Test – The Invisible Hours

Après les très bons Rime, Deadlight et l’excellent The Sexy Brutale, Tequila Works commence à se faire une place de choix dans nos cœurs de joueurs. Avec The Invisible Hours, le développeur espagnol s’essaye au jeu narratif à l’inspiration Agatha Christie. De ses propres dires, Tequila Works a créé une histoire qui ne peut être racontée que via les casques de réalité virtuelle. Pourtant, 6 mois plus tard, nous voilà avec une version Xbox qui débarque sans aucun mode VR. Le besoin de rentabiliser une production qui a eu du mal à se vendre sans doute. Reste à savoir si cette histoire vaut tout de même le coup d’être jouée par le prisme de notre bon vieil écran TV.

Un théâtre interactif

Dès le départ, le décor est planté : ” The Invisible Hours n’est ni un jeu, ni un film, c’est une pièce de théâtre interactive “. Ces quelques mots sont affichés par Tequila Works tel un avertissement. En effet, point de narration aux plans fixes comme dans un film, ni d’interaction dans le déroulement du scénario comme dans un jeu Telltale. On a bien affaire ici à une expérience qui vous permet d’être le témoin des faits qui se dérouleront dans le manoir, du point de vue qui vous plaira. Et c’est précisément sur ce point que l’on ressent toute l’ADN “réalité virtuelle” du titre.

Comme un air de Cluedo

Je parlais donc d’un manoir : c’est dans l’imposante bâtisse de l’inventeur Nikola Tesla, nichée sur une petite île privée, que se déroulera toute l’aventure. Les premières minutes du jeu se déroulent aux côtés de Gustaf Gustav, un ancien inspecteur mis sur le carreau car il n’avait pas su résoudre sa dernière affaire. Quelques instants plus tard, nous voilà en train de suivre ce premier personnage qui entend au loin les pleurs de Flora, une des 6 autres protagonistes de l’intrigue. Une fois la jeune demoiselle en détresse consolée, le duo décide de rejoindre le manoir et y fera la macabre découverte du corps de leur hôte, Nikola Tesla.

Une fois le décor planté, on comprend assez vite que nos 7 personnages avaient été invités par Nikola Tesla sur l’île afin de pouvoir réparer les erreurs du passé. Quant aux erreurs en question, c’est bien entendu quelque chose qu’il va falloir creuser tout au long de l’aventure.

Ainsi, même si le fil conducteur de l’aventure reste le meurtre de Tesla et l’enquête pour trouver le coupable, les secrets inavouables des protagonistes vous donneront eux aussi envie de suivre la trame de chaque personnage pour profiter de tout le contenu que le jeu a à offrir. Je ne m’étends pas sur la partie scénario du jeu pour ne rien spoiler, mais j’ajouterai juste une chose pour rassurer les plus sceptiques : on se laisse happer par l’intrigue et il y aura des rebondissements.

Le maître du temps

Pour dérouler le fil du scénario,  vous incarnerez un spectateur invisible et omniscient qui, pour couronner le tout, sait manipuler le temps. Un spectateur qui sera le témoin des événements en vue à la première personne, pouvant ainsi scruter et analyser chaque élément d’une scène dans ses moindres détails. Mais dans le manoir, les faits se déroulent en temps réel et chacun des sept personnages vie sa propre vie en parallèle de l’intrigue.

Afin de ne pas manquer une seule miette des événements qui se déroulent dans la demeure, nous pourrons heureusement nous téléporter où nous le souhaitons grâce à une mini-carte des lieux et manipuler le temps à loisir. On pourra ainsi suivre une discussion qui a lieu dans une chambre à l’étage, rembobiner, puis aller en suivre une autre dans la cuisine au rez-de-chaussée.

Une mécanique qui rappelle ce qui avait fait la force de Sexy Brutale, sauf que cette fois il ne sera pas possible d’influer sur les événements qui se déroulent sous nos yeux. On remarquera par contre assez vite que les personnages n’ont pas une vie passionnante tout au long du jeu, et certains d’entre eux peuvent rester immobiles dans une pièce pendant de longues minutes.

Port du casque non obligatoire

Quand il s’agit de la qualité graphique du titre, Tequila Works ne peut pas renier la paternité virtuelle du jeu . Les casques de réalité imposent de fortes limitations techniques en termes de résolution et framerate, ce qui impacte forcément le nombre de polygones affichés, les effets etc. Malheureusement, même si le jeu s’est affranchit du casque pour sa version Xbox One, il n’en ressemble pas moins à un jeu Xbox Originale et ce malgré la mention “4K / HDR / Xbox One X Enhanced” sur la fiche du jeu.

Pour conclure, ce portage nous montre que finalement, l’histoire n’avait ni besoin de l’Oculus Rift ni du Playstation VR pour être racontée. Cependant, force est de constater que sans eux, le jeu est amputé d’une grande partie de son intérêt. Le côté pièce de théâtre immersive se transforme alors en jeu narratif sans (presque) aucun élément de gameplay.

+ Les plus

  • L'intrigue et les rebondissements
  • Le concept du jeu
  • Le doublage en français

- Les moins

  • Des graphismes pas à la hauteur
  • Les personnages parfois immobiles de longues minutes
6

Nintendosexuel de naissance, je suis tombé dans la marmite Xbox en 2005 avec l'arrivée de la Xbox 360. Depuis, je me suis fait greffer un pad dans les mains et un casque sur la tête en quête de nouvelles expériences indés ou multijoueurs.

2

  1. Bon en fait on s’ennuie de longs moments… plus de VR… pas de gameplay… autant aller au ciné ?

  2. Convertir des titres VR sur des supports non compatible c’est vraiment particulier comme concept.

Vos réactions

Mot de passe oublié