Test – Blazing Chrome, da Contra killah !

D’aussi loin que je me souvienne, Metal Slug 2 fut pour moi un choc. Habitué aux consoles de salon et aux bornes d’arcade, j’avais à l’époque le sentiment d’avoir déjà joué aux plus grands jeux proposés par l’industrie. La Playstation faisait régulièrement des détours par mon salon alors que la Nintendo 64 y trônait fièrement. Néanmoins, à l’heure où la 3D explosait, je conservais une forme d’affection toute particulière pour les jeux en 2D. Alors, quand mes mains se posèrent sur le titre de SNK, ce fut la révélation. Les images de Contra me revenaient d’un seul coup en pleine face et je rêvais d’un jeu réunissant les qualités de chaque titre. Bien sûr, voir Konami et SNK collaborer relevait du fantasme. C’est ainsi que cette idée de voir le meilleur des deux mondes dans un seul et même jeu s’est rapidement tassée dans un coin de mon esprit jusqu’à ne plus être qu’un lointain souvenir. 20 ans plus tard, ce gamin de 13 ans vient de refaire surface pour découvrir avec stupéfaction que son rêve porte désormais un nom : Blazing Chrome.

S’il était sorti au milieu des années 90, je suis prêt à parier que Blazing Chrome aurait eu un succès fou. Certes le genre était roi en ce temps, mais, malgré la concurrence de Contra/Super Probotector et des autres licences cultes, je suis intimement convaincu que le titre de JoyMasher se serait rapidement fait un nom. Car à dire vrai, le jeu n’est pas seulement un hommage aux titres de Capcom ou de SNK. Il est en réalité le meilleur de ces deux écoles. Pas besoin d’aller plus loin pour vous le dire : Blazing Chrome n’est rien de moins que l’exécution quasi parfaite de tous les éléments qui définissent le run’n gun. Voilà, le décor est posé.

Finition Chrome

Dans Blazing Chrome nous incarnons la résistance. Alors que le monde est à la merci des Intelligences Artificielles, nous représentons les derniers espoirs de l’espèce humaine. Dans des décors que ne refuseraient pas Terminator ou Mad Max, il faudra donc aller botter des culs métalleux. Oui c’est un scénario écrit par Stallone, et alors ? On vous a dit que c’était année 90 powa ! D’ailleurs, les protagonistes que vous dirigerez sont, eux aussi, de composition. Mavra est une super soldat tandis que Doyle s’avère être un robot repenti à la cause humaine. Point commun entre les deux ? Ils s’affichent magnifiquement, et cheveux au vent, dans un style Pixel art vraiment maitrisé.

Blazing-Chrome-Moto

Au premier coup d’œil, le rendu à l’écran est vraiment très proche de ce que nous connaissions à l’époque 16 bits. L’affiliation avec Contra est évidente et j’ai rapidement retrouvé des sensations en provenance de ma Snes. Mais en prenant le temps de bien détailler l’affichage, il faut reconnaître que le tout est en fait bien supérieur aux références de l’époque. Mavra et Doyle ont par exemple des animations particulièrement riches. Leurs corps accompagnent le recul de chaque arme, les douilles pleuvent sur le sol et leurs mouvements sont d’une fluidité exemplaire.

Les décors sont eux aussi très finement travaillés et détaillés. Ces derniers regorgent de détails et offre une lisibilité parfaite de l’action. Mieux, Blazing Chrome évite l’écueil classique de l’absence de variété en offrant différents lieux pour chaque mission. Les environnements vous feront ainsi passer d’une ville en ruine à des forêts enneigées jusqu’à l’intérieur de centres militaires ennemis. Une variété qui fait plaisir à voir d’autant qu’elle ne se cantonne pas qu’aux décors : le gameplay révèle, lui aussi, quelques surprises.

Pas de place pour les blasés

Composé de 6 missions, le titre brille en effet par la diversité de son gameplay. Chaque stage est découpé en 4 parties et chacune proposera des approches différentes. Ainsi, si Blazing Chrome démarre de manière tout à fait classique avec du défilement de gauche à droite, vous aurez très vite à vous adapter. Suspendu en train de tirer sur des ennemis en contrebas, aux commandes d’une moto occupé à esquiver nombre d’obstacles ou encore en Jetpack dans des tunnels infestés d’ennemis, je ne me suis jamais retrouvé deux fois dans la même configuration. Et ce n’est ici qu’une partie des nombreuses séquences en véhicules que vous découvrirez. Celles-ci apportent véritablement de la fraicheur et une certaine forme d’excitation au joueur. On prend plaisir à découvrir les idées qu’ont eues les développeurs et on attend avec impatience la prochaine surprise qui s’offrira à nous.

Blazing-Chrome-Suhaila

En parlant de plaisir, difficile également de ne pas mentionner les boss et mid-boss. Inhérents aux run’n gun, ces derniers sont bien évidemment de la partie et réjouiront les amateurs du genre. Occupant généralement tout l’écran, les boss sont le gros morceau du jeu et vous prendront sans doute quelques vies. Le temps de découvrir leurs paterns et de pouvoir donc passer entre leurs coups. Ici aussi la variété est de mise puisque vous aurez tantôt affaire à un immense robot, tantôt à une araignée géante. Ah, et je vous ai parlé de votre double maléfique ?? Bref, vos adversaires sont coriaces, plutôt bien inspirés et vous donneront du fil à retordre. Mais, autant que vous le sachiez, c’est en réalité tout le jeu qu’il vous faudra dompter.

A l’image de la surprise qu’avait pu être Cuphead pour un certain nombre de curieux, Blazing Chrome n’est pas le jeu le plus simple à finir. Ceux parmi vous qui ont connu le run’n gun à l’époque de nos 16 bits le savent que trop bien : il faut mourir pour réussir ! Et évidemment le jeu de JoyMasher n’échappe pas à la règle, certains passages étant vraiment difficiles à franchir de prime abord. Les ennemis arrivent de tous les côtés, les tirs se multiplient à l’écran et on ne sait plus où donner de la tête. Cela étant, après quelques tentatives les réflexes s’acquièrent et l’on peut donc aisément passer à la suite des festivités.

Tout est sous contrôle

D’ailleurs, il est bon de préciser que les plus novices d’entre nous pourront profiter d’un mode de jeu facile, idéal pour découvrir le genre et se faire la main. A l’inverse, les plus acharnés et amateurs de défis extrêmes auront le plaisir de débloquer un mode hardcore ET un mode miroir. Je vous laisse imaginer à quoi ressemblent les premières incursions dans un monde où tout est inversé et les ennemis bien plus performants. Mieux vaut avoir du self-contrôle à revendre !

Blazing-Chrome-Raijin

Une fois en jeu, et quel que soit la difficulté choisie, vous découvrirez que Blazing Chrome répond au doigt et à l’œil. On tire, on saute et on progresse au rythme des ennemis que l’on terrasse, fusil à la main. En cours de niveaux, vous pourrez cumuler jusqu’à 4 armes différentes pour vos personnages de bases. La classique mitraillette, un fouet électrique, un lance grenade et un rayon laser surpuissant viendront ainsi accroître vos capacités létales. Chaque arme sera plus ou moins efficace selon les circonstances et vous passerez de l’une à l’autre en une simple pression sur la gâchette. Malheureusement, en cas de faux pas, vous perdrez non seulement la vie mais également une de vos armes.

Les armes ne sont d’ailleurs pas les seuls power-up que vous trouverez sur votre route. Des bonus seront ainsi disséminés dans les stages pour vous offrir, au choix, un bouclier de défense, une espèce de drône d’attaque qui balancera sans cesse des balles sur vos adversaires ou encore des capacités physiques accrues avec notamment l’apparition d’un double saut. Là encore, un peu de stratégie ne fait pas de mal et selon la situation j’étais bien heureux d’avoir choisi l’un ou l’autre de ces bonus. A vous de trouver votre style et la stratégie qui va avec donc.

Sans fausse note

Pour boucler le jeu une première fois, comptez environ 3 à 4 heures de jeu selon votre skill. Vous débloquerez alors le mode hardcore, le mode miroir, 2 nouveaux personnages ainsi qu’un mode où vous affronterez les boss à la chaîne. Chaque niveau de difficulté vous offre un nombre de vies et de continues bien différents. Dans l’aventure en mode normal, vous pourrez reprendre votre jeu de manière infinie au début de la dernière partie atteinte. En mode hardcore, c’est en 3 vies et 5 continues que vous devrez boucler votre quête. Une forme d’exploit qui mérite bien quelques succès.

Blazing-chrome-explosion

Les deux personnages supplémentaires offriront, de leur côté, une approche bien différente puisqu’ils sont tous les deux des experts du corps à corps. A ce titre, Suhaila propose une rapidité d’action et une force de frappe incomparable. Mais pour vous en sortir vous devrez être au plus proche de vos ennemis et donc au cœur du danger ! Cela dégage une forme de tension assez extrême mais particulièrement jouissive lorsque vous finissez, poing serré, par savourer votre victoire contre un boss de fin de niveau !

Pour terminer sur Blazing Chrome, je me dois de mentionner la partie sonore du titre. Encore une fois, tout y est. Les musiques sont directement issues de nos cassettes audios tandis que les sons accompagnent à merveille l’action. Même l’écran-titre du jeu respire les années 90 grâce l’utilisation d’un vocoder pour prononcer le titre du jeu. Chaque moment est un régal pour les oreilles et je vous avoue même avoir adoré le générique de fin. Je ne sais pas à l’heure actuelle s’il s’agit d’une composition pour le jeu ou d’un titre édité à l’époque mais la musique utilisée pour les crédits est tout bonnement géniale et vous fera hocher la tête comme un petit chien à l’arrière d’une voiture. Je prie désormais pour que cette OST soit disponible le plus rapidement possible sur les différents services de streaming !

Mon rêve porte un nom : Blazing Chrome

Nous espérions un jeu capable de rivaliser avec les mythes du run’n gun de l’époque 16 bits et nous avons finalement droit à l’un des tout meilleurs. Bourré de qualités et presque dénué de défaut, Blazing Chrome s’impose comme le nouveau porte-étendard des amoureux des 90’s. Beau, fluide, précis, respectant sans trop en faire les codes d’antan, le titre se révèle être un incontournable. Le gamin que j’étais à l’époque aurait sans aucun doute passé des heures et heures sur le titre pour son plus grand plaisir. Agé aujourd’hui de 33 ans, je dois reconnaître finalement ne pas avoir tant changer et m’éclater comme à l’époque sur ce Blazing Chrome. Avec ce titre, le studio brésilien frappe fort et marque son territoire. C’est bien simple, avec une philosophie très différente, Joy Masher s’installe aux côtés de Studio MDHR comme gardien et digne héritier d’un genre anciennement roi. Une reconnaissance dont je ne les croyais probablement pas capable jusqu’ici. Chapeau.


Critères d’accessibilité

Déficience VisuelleDéficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée) Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

Infos TV 4K HDRJeu fourni par l’éditeur Oui
Console Xbox One XTemps passé sur le jeu 8 heures
Niveau de difficulté Facile Normal DifficileJeu terminé Oui

 

+ Les plus

  • Le Pixel art maîtrisé
  • La BO so nineties
  • Le gameplay précis
  • Les animations riches et détaillées
  • Les boss inspirés
  • La variété des situations
  • La musique de fin !
  • Suhaila <3

- Les moins

  • Quelques tirs difficiles à sortir avec le lance grenade lors d'un saut
  • J'en veux encore !!!!
Après m'être plongé dans des esprits aussi torturés que brillants et vécu des expériences dont la singularité n'égale que leur étrangeté, j'ai décidé de jouer. Alors je joue :)

4

  1. Je vais essayer d’aller y faire un tour pour en baver

  2. Merci pour le test et merci le game pass.

  3. Eh bien ! C’est une belle lettre d’amour que voilà ! Je m’en vais de ce pas me le dl pour souffrir un peu :)

  4. La nostalgie n’est plus assez forte pour que je passe le cap graphique malheureusement.

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