Test – Chorus, naissance d’une étoile

Avant de commencer ce test , je me suis longtemps posé la question sur ce que je savais exactement sur le titre. Le constat fut assez simple : pas grand chose. Ni sa première présentation durant l’Inside Xbox de 2020, ni la petite minute de gameplay durant la Gamescom de la même année ne m’avaient permis de cerner distinctement le jeu de Deep Silver et FishLabs. Pourtant son univers résolument S.F. et ses combats spatiaux m’intriguaient toujours un peu plus. Aujourd’hui, je peux vous le dire. Je suis heureux de ne pas être passé à côté de celui-ci et on passe en vitesse subluminique vers les explications.

Je Nara, tu Nara, il Nara …

Vous êtes Nara, combattant d’élite au service du Cercle qui tente à sa manière de rétablir la paix et l’harmonie dans la galaxie après de longues périodes de guerres civiles. Cette forme d’équilibre que veut établir cet ordre est appelé Chorus. Guidé par Le Grand Prophète et aidé par des entités divines répondant au nom des Sans-Visages, ce mouvement prit vite une tournure un peu trop sanglante pour Nara. Aveuglée par sa rage et son obéissance, elle précipita la planète Nimika, foyer de l’humanité et de la résistance, vers sa destruction. Le choc fut terrible pour l’héroïne qui, couverte de honte, partit en exil. Et c’est à partir de ce moment là que vous prendrez les commandes de votre aventure. Vous devrez ainsi faire face à vos anciens alliés pour protéger votre nouvelle maison et vos coéquipiers.

Première chose à savoir, le jeu est bavard. Mais vraiment très bavard. Les discussions avec les différents protagonistes, son vaisseau “Forsaken” ou bien avec vous-même, seront légion et rythmeront vos escapades spatiales. On profitera d’ailleurs d’une excellente VO sous titrée en français de fort belle manière. Malheureusement, on devra faire face aussi au syndrome Rockstar où le titre n’hésite pas à lancer des lignes de dialogues pendant des phases plus délicates. Ainsi, il se pourrait que vous soyez plus occupé à viser correctement un ennemi que de prêter attention aux diverses interventions des personnages. D’ailleurs, une phase d’échanges pourra être interrompue par une mission aléatoire qui apparaitrait dans les environs. Dommage. Mais heureusement ces faits sont plutôt rares et on pourra profiter sereinement du scénario sans trop d’éléments perturbateurs. Un doublage en français aurait été le bienvenue même si, au regard du prix du jeu et du budget nécessaire, c’était sans doute compliqué.

Mais ne boudons pas cet état de fait car l’ensemble scénaristique est l’une des grandes forces de Chorus. Tout y est distillé de manière intelligente, sans trop de fioritures, mais encore une fois amené grâce à ces échanges de qualité. Le ton y est souvent sérieux et sombre. Nara nous partage ainsi régulièrement ses pensées et ses doutes sur son ancien endoctrinement à travers plusieurs cinématiques ou en conclusion d’un dialogue. On traverse avec elle son long combat mental et physique vers la rédemption en replaçant les pièces du puzzle qui lui manquent pour se libérer de l’emprise du Grand Prophète.

Pew Pew Pew mais dynamiques !

L’autre grande force du jeu, et fort heureusement, ce sont les escarmouches spatiales. Si le début reste somme toute assez classique, les possibilités de gameplay se densifient assez rapidement avec les rites. Ces derniers se présentent comme des pouvoirs oubliés que Nara devra se réapproprier pour gagner en force. Ainsi, vous pourrez vous téléporter vers un adversaire pour le cibler plus rapidement, ou lancer un éclair qui déboussolera la cible quelques secondes. L’ensemble rend très vite les affrontements nerveux et jouissifs. Il se pourrait qu’avec du doigté, certaines de vos rixes puissent ressembler à de jolies chorégraphies interstellaires.

Mais certains antagonistes ne se laisseront pas faire et les capacités de certains pourraient vous donner du fil à retordre. C’est d’ailleurs quand vous affronterez les “Sans-Visages” que les choses vont parfois se tendre un peu plus avec les quelques boss en point d’orgue. Malgré tout, il est quand même à signaler que le principal défaut soit le manque de lisibilité des objectifs lors d’assauts très fournis surtout contre ces derniers. C’est encore une fois pas excessivement fréquent mais cela pourrait crisper certains joueurs moins habiles que d’autres. Le jeu permet, d’ailleurs, de paramétrer sa difficulté de plusieurs paliers qui pourront contenter la plupart avec un mode supplémentaire “Mort Définitive” pour les plus téméraires.

L’autre moyen que vous pourrez utiliser pour vous débarrasser de tous ces vilains est bien entendu votre vaisseau. Vous aurez la possibilité de le customiser en l’équipant de nouvelles armes plus puissantes ou de nouveaux modules pour le rendre plus efficace ou résistant. Vous pourrez soit dépenser vos crédits glanés ici ou là dans les hangars présents dans les bases principales de chaque région, soit en effectuant certaines quêtes secondaires qui, parfois, vous récompenseront de certains équipements rares. Car oui, le jeu possède une forme de hiérarchie dans la qualité des modules ou des armes récupérées ou achetées. Malheureusement, le système n’est pas assez riche à ce niveau et vous vous retrouverez assez vite avec une tonne de crédits sans trop savoir quoi en faire au final. Ne vous évertuez pas donc, à faire toutes les missions aléatoires qui pourraient apparaitre. En plus d’être très vite redondantes, elles n’apportent pas grand chose dans l’évolution de votre aéronef. Cet aspect du jeu aurait gagné à être plus développé pour un gain non négligeable dans l’intérêt à effectuer les quêtes secondaires. Cela aurait aussi permis un enrichissement dans l’approche tactique des joutes.

60 FPS c’est la vie !

J’aurais pu vous faire plusieurs paragraphes sur la teneur technique du jeu et vous dire que Chorus n’est pas parfait. Oui on aurait pu espérer sans doute plus beau, plus fouillé, plus détaillé. Mais, selon moi, les développeurs ont réussi à mettre en scène un univers détruit, divisé et austère tout en maintenant un standard qualitatif actuel. Je ne vous conseillerais que trop d’en profiter en 60 images par secondes. Le titre en exploite tellement toute sa teneur lors de ses moments les plus excités !

Je m’attarderai encore une dernière fois sur le gameplay qui, grâce à ce sacro-saint nombre d’image par seconde, se permet quelques manœuvres inspirées tout droit de certains metroidvania. Rien de bien méchant même si ceux-ci vous demanderont un poil plus de doigté et de précisions. Tout cet ensemble fait que l’on s’ennuie que très peu face à des situations variées et pas trop répétitives lorsque l’on reste loin des missions aléatoires (encore elles !)

CONCLUSION

Je ne savais pas à quoi m’attendre. J’en attendais pas grand chose. Pourtant, j’ai été subjugué par la proposition de FishLabs. Le scénario bien ficelé, porté par une héroïne torturée et son vaisseau inquiétant, transporte Chorus au delà d’un simple shoot nerveux. Il n’est pas exempt de défauts mais ses qualités en font un titre à ne pas louper en cette fin d’année. Un de plus me direz vous ?

Critères d’accessibilité

Déficience Visuelle Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée) Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

Détails TV 4K Jeu fourni par l’éditeur oui
Console Xbox Series X Temps passé sur le jeu 18 heures
Niveau de difficulté Normal- Difficile Jeu terminé non

+ Les plus

  • La direction artistique
  • Le scénario, les personnages et les dialogues
  • Des combats spatiaux grisant
  • Un panel d'adversaires varié
  • Une VO et une localisation française excellente
  • Un 60 FPS divin !

- Les moins

  • Un manque de visibilité des objectifs en plein combat
  • Quelques pics de difficulté sur certains ennemis
  • Un doublage français aux abonnés absents
  • Des missions aléatoires ennuyeuses et sans intérêt
  • Une personnalisation du vaisseau pas assez poussées

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