Test – A Plague Tale : Innocence, les rats quittent le navire !

Imaginé à Bordeaux, dans les locaux de Asobo, A Plague Tale : Innocence est un jeu que l’on qualifiera de double A. Développé uniquement par un studio indépendant, le titre a tout de même bénéficié d’une communication importante dans les médias spécialisés. Il faut dire que les premiers trailers et séquences de gameplay mettaient l’eau à la bouche. L’ambiance glauque à souhait du moyen âge pestilentiel, couplée à la fragilité des protagonistes, donnaient envie de se lancer dans l’aventure. C’est maintenant chose faite et voici mon verdict.

Le jeu étant très narratif, et afin d’éviter les spoils de zones non montrées, les images du test sont des images fournies par l’éditeur au fil de la campagne marketing.

Un postulat…. basique

L’action prend place dans la France de 1349. Une période importante de notre histoire puisque la guerre de cent ans éclate, et la peste frappe aux portes de l’Europe. C’est dans ce contexte que nous contrôlons Amicia, jeune fille de 14 ans issue de la noblesse. Les jours semblent heureux pour elle, à tel point que nous partons vagabonder dans une forêt luxuriante avec notre papounet. 

Cette balade bucolique fait office de tutoriel très convenu qui nous servira tout au long de l’aventure. Les mécaniques de jeu sont simples : les hautes herbes nous cachent si nous sommes accroupis, courir fera du bruit et alertera nos ennemis, lancer des projectiles sur les caisses bruyantes détournera leur attention. 

Passée cette promenade, les choses sérieuses commencent et beaucoup de sang coule. Vous voilà en fuite avec votre petit frère Hugo (et on va en parler de lui, croyez-moi) face à une inquisition qui semble vouloir s’emparer à tout prix de lui. Fin de l’aventure bucolique, place au pire Moyen-âge possible. Vous découvrirez vite vos deux ennemis principaux, les Anglais et les rats !

Une Ambiance réussie pour une technique en demi-teinte

Il faut savoir que Asobo utilise son propre moteur graphique, et s’il n’est pas parfait dans sa gestion de l’éclairage, le rendu général peu s’avérer particulièrement bluffant. Les couleurs pastels sont magnifiquement rendues et il n’est pas rare de penser se trouver devant une toile de maître tant la direction artistique nous explose au visage sur certains panoramas. Cela nous donne vraiment envie d’explorer ce monde et les quelques documents historiques à récolter finiront de vous passionner pour cette période aussi sombre que réelle.

Coté technique nous regretterons néanmoins quelques soucis gênants. L’IA, par exemple, est clairement aux fraises. Les gardes sont d’une débilité affligeante (ce sont des anglais certes, mais quand même !) et se feront piéger par vos subterfuges carrément grossiers (Oh ! cette casserole fait du bruit pour la 6ème fois, retournons la voir) 

Le rendu des rats, mis en avant lors de la campagne promotionnelle du jeu, est un peu plus convaincant. Même si, au final, les mammifères puants pourraient tout à fait être remplacés par de la lave ou n’importe quelle substance corrosive puisque leur fonction consiste le plus souvent à simplement nous barrer la route.

Plus grave, il peut arriver qu’une cinématique ou un script ne se lance pas, ou que le pathfinding fasse des siennes avec nos coéquipiers. Dans ce cas, pas le choix, on redémarre la partie.

Un gameplay aussi simple qu’agréable

Si l’ambiance de A Plague Tale : Innocence est singulière et extrêmement bien travaillée, son gameplay est un peu plus simple. Votre aventure vous mènera vers des couloirs et arènes où vous devrez faire preuve de discrétion lors des infiltrations, de logique pour les puzzles et de rapidité pour les combats et fuites. Tout ceci armé de votre fronde qui pourra être améliorée tout au long de l’aventure grâce à des éléments récoltés (cuir, tissus, etc…).

La bonne idée est que ces éléments sont les mêmes autant pour fabriquer des munitions spéciales pour votre fronde, que pour l’améliorer. Il vous faudra alors choisir si vous utilisez cette dernière comme une mitraillette ou comme un fusil de précision.

« La meilleure arme c’est le savoir ! ». Vous apprendrez donc très tôt dans l’aventure à maîtriser l’art de l’alchimie, permettant à votre fronde d’allumer des brasiers par exemple. Ces améliorations, fort bienvenues, ne seront au final qu’un prétexte à corser un peu plus un challenge qui ne volera jamais bien haut. Car oui, A Plague Tale : Innocence est facile. Trop facile, et l’idée de finir le jeu à 100% n’est pas passionnante puisque la rejouabilité est quasi inexistante.

Hugo pas délire

Pour finir parlons de Hugo. Votre petit frère de 5 ans que vous n’avez quasiment jamais connu sera votre compagnon d’infortune et ce ne sera pas une mince affaire !

Alors certes, je n’ai jamais trop aimé les enfants à la TV et les émissions type « The Voice Kid » me donnent envie de tous les gifler. Mais Hugo, quelle tête à claque ! Ce gamin est un boulet sans avoir besoin d’être le fils du président (coucou Resident Evil 4). Chacune de ses actions vous donnera envie de l’abandonner au bord d’une autoroute. Vous ne pouvez pas vous éloigner de lui sinon il criera et alertera les gardes. 99% du scenario est justifié par ses décisions idiotes du type « je cours devant car je boude même si il y a 120 gardes armés ». 

Si je comprend parfaitement la volonté des développeurs de nous mettre dans la peau d’un enfant innocent et fragile, la jauge de naïveté à, semble-t-il, été trop poussée. Cet enfant n’est tout simplement pas attachant, au contraire. N’est pas The Last Of Us qui veut…

Au final c’est le parfait 50/50

50% pourrait être un score parfait pour ce titre qui semble contrer tous ses défaut par une qualité équivalente. Les visages sont inexpressifs ? Oui mais les paysages sont somptueux ! L’aventure est linéaire et facile ? Oui mais elle est agréable ! Le scenario est convenu ? Oui mais l’ambiance est superbe. Hugo est insupportable ? Oui il l’est vraiment !

Je recommande tout de même ce jeu pour son ambiance et son aventure agréable. Apres tout, nous n’allons pas au cinéma pour voir absolument des chefs-d’œuvre. De belles œuvres, avec leurs défauts, suffisent souvent à nous faire dépenser quelques deniers. Et je rappelle que A Plague Tale : Innocence est proposé à 50 euros contre 70 pour bien des jeux de moins bonne qualité.


Critères d’accessibilité

Déficience VisuelleDéficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée) Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

Affichage TV4KJeu fourni par l’éditeurNon
ConsoleXbox One XTemps passé sur le jeu10 – 20 heures
Niveau de difficultéN/AJeu terminéOui

 

+ Les plus

  • Parfois vraiment magnifique
  • L'ambiance du 14eme siècle bien retranscrite
  • Un gameplay simple qui contentera tout le monde
  • Certains personnages réussis

- Les moins

  • Manque d'émotion
  • Bien trop facile
  • Hugo, le pire des enfants
Joueur endurci ayant débuté sur Amstrad et MSX, Xbox me procure la sensation de faire parti d'une caste de paria. Mon dieu personne n'y croit, et pourtant c'est lui qui vous sauvera.

5

  1. Merci pour le test.

  2. Merci pour ce test même si tu m’a spolié dès le titre. Il est donc bien mais pas autant qu’on pouvait le croire. Reste un bon titre avec une ia aux fraises.

  3. Après avoir fait les 4 premiers chapitres je suis assez d’accord avec toi, sauf pour Hugo, pour l’instant ça passe, ça reste un gamin :)

  4. Bon test, merci.

  5. Je reviens sur le test, les gens sur les réseaux sociaux débordent de compliments et d’amour pour le titre. Plutôt cool pour un AA et français. Ça fait plaisir. C’est visiblement aussi une sacré usine à screenshot comme titre. De plus en plus tenté !

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