëlstrom imparfait et frustrant de mécaniques de jeu. Ce qui surprend néanmoins, c’est l’approche épurée et essentielle du jeu vidéo : pas de tuto, pas d’ATH envahissant. La curiosité, l’expérimentation et la découverte sont au cœur de cette expérience. De toute manière, Scorn ne nous prend par la main que pour nous l’arracher dans un cri inhumain…

50% machine, 50% organique, 100% malaise

Tout commence par une naissance. Un réveil. Notre personnage écorché découvre, en même temps que la personne derrière la manette, qu’il est enfermé dans un complexe moribond. On se croirait même coincé dans un organisme géant décomposé. Les murs ont des allures de tissus organiques en pleine déconfiture quand chaque appareil est composé de métal et de chair. Ambiance. Et on ne sait rien. Comment on est arrivé là, ce qu’on doit faire, doit-on même s’échapper ? Aucun tutoriel ne vient nous assommer de mille fonctionnalités, aucun ATH quasiment ne vient gâcher la beauté suintante des décors et aucun message surgissant comme par magie. Avec notre pauvre hère décharné, muet et nu, on est seul. Et ça fait du bien. Du silence… A l’heure d’écrire ces lignes, c’est ce point également que je retiens. Il y a pourtant du son, évidemment. Mais j’ai gardé cette impression de bulle isolante et là encore, de solitude.

Scorn est à contre-courant des productions actuelles qui tendent à quasiment faire le jeu à notre place. Ici, comme notre avatar, nous sommes en position de nouveau né. La grammaire du soft doit s’apprendre, s’expérimenter, s’apprivoiser. Le tout dans la souffrance, la mutilation et la putréfaction. De plus, il est certain que sans un minimum de curiosité ou de lâcher prise, Scorn peut s’apparenter à un chemin de croix incompréhensible pour qui préfère connaître l’alpha et l’oméga d’une histoire. Après l’avoir terminé, bien malin qui peut prétendre avoir tout compris. Ce qui est certain, c’est que les émotions ressenties, dégoût, malaise, fascination morbide ainsi qu’un certain sado-masochisme ne laissent pas du tout indifférent. Je pense me rappeler longtemps d’avoir mis un fœtus sanguinolent dans un mixer pour en récupérer l’essence vitale, le tout dans des décors entre érotisme et horreur. 

Je ne sais pas si j’aime ou pas, mais je ne peux pas détourner le regard

Cette esthétique horrifique est LA grande réussite de Scorn. Des salles entières prennent des allures de tableau de maître. Comment ne pas rester bouche bée devant ce spectacle nous amenant entre fascination et dégoût ? Cela rappelle les travaux de HR Giger pour ne citer que le plus célèbre, en tout cas pour la génération biberonnée à Alien. Mais prenons un peu de distance avec les décors. C’est difficile je vous l’accorde mais essayons. Au-delà donc de sa beauté formelle indéniable, que reste-t-il ? Pour moi, un mélange frustrant. En effet, Scorn a constamment le cul entre le walking simulator, le puzzle game, un jeu de tir, la survie… La vilaine impression que toutes ces mécaniques sont restées à l’état d’ébauche est décevant au regard du travail d’orfèvre concernant la technique. Car au final, il n’y a guère que 3 ou 4 gros casse-tête, pas beaucoup d’action, un bestiaire difforme mais ultra limité, quand la mort, elle, n’est absolument pas punitive.


L’aventure se termine en six à huit heures. Étant donné sa linéarité, sa replay value est quasi nulle. Véritablement, le “plaisir” de la découverte non seulement des environnements mais également des mécaniques de jeu, si imparfaites soient elles, représentent 99% de l’attrait de Scorn. Une fois la découverte passée, relancer une partie n’a pas vraiment d’intérêt.


Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle   Déficience Auditive
✘ Contraste élevé (réticule de visée) ✘ Sous-titres avec indications d’ambiance
✘ Taille couleur de police ✘ Identification de la personne qui parle
✘ Marquage des ennemis ✘ Police personnalisable
✘ Interface personnalisable ✘ Couleur de police personnalisable
✘ Couleur minicarte personnalisable ✘ Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
✘ Option daltonisme ✘ Sons ambiants signalés (informe sur présence)
✘ Option Text to speech  
✘ Ralentissement du jeu  

Conditions de test

  Détails TV4K   Jeu fourni par l’éditeurnon
  ConsoleXbox Series X   Temps passé sur le jeu8 heures
  Niveau de difficultéN.A.   Jeu terminéoui
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  1. Y’a de l’ambiance mais j’ai buté 15minutes sur la première énigme, y’a un décalage entre la vraisemblance du jeu et ses énigmes un peut cucul concon qui pour le coup cassent l’immersion… J’ai pas trop compris a qui s’adressait le jeu. J’ai vite laché l’affaire et je suis aller voir un peut plus loin sur youtube mais ça m’a pas plus emballé. Ça m’a fait penser à myst très fort