Test – Call of Duty : Vanguard, Opération mi-figue mi-raisin

Fondé en 2009 par Glen Schofield et Michael Condrey, Sledgehammer Games devient le troisième studio majeur en charge de Call of Duty. Après avoir aidé Infinity Ward sur Modern Warfare 3, le studio fait un bond dans le futur avec Advanced Warfare (2014), puis revient à la Seconde Guerre mondiale avec WWII (2017), une époque qui avait fait le succès de la licence à ses débuts. Il s’agit du dernier jeu avec le duo Schofield-Condrey à la tête du studio puisque les deux vétérans ont pris des chemins différents. Sledgehammer repart sur de nouvelles bases alors que le studio participe au soutien des jeux d’Infinity Ward et Treyarch. Pour rappel, leur nouveau projet devait sortir l’année dernière, mais ce fut Black Ops – Cold War qui fut privilégié dans un jeu de chaises musicales orchestré par Activision. Face à la volonté d’Activision de créer une narration reliant Modern Warfare et Black Ops avec Warzone, Sledgehammer veut enfin créer sa propre série Call of Duty. Est-ce que le studio réussit son pari avec Vanguard ? Réponse dans le test de sa campagne solo.

The “Unusual” Usual Suspects

Dans ce nouvel opus, Sledgehammer continue d’explorer la guerre de 39-45 à une échelle plus grande par rapport à WWII. L’équipe narrative du studio raconte la naissance des forces spéciales en s’inspirant de faits réels et d’individus ayant participé au conflit. Task Force One est une nouvelle unité au sein du SOE, le service secret britannique créé par Winston Churchill. Surnommée Vanguard, cette équipe atypique et non-conventionnelle est dirigée par Arthur Kinglsey. Il est épaulé par cinq opérateurs : son bras droit Richard Webb, la tireuse d’élite Polina Petrova, l’expert en démolition Lucas Riggs, le pilote casse-cou Wade Jackson et enfin Novak, un perceur de coffres que l’on incarne dès la première mission.

L’histoire débute en 1945. Les opérateurs de Vanguard infiltrent la base navale d’Hambourg afin de s’emparer d’un coffre contenant des informations sur le projet Phénix. Malheureusement, ils sont capturés par le chef de la Gestapo, l’Oberst-Gruppenführer Hermann Freisinger. Cet antagoniste fait une introduction fracassante à travers son duel psychologique entre lui et le chef d’équipe de la Task Force One. Cette passe d’armes verbale se termine mal pour un membre de l’équipe. Les survivants sont amenés en prison où ils seront interrogés par Jannick Richter, le bras droit de Freisinger.

Les scénaristes utilisent une narration sur deux temps. Au présent, nos héros interrogés les uns après les autres par Richter. Ce qui nous amène ensuite à explorer le passé de quatre protagonistes : Arthur, Polina, Wade et Lucas. Leurs histoires se déroulent durant les moments les plus décisifs de la Seconde guerre mondiale. Je regrette les cas de Richard et Novak, des personnages sacrifiés par rapport aux autres héros. Je pense qu’ils méritaient un background plus développé. En revanche, les antagonistes de Vanguard figurent parmi les plus réussis de Call of Duty. Froid et calculateur, Freisinger veut perdurer l’idéologie Nazie grâce au Projet Phénix, tandis que Richter est un bureaucrate sadique qui pense avoir le contrôle sur ses prisonniers.

Le scénario de Vanguard est basique et sent le déjà-vu dans ses morceaux de bravoure. Malgré cela, j’ai été surpris par le suspense qui règne dans le jeu de faux-semblants entre nos héros, Freisinger et Richter, ce dernier étant entre deux feux. Toutefois, la fin m’a donné l’impression qu’il s’agit d’une longue introduction à une intrigue de grande ampleur prévue au prochain opus. En plus d’ouvrir une sorte de multivers reliant les autres séries de Call of Duty, elle relève également du fan-service à outrance avec des références connues à Black Ops et Zombies. Je suis à la fois curieux et perplexe de voir comment Activision va gérer ce multivers qui lie VanguardBlack Ops et Modern Warfare.

Une dimension épique très bien travaillée

La campagne de Vanguard est composée de neuf missions entrecoupées par des cinématiques à la réalisation impeccable. En termes d’images et de mise en scène, on ressent bel et bien la patte de Hoyte Van Hoytema. Réputé pour son travail avec Sam Mendes et Christopher Nolan, le directeur de la photographie a été appelé par Sledgehammer en tant que consultant sur Vanguard. La collaboration entre le studio et Hoytema a été très fructueuse puisque Vanguard possède une cinématographie très riche digne d’un grand blockbuster hollywoodien.

L’introduction de la deuxième mission (Opération Tonga) propose une excellente transition entre la cinématique et le gameplay à travers un plan-séquence en vue subjective. Un parfum post-apocalyptique règne sur Stalingrad avec ses retombées de cendres après l’attaque nazie et son paysage glacial lors d’un duel entre snipers. La claustrophobie se ressent dans les combats rapprochés et les séquences d’infiltration.

Le sound design du jeu est extrêmement bien travaillé, notamment au niveau des armes et de leur comportement. Il est fortement conseillé de jouer la campagne avec un casque audio sous Dolby Atmos afin d’être en immersion totale. Le doublage français est plutôt bon, même si la VO nous propose des visages connus tels que Laura Bailey en Polina ou encore Dominic Monaghan qui surprend dans le rôle de Richter. Enfin, Bear McCreary signe une bande originale épique. Le compositeur inscrit son propre style dans l’univers Call of Duty en mélangeant percussions, chorale, violons et musique électronique.

Gameplay basique et problèmes techniques

Le Gameplay ne change pas : tirer, se mettre à couvert et recharger son arme sont les maîtres-mots si vous voulez survivre. Il y a quelques nouveautés, comme la possibilité de tirer dans le vide en se mettant à couvert. Nos quatre protagonistes disposent de compétences particulières (ex: Arthur peut donner des ordres, Lucas embarque quatre projectiles, etc…). Mais au final, elles ne servent pas à grand chose et semblent plus anecdotiques.

La campagne de Vanguard manque de variété, notamment sur les phases de véhicules. En effet, il y aurait été préférable que la bataille d’Al-Amein puisse bénéficier d’un passage avec un tank. De plus, Vanguard fait un peu du copier-coller sur d’autres opus de Call of Duty. Deux exemples : la mission où Wade tente d’échapper discrètement aux Japonais rappelle celle de la jungle dans Call of Duty : Ghosts. Idem pour la course-poursuite dans le tunnel de Berlin qui fait penser à celle du métro londonien dans Modern Warfare 3.

Hélas, Vanguard souffre sur le plan technique, en témoigne l’absence du HDR sur la version Xbox One. Il arrive que le jeu se crashe, en particulier lors de la dernière mission. On note la présence de différents bugs d’affichage : des glitchs sur les visages de certains personnages ainsi que des écrans noir dans l’avant-dernière mission. Hélas, comme c’est de coutume avec Call of Duty, l’IA n’a pas progressé d’un iota. Les alliés gênent dans les déplacements, que ce soit en plein combat ou dans une phase discrète. Et puis, il y a toujours ce problème d’ennemis en surnombre qui date de la mission Sanglier de Call of Duty 4 : Modern Warfare. Autrement dit, impossible de compter sur ses propres alliés pour se sortir d’une situation inextricable.

CONCLUSION

Comme d’habitude, Call of Duty : Vanguard remplit le cahier des charges du Blockbuster hollywoodien. Malheureusement, sa campagne solo est d’un niveau en-dessous par rapport au reboot de Modern Warfare et Black Ops – Cold War. De plus, la partie technique et graphique a été négligée par Treyarch sur la version Xbox One au profit des Xbox Series X|S. Sledgehammer avait toutes les cartes en main pour créer un opus mémorable. Au lieu de ça, le studio s’est reposé sur ses lauriers en espérant que leur jeu connaisse un grand succès. Au vu des chiffres de ventes décevants, il est fort probable que Vanguard ne connaisse pas de suites comme le prévoyaient les développeurs. Dommage, car cet opus avait du potentiel.

Critères d’accessibilité

Déficience Visuelle Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée) Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

Détails TV TV 4K Jeu fourni par l’éditeur non
Console Xbox One S Temps passé sur le jeu 6 à 8 heures
Niveau de difficulté Normal Jeu terminé Oui (campagne)

+ Les plus

  • Excellente cinématographie
  • Des personnages bien caractérisés...
  • Bande-son épique et sound design explosif

- Les moins

  • Durée de vie trop courte
  • ...mais qui relèvent des mêmes stéréotypes
  • Manque de variété dans les missions
  • L'IA aux fraises
  • Aspect technique négligé sur Xbox One

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