Test – Deleveled, ou le jeu de plateforme sans touche de saut

Le paysage vidéoludique se porte à merveille ces derniers temps. Cependant, les jeux se suivent et se ressemblent un petit peu trop. Heureusement, dans cet univers impitoyable, les développeurs indépendants offrent de nouvelles visions. Souvent, ce sont lors des game jam que les idées fusent. Vous savez, ces salons où des personnes se réunissent le temps d’un weekend ou d’une semaine, pour créer un jeu de A à Z autour d’un même thème. Eh bien Deleveled est la finalité d’une des ébauches proposées lors de ces rendez-vous en 2018. Il est imaginé par deux anciens développeurs de logiciels, Kyle Donnely et Patrick Nance.

Deleveled-World2Lorsque deux forces sont jointes, leur efficacité est double

Pour être transparent avec vous, j’adore les puzzle games et les jeux indépendants. Alors celui-ci est le mariage parfait pour me plaire. Dans son style minimaliste, vous contrôlez deux cubes opposés, la majorité du temps, par une symétrie horizontale. Néanmoins, plusieurs contraintes se dressent devant vous. D’une part, les deux avatars sont “aimantés” et se suivent. Si vous allez à gauche, les deux iront à gauche, et si vous allez à droite, les deux iront à droite à la même vitesse. D’autre part, ce jeu de plateforme ne propose aucune touche de saut ! Pour ce faire, vous allez devoir utiliser la gravité, car si votre petit cube (celui du bas par exemple) tombe de n’importe quelle hauteur sur la ligne séparant les deux cubes, alors notre forme géométrique va sauter d’une hauteur équivalente si celui-ci lui tombe “dessus” (au même endroit sur la ligne).

Comme vous pouvez le lire, c’est plutôt difficile à expliquer, alors regardez le gif ci-dessous pour mieux visualiser le concept.

Ce n’est pas pour rien qu’il est édité par The Quantum Astrophysicists Guild à qui l’on doit notamment des titres comme The Bridge ou bien The Ambassador. Deleveled est l’exemple parfait d’un concept minimaliste au gameplay profond. En répondant fatalement à la troisième loi de Newton avec son système “d’action-réaction”, le jeu nous délivre avec brio qu’un gameplay simple sur papier s’avère fichtrement délicat à apprivoiser manette en main. Je dis ça car les petites cartes proposent des objectifs simples et identiques sur chacun des 120 niveaux le composant. En effet, vous allez devoir allumer quatre paires d’interrupteurs avec une seule règle, celle d’en actionner deux simultanément. Il n’y a aucune autre restriction. Dès qu’ils sont tous activés, deux auras jaunes vont apparaître sur la carte, et vous devrez les rejoindre avec vos cubes pour terminer le niveau.

L’action est toujours égale à la réaction ; c’est-à-dire que les actions de deux corps l’un sur l’autre sont toujours égales et de sens contraires.

Quand une paire d’interrupteurs est actionnée, vos deux pixels retrouvent leur position initiale. Ainsi, vous allez pouvoir prendre un chemin différent pour activer les autres. Bien sûr, les développeurs étant bienveillants, si vous échouez en mourant ou en vous bloquant, vous pourrez recommencer la carte en maintenant la touche B. C’est très rapide et réactif, et laisse donc très peu de temps morts. De plus, si vous utilisez ce processus, les boutons seront toujours activés, mais en contrepartie vous n’aurez pas le luxe d’avoir l’étoile symbolisant que le niveau est réussi sans échec. Cette étoile représente une sorte de 100% et plaira beaucoup aux joueurs aimant le challenge.

Si au début vous allez plutôt rouler sur le jeu, vous allez en revanche être vite confronté à des situations difficiles. En effet, Deleveled a une progression bien dosée avec une courbe de difficulté n’allant pas d’une carte très facile à impossible. Cependant, les dix mondes proposent souvent une nouvelle mécanique de gameplay, cassant ainsi notre petit confort. Dès le troisième monde, vous pourrez traverser certains murs seulement dans un sens. Dans le quatrième, les murs disparaissent une fois que votre cube marche dessus et réapparaissent un petit peu plus tard. Le cinquième monde propose quant à lui des structures amovibles avec les touches LT/RT. Plus tard, vous pourrez changer la gravité de sens, mais aussi faire en sorte que vos deux cubes ne se suivent plus. Encore une fois, toutes ces nouvelles boucles de gameplay sont amenées avec intelligence puisque le premier niveau de chaque monde est plutôt simple pour s’imprégner de ces nouvelles synergies.

Conclusion : être minimaliste, c’est savourer l’essentiel

Les cartes se suivent et ne ressemblent pas. Je n’ai éprouvé aucune lassitude à parcourir les niveaux. Bien que je reste bloqué à l’heure actuelle au huitième monde, je n’en suis pas pour autant frustré. Les musiques sont exceptionnelles et se prêtent parfaitement à l’ambiance. Elles sont composées en 8-bit, renforçant l’aspect minimaliste, et chaque monde dispose de sa propre musique. L’échec n’est pas punitif dans Deleveled, et malgré le fait que je n’ai pas trouvé tous les secrets, ni débloqué certains niveaux, je m’y replongerai avec plaisir pour en venir à bout. Donc, les amoureux des puzzle games, je vous invite grandement à tenter l’expérience.

 


Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle  Déficience Auditive
NC Contraste élevé (réticule de visée)NC Sous-titres avec indications d’ambiance
NC Taille couleur de policeNC Identification de la personne qui parle
NC Marquage des ennemisNC Police personnalisable
NC Interface personnalisableNC Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisableNC Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonismeNC Sons ambiants signalés (informe sur présence)
NC Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

  Détails TV4K  Jeu fourni par l’éditeurOui
  ConsoleXbox One X  Temps passé sur le jeu5 heures
  Niveau de difficultén.a.  Jeu terminéBientôt

 

+ Les plus

  • Des niveaux créés avec brio...
  • La musique 8-bit parfaitement rythmée...
  • Un gameplay minimaliste mais prenant

- Les moins

  • ... mais certains ne sont pas toujours très lisibles
  • ... mais seulement une par monde
Amoureux inconditionnel de jeux vidéo indépendants, d’énigmes et d’aventures. Je virevolte au rythme des douces OST souvent coupées par le scintillement d’un succès. Je reste souvent ébahi par la beauté des Pixel Art.

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