TEST- Stela, n’est pas Inside qui veut

Dévoilé en début d’année, Stela avait immédiatement su capter mon attention. La vôtre aussi, sans doute. Il faut dire que les premières vidéos de présentation avaient de quoi séduire. Avec une réalisation épurée et des atmosphères travaillées, le titre de Skybox Labs rappelait immédiatement Limbo et Inside. Deux œuvres majeures, marquantes, qui ont amené la narration vers des pages encore vierges jusqu’alors. Mais prendre pour références ces deux titres c’est risquer de rester dans leur ombre. Même quand on vise les étoiles.

Stela-ambiance

Raconte moi une histoire

Soyons clairs, rivaliser avec les productions de Playdead nécessite du talent. Voire même, beaucoup de talent. Et quand on regarde le parcours de Skybox Labs, on se dit justement qu’ils n’en manquent pas. Les équipes ont en effet participé à la production de grandes séries du jeu vidéo, parmi lesquels Halo 5, Minecraft, ou encore le très attendu Halo Infinite. Bref, le studio canadien a beau être jeune, 8 ans à peine, son expérience en développement est déjà conséquente. Sauf qu’assister des grands noms est un exercice bien différent de la production maison et que, sur ce point, tout reste à prouver.

Ses géniteurs présentent donc Stela comme un jeu de plate-forme cinématographique et contemplatif. Autrement dit, l’expérience se veut centrée sur l’histoire et la manière de vous la conter. Et force est de constater que les intentions narratives sont bien présentes dès les premières minutes. Vous prendrez ainsi le contrôle d’une héroïne à l’identité inconnue sans qu’aucun tutoriel ni interface se s’affichent à l’écran. A l’image de cette jeune femme qui doit trouver comment s’échapper d’un sous-sol où elle est enfermée, vous aurez à trouver par vous même comment interagir avec Stela. Ce n’est pas une première mais ce parti pris fonctionne toujours aussi bien pour nous immerger directement dans la peau du personnage.

Stela-paysage-neigeHommage ou plagiat ?

Si cette absence totale de HUD sert l’ambition cinématographique de Stela, ce n’est malheureusement pas le cas de son scénario. Comprendre que l’héroïne est pourchassée et doit survivre est plutôt simple. Néanmoins les motivations, objectifs et contextes sont, si pas incompréhensibles, hautement alambiqués. On ne sait jamais vraiment pourquoi et comment nous avons à réaliser certaines actions et si l’on devine qu’il y a sans doute plus qu’une simple question de survie, la clé de compréhension n’est jamais offerte au joueur. Mention spéciale à la dernière partie du titre qui se veut probablement philosophique mais qui s’avère être philosovide (copyright Bibi). J’ai beau retourner cela dans tous les sens, je ne parviens pas à assimiler le propos et son but. Dommage pour une œuvre qui se veut narrative avant tout.

Comme évoqué plus haut, Stela s’inspire assez librement des oeuvres de Playdead. Et plus que Limbo, c’est surtout Inside qui se rappelle à notre bon souvenir ici. Ce dernier est en effet assez omniprésent et il m’est arrivé de superposer quelques fois les images des deux jeux manette en main. Certains passages se révèlent être très similaires et nous sommes parfois proche du plagiat. Si cela flattera sans doute Playdead, ce n’est clairement pas glorieux pour Stela.

L’allure générale de ce Stela doit elle aussi beaucoup à Inside. On évolue de gauche à droite dans des univers en 3D tous relativement simplistes. Si textures et modélisations sont assez pauvres, la caméra reste suffisamment éloignée pour laisser apparaître des écrans plutôt propres. L’ambiance générale est également plutôt soignée avec une atmosphère mystérieuse et intimiste. Dommage que le sentiment de survie ne soit pas davantage travaillé et qu’on se sente au final assez détaché des situations qui se produisent sous nos yeux.

Stela-Inside-copie

Une balade en terrain connu

Les ennemis sont d’ailleurs pour une grande part dans ce sentiment de relative sécurité. Ils sont ainsi visibles tout au long de l’aventure et prennent différentes formes. On échappe à des scarabées en début de récit avant de faire la connaissance des ombres. Ces humanoïdes à mi-chemin entre Stranger Things et les lickers de Resident Evil sont d’une agressivité redoutable…mais possède un QI d’huître. Ils patrouillent souvent dans les décors qui vous entourent à votre recherche mais ne poussent pas très loin leurs investigations. Il suffit de se cacher le temps qu’ils passent et nous n’en parlons plus.

Même constat sur les énigmes, plutôt anecdotiques. Je comprend bien l’idée de vouloir proposer des casse-têtes accessibles à tous mais le jeu perd grandement en saveur. C’est simple, pas une fois je n’ai eu à m’arrêter pour analyser la situation. Tout est bien visible, trop visible, et ne serait poser la moindre difficulté. Résultat, on roule sur le jeu en maintenant le stick enfoncé vers la droite sans trop se poser de question. Impression renforcée par la pauvreté d’un level design quelque peu insipide et des décors vides.

Stela-enigmes

N’est pas Inside qui veut

Résumer Stela a une pâle copie de Inside peut sembler cruel. Pourtant, pour qui a déjà pu apprécier le travail de Playdead, c’est sans aucun doute le verdict qui s’imposera de lui même. Incompréhensible et à la limite de l’ennui, Stela n’arrive jamais à se défaire de son illustre inspiration. Pire, il la copie parfois sans vergogne pour un résultat bien moins probant. Seules les musiques du titre sauve cette expérience qui en devient plaisante pour les oreilles. Mais pour vos 10 doigts et votre cerveau, Stela ressemble bien à une expérience mi-figue mi-raisin. A conseiller aux amoureux de trips inexplicables et aux chasseurs de succès. A 3 heures max les 1 000 G, Stela offre un ratio très intéressant à ces derniers !


Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle  Déficience Auditive
NC. Contraste élevé (réticule de visée)NC  Sous-titres avec indications d’ambiance
NC Taille couleur de policeNC  Identification de la personne qui parle
✘ Marquage des ennemisNC  Police personnalisable
✘ Interface personnalisableNC  Couleur de police personnalisable
NC  Couleur minicarte personnalisable✘ Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
✘ Option daltonisme✘ Sons ambiants signalés (informe sur présence)
✘ Option Text to speech
✘ Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

 Détails TV 4K  Jeu fourni par l’éditeurOui
  ConsoleXbox One X  Temps passé sur le jeu2 heures
  Niveau de difficultéNon applicable  Jeu terminéOui (et j’ai rien compris)

 

+ Les plus

  • L'ambiance entre onirisme et mystère
  • La bande-son vraiment réussie
  • 1 000 G faciles et rapides

- Les moins

  • Trop simple
  • Incompréhensible
  • Hommage ou plagiat ?
Après m'être plongé dans des esprits aussi torturés que brillants et vécu des expériences dont la singularité n'égale que leur étrangeté, j'ai décidé de jouer. Alors je joue :)

2

  1. Merci pour le retour @Fab ! j’espérais plus de ce Stella surtout que je suis fan du genre (et des Playdead donc…), c’est dommage. Ca se limitera si l’occasion se présente à ce que tu en disais, à savoir une chasse au succès rapide.

    Euh… “philosovide (copyright Bibi)” je te l’emprunterai à l’occasion @Bibi :)

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