Railway Empire, Tchouuuu Tchouuuuu !

Railway Empire est développé par Gaming Minds, un studio habitué aux jeux de gestion dans différents univers sur PC. Il s’agit de leur premier jeu qui sort sur Xbox One et les fans du genre vont tout de suite se poser l’habituelle question des contrôles à la manette. Un débat qui ne me semble plus d’actualité car la plupart des jeux de gestion ont opté pour le sacro-saint menu radial permettant de switcher d’une option à l’autre sans prise de tête. Non, le véritable intérêt de cette critique sera de vous décrire en détails à quel point Railway Empire est un jeu de gestion mêlant habilement macro et micro gestion pour se révéler plus intéressant que jamais de partie en partie.

La bonne surprise : du contenu par wagons !

En suivant les différents communiqués de presse traitant l’actualité du jeu, nous savions déjà que Railway Empire miserait sur un background se basant sur la véritable histoire des Etats-Unis, à savoir la concurrence entre différentes compagnies de transport pour établir des contrats en or afin d’assurer le développement et l’exploitation du réseau ferroviaire. L’étendue du pays est telle qu’en pleine explosion démographique, économique et politique, les Etats-Unis ont cruellement besoin de relier chacune de leurs villes avec LE moyen de transport de l’époque : le train. C’est bien entendu le but du jeu. Là où Railway Empire surprend c’est par la présence de différents modes de jeu scénarisés qui permettent d’en apprendre davantage sur ce pan de l’histoire américaine à grand renfort de cinématiques au début et à la fin des chapitres de la campagne. Leur réalisation mignonne et la voix-off intéressante permettent tout de suite de rentrer dans le vif du sujet durant les trois minutes que durent ces saynètes.

Quatre modes de jeu sont disponibles. Une campagne de cinq chapitres qui introduit à chaque fois de nouvelles possibilités, petit à petit, pour découvrir en douceur le jeu. C’est un véritable accompagnement que proposent les développeurs : j’ai trouvé le dosage subtil entre une explication claire de comment faire et la possibilité d’aller consulter des schémas de signalisation avancés dans le menu de conseils. Pas de didacticiel long et pénible, Railway Empire intègre tout cela directement dans les chapitres de sa campagne en se parant même du privilège que les actions à réaliser sont intégrées à un scénario plus global. Brillant !

Les autres modes sont plus classiques mais indispensables pour tout jeu de gestion : un mode comptant des scénarii avec des objectifs très précis à réaliser, un mode Bac à sable et un mode Libre. La seule déception viendra de l’absence de multijoueur. Le principe s’y prêtait pourtant avec la possibilité de jouer contre trois adversaires IA.

Un excellent jeu de gestion.

Je vous éviterais la longue énumération des mécaniques de jeu et des subtilités du gameplay. Je vous conseille notre vidéo de gameplay où je vous présente brièvement tout cela. Railway Empire nous fait progresser par étapes comme tout bon jeu de gestion. J’ai recommencé trois fois le premier chapitre avant de comprendre certaines subtilités qui n’ont pas forcément leur place dans les bulles d’aides proposées par le jeu. C’est lorsqu’un dysfonctionnement a lieu que nous prenons conscience de ce qu’il aurait été judicieux de faire en termes de placement de bâtiment ou d’un rail pour optimiser son temps et utiliser le moins d’argent possible. Toutefois, ce n’est jamais un échec au sens strict du terme, à l’instar d’un Cities Skyline où vous n’avez pas continué votre première ville un peu bancale avant d’avoir compris le jeu.

Railway Empire propose une macro-gestion poussée avec la nécessité de respecter certaines règles quant à la signalisation de ses voies ferrées ou la mise en place à l’échelle d’une région d’un réseau de lignes principales entrelacées de lignes secondaires. Tout cela couplé à une micro-gestion tout aussi primordiale : gérer ses employés, proposer des wagons spécifiques pour gagner de l’argent supplémentaire, ou même la possibilité d’acheter ses propres usines puis de les améliorer, etc.  Je ne suis pas cheminot et je n’avais aucune notion quant aux règles de circulation sur une voie ferrée, pourtant j’ai rapidement commencé à mettre en circulation plusieurs trains sur une même portion. Sachant qu’un seul train peut emprunter une voie unique, il faut mettre en place d’ingénieux systèmes de voies de dérivation et de mises en attentes des trains qui doivent également passer par cette voie. Les signaux, la possibilité d’améliorer ses gares, de modifier le tracé d’une voie ou de paramétrer l’itinéraire de chaque locomotive, tous ces éléments contribuent de manière ludique à notre progression dans ce qu’on appellera l’aspect construction de réseau. Car Railway Empire propose encore une autre facette…

Mettez vos concurrents dans le vent !

Que ce soit en mode libre où le nombre de concurrents est laissé libre au bon vouloir du joueur, ou en mode campagne, un certain nombre de concurrents (jusqu’à 3) s’inviteront à la fête et construiront leur propre réseau en même temps que vous. Alors il n’est pas question de former des armées dans ses gares pour aller détruire les infrastructures rivales… Ici on se bat à coup de longueur en kilomètres de notre réseau, du nombre de trains qui y circulent et du nombre de villes / entreprises rurales que nous avons connecté à notre toute première métropole. Des objectifs de mission sont présents pour rendre le tout plus palpitant, ainsi que tout un système d’opérations bancaires : il est possible d’acheter des parts de la société adverse et de fusionner cette dernière avec la notre quand vous possédez 50% des capitaux en bourse. Après avoir racheté les parts restantes, tout le réseau de votre concurrent vous appartiendra ! Il n’y a guère que le système de bourse qui ne m’a pas convaincu, la faute à une fluctuation des valeurs des différents produits qui n’est pas vraiment claire.

Que ce soit clair, Railway Empire ne vous propose pas uniquement de construire votre réseau mais bel et bien de mettre ce dernier au service de votre empire industriel. A vous de faire parvenir à vos villes les produits dont elle a besoin, de mettre en place des lignes assurant la circulation de la nourriture, des personnes et du courrier entre vos villes, etc. On en arrive vite à une petite armada de locomotives qui s’aventurent sur nos lignes et pour s’y retrouver nous avons accès à des menus clairs et rapidement accessibles via le fameux menu radial : liste des trains, de votre personnel, onglet lié à la finance, onglet de construction, menu de satisfaction d’une ville pour voir comment la faire évoluer, tout est là !

HDR, 4K Ultra HD et optimisé Xbox One X.

Je dois avouer que j’avais le sentiment que Railway Empire proposerait un gameplay intéressant (bien que pas aussi riche) avec une partie graphique pas forcément digne de la console… Que nenni, mea culpa ! Le jeu profite de toutes les améliorations possibles sur Xbox One X : prise en charge de la HDR, une résolution en 4K Ultra HD et diverses optimisations. Les temps de chargement sont ridicules, il n’y a aucun ralentissement à l’écran, les couleurs sont vives et les modèles 3D impressionnants. Railway Empire m’a surpris, vraiment surpris, sur le plan technique. Je ne m’attarde en général par sur de tels critères mais quand un jeu parvient à surprendre comme cela, il faut également savoir mettre en valeur ce point purement technique.


Railway Empire est unique dans son genre sur consoles de salon : addictif, accessible mais exigeant dans ses subtilités, graphiquement maîtrisé, propose un contenu de dingue avec plusieurs dizaines d’heures de jeu potentielles, combinaison parfaite de macro/micro gestion et la petite touche d’histoire qui fait toujours son effet. Railway Empire est à savourer sans modération, c’est un véritable plaisir pour tous ceux qui jouaient aux petits train étant enfant mais pour les novices également.

+ Les plus

  • Excellent jeu de gestion
  • Techniquement au top
  • Une prise en main adaptée à la manette
  • La richesse des cartes et modes de jeu

- Les moins

  • Le système de bourse pas très clair
  • Des débuts chaotiques... mais drôles !
  • Pas de multijoueur
8

Je suis tombé dans la marmite Xbox en 2003 et depuis je n'ai plus besoin de potion magique pour m'intéresser à tous les jeux qui sortent sur ces belles machines au fil des années. Je suis accessoirement un PGM en mousse.

1

  1. J’aime beaucoup les jeux de gestion, ça peut m’intéresser :) Même si je les préfère à la souris qu’au pad généralement :)

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