Test – Darksiders III, fury love

Troisième volet relatant les aventures des quatre cavaliers de l’apocalypse, Darksiders III aura bien failli ne jamais voir le jour. La faute à une gestion financière hasardeuse qui conduisit l’éditeur THQ à déposer le bilan et à mettre la clef sous la porte du studio Vigil Games, détenteur des droits de la série, scellant le sort de la saga dont le deuxième épisode venait à peine d’être mis en rayon.

Fort heureusement, l’Autrichien Nordic Game qui passait justement par-là, profite de faire l’acquisition de la licence à vil prix — le rachat de jeux et de studios c’est un peu le sport national de cette compagnie qui prendra éventuellement le nom de THQ Nordic — et confie le bébé, sans l’eau du bain, à Gunfire Games, créé et composé en majorité par d’ex-employé de Vigil Games.

C’est donc 6 ans après les aventures de Mort que l’on repart au combat afin de restaurer l’équilibre entre les cieux, la terre et les enfers en incarnant cette fois non pas un, mais une cavalière qui répond, pas toujours très gentiment d’ailleurs, au délicat prénom de Fury.

Los cuatro caballeros

Darksiders, c’est avant tout l’histoire de Guerre, le protagoniste du premier épisode qui a été accusé à tort d’avoir déclenché l’apocalypse avant le moment prévu. Celui-ci est a été mis aux fers pendant 100 ans afin de lui faire comprendre qui était le boss entre lui et le conseil ardent, eux-mêmes garants de l’équilibre entre les mondes. À l’instar de Darksiders II, c’est durant ces cent années d’emprisonnement que prennent part les évènements qui nous sont relatés dans le jeu.

La fin du monde a donc eu lieu, c’est un bordel sans nom sur la terre comme au ciel. Le conseil ardent décide d’envoyer Fury, la rebelle punk membre à part entière des cavaliers de l’apocalypse, pas le groupe de metal : l’autre ! Sa tâche sera d’éliminer les sept péchés capitaux, qui s’ennuient sur terre et qui, du coup, ont décidé de réorganiser un peu leurs environnements tout en ayant que trop peu de considération pour les précédents locataires.

Fury accepte le défi en se disant que ce serait un excellent moyen de mettre le pied à l’étrier (héhé) et de gravir les échelons de la profession, elle tend en effet à vouloir devenir la meneuse de sa troupe, une petite démonstration de compétence et un copain enchainé faisant en général office de parfaits motifs de promotions. Afin de s’assurer de la bonne marche des affaires, elle se voit affublée d’une guetteuse aussi bavarde qu’inactive qui saura surtout se rendre utile en tant que guide touristique.

À son arrivée sur terre, elle se retrouve bien vite sur la route de son premier péché, l’envie, qui tient plus du skeksès (the Dark Crystals) que de l’emoji avec des yeux tout baveux de désir. Après quelques pirouettes-cacahouètes, elle finit par dégommer le vilain oiseau et se retrouve comme par enchantement chez une espèce de grand costaud très très vieux surnommé le seigneur des abysses, qui lui explique que le Conseil essaye de l’embrouiller et qu’il faut qu’elle fasse un peu plus gaffe à ses fesses. Malgré son sermon, il fait présent à Fury d’un cadeau de consolation qui devrait l’aider dans la poursuite de sa quête, les abysses de flammes, lui octroyant la capacité de sauter plus haut, et accessoirement, de faire rugir le feu grâce à deux lames rougeoyantes !

 

Ctrl C, Ctrl V

Si la saga n’a jamais brillé par son originalité, elle a tout de même su faire des emprunts aux cadors du genre sans que le peuple crie au plagiat. Tandis que Darksiders premier du nom lorgnait carrément du côté de Zelda pour ses mécaniques et sa manière d’appréhender l’univers, les donjons et ses boss. Darksiders II profitait quant à lui d’un monde semi-ouvert tirant plus sur le hack’n slash tendance RPG avec loot à gogo et moult aller et retour. Darksiders III ne déroge pas à la règle du copier-coller, et donne corps à un meme récurant dans le jeu vidéo actuel, sa darksoulisation !

Le périple de Fury se déroule sur une carte comparable à celle du premier, un monde ouvert complètement interconnecté et rempli de raccourcis et de cachettes secrètes. Le level design est d’ailleurs assez fou et m’a laissé une excellente impression tant par sa construction que par l’homogénéité de l’ensemble. Il y a une certaine cohérence dans l’organisation des lieux et même si la tonalité générale tire plutôt sur le gris vert à tendance post apo – Haven étant les restes d’une ville ravagée par des années de guerre entre le bien et le mal – les zones traversées ont toutes leur propre identité sans jamais s’éloigner d’un motif original.

On pourra tout au plus regretter un manque de variété global étant donné qu’il n’y a que 5 biotopes distincts, et certains raccourcis un peu faciles sous la forme de conduits à arpenter en rampant, mais l’ensemble fonctionne bien et change suffisamment tout au long de l’aventure pour offrir un sentiment de dépaysement à chaque nouvelle zone découverte.

Autre similitude avec son illustre modèle, Darksiders III emprunte à Dark Souls plusieurs mécaniques de levelling sans toutefois être trop extrémiste dans son approche. C’est ainsi qu’il vous sera possible de faire progresser votre personnage en récoltant des âmes de défunts sur les ennemis rencontrés, ou sous la forme d’amas de spectres, disséminés çà et là sur votre passage et utilisables à n’importe quel moment en brisant leur conteneur. Il suffira alors d’un simple détour par un point de télé-transportation, animé par l’affable Vulgrim, pour vous permettra de convertir toutes ces bonnes âmes en expérience, vous octroyant ainsi la possibilité d’obtenir, à chaque palier atteint, un niveau de compétence supplémentaire dans votre vitalité, votre force ou votre magie avec un soft cap apparent une fois passée l’étape 20 de chaque branche.

L’équipement pourra également être amélioré à la forge, et là encore, le système aperçu dans la production de From Software a fait des émules. Chaque arme — il y en a 6 dans le jeu au total toutes liées à l’acquisition de nouveaux pouvoirs grâce au seigneur des abysses — pourra progresser sur une échelle de 1 à 10, et nécessitera des matériaux à chaque fois plus rares pour être montée en grade jusqu’à leur niveau maximum. Chaque pièce d’équipement verra également la possibilité d’être agrémentée d’un trait particulier octroyant ici un bonus d’âmes récoltées, là une augmentation de force ou de magie qui concerneront l’arme utilisée uniquement.

Les derniers motifs apparents faisant la liaison entre les deux jeux consistent à l’abandon de votre moisson de spectre à chaque mort et au repop des ennemis en relation directe avec votre capacité à rester en vie. À l’instar de Dark Souls, la perte de gain n’est pas permanente et votre butin, symbolisé par un amas de spectres bleus virevoltant, pourra être récupéré à l’endroit de votre décès, à la différence que celui-ci ne disparaîtra pas si vous échouez une fois encore avant de reprendre possession de votre bien.

Les âmes serviront également de monnaie dans le jeu, vous aurez la possibilité de les dépenser contre des fioles d’améliorations diverses. C’est votre chaos, votre énergie ou votre force qui bénéficieront entre autres, d’un buff temporaire.

 

Les maux aux cheveux rouges

Darksiders III ne s’enorgueillit pas de son manque d’originalité donc, mais compense par une maîtrise indéniable de son rythme et de son environnement. Le jeu ne propose pas de carte, mais uniquement d’une boussole vous indiquant la direction afin de vous rendre au prochain péché à détruire, le côté metroid vania des instances précédentes n’étant plus le point de mire de cet épisode, il se fait plus discret et emboîte le pas à un monde plus organique, l’obtention de capacités servant moins à progresser qu’à découvrir de nouveaux raccourcis et matériaux. C’est ainsi que les quatre pouvoirs principaux dont vous pourrez bénéficier au fur et à mesure de votre avancée vous permettront tantôt de marcher sur l’eau, de geler des éléments du décor ou de flotter dans les airs durant une période prolongée.

Dégommer du monstre à foison a toujours été le point d’orgue de la licence et les moyens d’y parvenir ont subi quelques modifications depuis la dernière itération du jeu. Fury n’étant pas du genre à manquer les journées musculation des jambes, elle est beaucoup plus mobile que ne pouvaient l’être Guerre ou Mort. Affublée d’un fouet comme arme principale qu’elle utilisera également comme moyen de balancier tel qu’un certain Indiana J (qui a préféré garder l’anonymat pour les besoins de ce test). Elle gagne surtout en flexibilité grâce à une esquive pouvant être suivie d’un contre si la manœuvre est effectuée au moment opportun. Globalement, le jeu est devenu un poil plus difficile, avec des ennemis moins nombreux, mais plus forts, eux-mêmes aidés par une caméra pas toujours bien placée et trop proche de l’action, ce qui viendra ternir des affrontements souvent tendus dès que la quantité d’adversaires augmente. Les combats contre les sept péchés capitaux quant à eux varieront en intensité, mais ont bénéficié de beaucoup de soin dans leur mise en scène.

Petits conseils des amis de l’apocalypse:

  • Ne changez pas la difficulté du jeu en cours de route si vous tenez à vos succès ! J’ai commencé le jeu en difficile, pour ensuite me raviser et revenir sur équilibré, mal m’en a pris puisque le succès correspondant ne s’est pas déclenché à la fin du jeu. Choisissez judicieusement !
  • A l’inverse des épisodes précédents, Il est possible de courir dans Darksiders III en appuyant sur LS, ce qui est bien plus pratique que de spammer la touche d’esquive.
  • Économisez 5 000 spectres dès le départ pour vous offrir l’optimisation “Léviathan non ciblé” qui vous permettra de récolter des âmes en détruisant les objets présent dans le décor, un bon moyen d’accumuler plus de spectres lors de votre périple

Un monde parfait

Darksiders III est un titre délicieusement old school voire un peu désuet quand on le compare aux productions actuelles. Il dispose néanmoins d’un charme indéniable qui le fait passer devant les deux premiers en termes de découverte et de plaisir de jeu. Malgré tout, quelques ombres viennent ternir le tableau. Le doublage francophone fait partie des grands absents* au même registre qu’une narration en retrait par rapport aux épisodes précédents. La réalisation est correcte, mais manque de finesse, et quelques chargements intempestifs gâcheront la fête de temps à autre, ceci étant sans doute la conséquence d’une économie de moyens afin de garantir la rentabilité du titre. On notera également une constante difficulté à utiliser ses fioles de soins en pleins combats, la commande n’étant parfois pas enregistrée par le jeu.

Même constat d’humilité sur les musiques qui se font moins présentes et servent plus de filigrane à l’aventure sans jamais dégager de réels motifs en dehors des affrontements. Les airs sont par contre d’excellente facture et s’intègrent parfaitement à l’univers dépeint. Les doublages quant à eux ne vous laisseront pas d’impérissables souvenirs, bien, mais pas top, mention peut mieux faire.

* La version PC dispose d’une version intégralement doublée en français, j’espère qu’un patch proposera cette option dans un futur proche. Pour l’instant seul la vidéo d’introduction est disponible dans cette langue.

MAJ 28.11 : le patch FR est disponible et le jeu propose désormais une version intégralement doublée en français.

Un petit dernier pour la route

Tel un phénix qui renaît de ses cendres, la licence Darksiders revient d’entre les morts et nous amène un troisième épisode chétif, mais rempli d’une énergie nouvelle. Doté d’un level design fort réussi et de combat plus technique qu’auparavant, Darksiders III fait honneur à la série tout en inspirant confiance pour la suite malgré un clair manque de moyens mis à son élaboration. Le jeu ne trahit d’aucune manière ses origines et devrait plaire aux adeptes de la série tout en proposant la découverte d’un univers particulier aux nouveaux venus, le prix à payer étant d’accepter que l’on joue ici à un titre très 2014 dans l’esprit comme dans sa réalisation. Un excellent AA qui aurait mérité un peu plus d’attention et qui j’espère rencontrera le succès, ne serait-ce que pour assister à l’épilogue d’une série que j’apprécie particulièrement.


Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle   Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée) Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

  Caractéristiques TV 4K HDR   Jeu fourni par l’éditeur Oui
  Console Xbox One X   Temps passé sur le jeu 19 heures
  Niveau de difficulté Normal   Jeu terminé Oui

 

+ Les plus

  • Excellent level design
  • Prise en main agréable
  • Fidèle à l'esprit de la série

- Les moins

  • Quelques bugs d'affichages durant les cutscenes
  • Les temps de chargement et les chargements itempestifs
  • Un peu vieillot graphiquement
Dans la famille Xbox depuis 2003, accroc au Gscore et Nintendophile repenti. Vous le croiserez souvent en groupe sur le Xbox Live !

8

  1. Je suis actuellement en train de me refaire le 1er puis j’enchaînerais sur le 2eme opus.

    Le 3 sera déjà a un très bon prix.

    Merci pour le test (les test donnent très différents… du très bof au très bon)

    Je vais me baser sur le votre.

  2. Merci pour le test et les astuces.

  3. enfin un test agreable a lire :)

  4. Darksiders 1 reste pour moi un souvenir vidéo ludique très agréable. Le deuxième m’avait un peu moins impressionné, mais restait sympa. J’ai l’impression que le 3eme opus suit le même chemin. A tester

  5. super le test,c’est mieux comme ca,plus d’info sur les options du jeu,et sur le temps passé et sur les conditions du test,meme sans les notes j’adhère completement

  6. J’ai trop aimé les 2 premiers et après Assassin’s Creed Odyssey je commencerai directement ce 3ème opus et merci pour le TEST

  7. Merci pour le test. Avais même pas remarqué l’absence de note. Ça me conforte dans l’idée de le prendre.

  8. Je le dis encore mais Bravo pour vos tests! Très complet et donc pas besoin de note. Continuer ainsi et Merci.

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