Test – Moonlighter, les idées ne font pas tout.

Débarqué début juin sur XboxOne, Moonlighter accroche dès les premiers instants. Visuellement très réussi, le jeu attire également par un concept unique : mélanger Rogue Lite et jeu de gestion. Une combinaison autant improbable que brillante qui a pourtant du mal à durer. Récit de mon aventure à Rynoka, ville marchande en déclin.

I Will Survive

Dès les premières minutes, Moonlighter séduit. Immédiatement, le charme de ce jeu en Pixel Art agit et flatte la rétine. Couleurs vives et chaudes, soin apporté aux détails : on sent bien que les développeurs ont bichonné leur titre pour le faire émerger au milieu de la ribambelle de jeux indés qui sort chaque semaine. Et il faut avouer que cela fonctionne bien. Le jeu a sa patte, son univers et, malgré des influences bien visibles, nous n’avons pas le sentiment de jouer à un énième zelda-like sans saveur . La comparaison avec la star de Nintendo ne sera d’ailleurs pas bien longue tant le jeu propose un mélange des genres plutôt riche.

Moonlighter - Combat contre un Boss

Premier pan de gameplay mis à l’honneur dans le jeu, la partie action-RPG est un habile mélange de vieux pots et de bonnes idées. Armé de votre épée ou d’un arc (entre autres) vous pourrez attaquer vos ennemis sur seulement 4 axes. Oubliez les diagonales, Moonlighter repose sur une jouabilité à la Zelda Nes donc. Heureusement, pour vous permettre d’échapper aux attaques provenant, elles, de votre angle mort, vous pourrez réaliser une pirouette. Aussi efficace pour les esquives que pour franchir un petit précipice, cette cabriole sera la principale clé de votre réussite au sein de donjons forcément colonisés par des montres en tous genres.

Car il faut bien avouer que le gameplay de ce Moonlighter est quelque peu rigide. Sans cette petite subtilité qu’est la roulade, le jeu serait très (trop ?) pénalisant et les coups difficilement évitables. D’ailleurs, finir les donjons n’est pas une mince affaire et vous devrez probablement vous y essayer à plusieurs reprises afin de venir à bout du premier. Au nombre de 4, disposés autour de la ville, ces donjons sont tous construis de la même manière. 3 étages, des pièces générées aléatoirement, qui comportent leur lot de trésors et autres monstres avant d’arriver jusqu’au boss. La formule est plutôt simple et serait même très classique si l’aspect gestion ne venait pas apporter un peu de fraîcheur.

Moonlighter - Le client est roi

Fly me to the Moonlighter

Will, le héros que vous incarnez, n’est en effet pas qu’un explorateur nocturne, il est aussi marchand le jour ! Propriétaire du Moonlighter, seul magasin de la ville, c’est ici que vous découvrirez la partie gestion du jeu. Eh oui, tous les objets trouvés dans les donjons peuvent être vendus. Parti pris intéressant, ce sera à vous de découvrir le bon prix pour chaque produit. Par le biais de smileys suffisamment expressifs, vous comprendrez quelle appréciation ont vos clients de votre politique tarifaire. A vous alors d’ajuster les prix jusqu’à trouver ceux qui assureront votre pérennité. Pratique, tous les montants sont recueillis dans un carnet qui vous sert de mémo. Bien entendu, vous saurez très vite quels objet laisser sur votre route et lesquels récupérer pour votre clientèle. L’argent ainsi recueilli servira non seulement à upgrader votre inventaire mais également à faire croître votre magasin.

Cerise sur le gâteau, vous pourrez également développer d’autres commerces locaux plus ou moins utiles. Évidemment pour ne pas vous faciliter la tâche, votre sac n’est pas extensible à l’infini. Il faudra lors de vos “balades” faire le tri dans l’inventaire et vous casser un peu la tête. Oui car certains objets très demandés sont “maudits”. Par cela, il faut comprendre qu’ils exigeront d’être pour certains en haut à gauche, d’autres en bas, certains devront être coller à un type précis d’objet, voire même être à côté d’un autre objet “maudits”. Bref, ces trouvailles vous obligent à vous montrer ingénieux dans le rangement de votre inventaire sous peine de ne pouvoir les embarquer. Drôle 5 minutes, ce concept devient vite lassant tant la gestion de la chose n’est pas optimale. Et pour être tout à fait franc, c’est même tout le jeu qui finit par lasser.

Et c’est la même chanson

Le jeu est pétrit de qualités mais malheureusement la mayonnaise a du mal à prendre. Passer les premières heures nécessaires à développer son personnage, le jeu est une succession de phase identique. On farme, on détruit monstres et boss, on vend, on upgrade magasin et héros puis on recommence. La vingtaine d’heures nécessaires pour terminer l’aventure consiste finalement en une répétition des mêmes actions. Un vrai problème de game design qui ne réussit pas à se renouveler suffisamment pour tenir sur la longueur. Restera de Moonlighter de bonnes idées mais une exécution bancale. A réserver aux amoureux de jeux indés qui ont un peu trop de temps devant eux.

+ Les plus

  • Visuellement très joli
  • La découverte des genres
  • Un cachet unique
  • Intégralement en Français

- Les moins

  • Vite répétitif
  • Vite répétitif
  • Vite répétitif
6.5

Après m'être plongé dans des esprits aussi torturés que brillants et vécu des expériences dont la singularité n'égale que leur étrangeté, j'ai décidé de jouer. Alors je joue :)

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