Test – Hover, ou le retour de Jet Set Radio

Il y a plus de 15 ans, nombreux sont les fans de SEGA, endeuillés par la mort prématurée de la fabuleuse Dreamcast, qui ont trouvé sur Xbox un peu de réconfort. Shenmue 2, Panzer Dragoon Orta, OutRun 2, même la Xbox 360 fut en son temps considérée par certains comme la Dreamcast 2. Parmis tous ces jeux on trouvait également Jet Set Radio Future, qui malgré le fait qu’il a marqué bien des joueurs, n’a jamais reçu de suite tant attendue. Heureusement, 16 années plus tard, les français de chez Midgar Studio et Fusty Game tentent de ramener le genre à la vie et signent avec Hover, un véritable hommage au jeu de SEGA.

Quand Jet Set Radio rencontre Mirror’s Edge

Après une étape tutorielle assez pénible, mais utile pour nous expliquer les rudiments du jeu, nous voilà plongés dans une ville en cell-shading, aux couleurs néons sur fond de musique electro / trip hop. L’influence de Jet Set Radio ne fait déjà à ce stade plus aucun doute, et comme si cela ne suffisait pas, le fait d’avoir Hideki Naganuma sur la bande son du jeu ne fait qu’enfoncer le clou une bonne fois pour toutes.

Nous voilà donc dans une ville dans laquelle on peut rider, slider, tagguer et même faire du wall jump à tout va. C’est bien sur sur ce dernier élément que l’influence Mirror’Edge se fait sentir. Avec la possibilité d’évoluer dans la métropole en mode parkour, et la possibilité en plus d’opter pour une vue à la première personne, le clin d’oeil envers le jeu de DICE est plus qu’evident. Malheureusement, Hover n’est pas aussi précis dans ses contrôles et dans un jeu au level design aussi vertical, cela peut vite se révéler frustrant.

C’est là qu’intervient fort heureusement la possibilité de corriger ses erreurs grâce à un bouton rewind. Celui-ci n’empêchera pas les secondes de défiler dans les épreuves chronométrées, mais il vous épargnera en tout cas de tout recommencer du début à cause d’une mauvaise chute.

La révolte des gamers

Dans Hover, les gamers rident, tagguent et font tout un tas d’activités ludiques totalement non autorisées par le gouvernement anti-amusement en place. La bonne aubaine pour se retrouver à faire des courses dans la ville, de la livraison de colis, du parcours d’obstacle ou des parties de basket du futur. Des activités plutôt riches et différentes donc, ce qui sur le papier fait toujours plaisir. En revanche, dans les faits, on reviendra toujours aux mêmes, de préférence celles qui nous font rider et enchaîner les figures à toute vitesse.

A mon grand désarroi, les développeurs ont décidé d’ajouter au jeu bon nombre de mécaniques RPG pour booster et faire évoluer son personnage. Si je suppose, que la volonté derrière tout cela est de vous faire créer un véritable gang avec plusieurs personnages personnalisés pour devenir de véritables experts dans leur domaine, dans les faits cela ajoute au jeu une complexité non nécessaire. Pire cela ajoute de la frustration en multijoueur car on ne sait plus si les défaites sont liées à une différence de skill du joueur ou de niveau du personnage.

Une ville hyperconnectée

Soyons honnêtes, incarner un gang rebelle, seul devant sa console, est tout de suite moins sympa qu’oeuvrer avec tout un groupe de résistants qui compte bien faire tomber le régime anti-amusement en place. C’est pourquoi Hover a décidé de faire non seulement un monde ouvert, mais aussi un monde connecté dans lequel on voit se balader librement chaque joueur. Il est bien entendu possible ensuite de lancer diverses missions ou parties auxquelles de vrais joueurs pourront se joindre.

Conscients que la population online d’un mode multijoueur est l’élément clé de son succès, Midgar Studio et Fusty Game ont su prendre le temps d’offrir à Hover la possibilités de connecter tous les joueurs en cross-plateforme. Avec les joueurs PC, Switch et Xbox One qui pourront jouer ensemble, le jeu ne souffrira pas d’une base de joueurs fragmentée et met donc toutes les cartes de son côté pour avoir des joueurs en ligne.


Le jeu manque d’un petit quelque chose qui donne envie de s’y plonger pleinement et les éléments RPG de progression des personnages risquent de vous couper l’envie d’y jouer en multijoueur. En revanche, si vous aimez Jet Set Radio, Hover saura vous donner la dose de ride en cel-shading que SEGA ne daigne pas nous offrir et si vous n’avez pas encore craqué pour le jeu, il va falloir vite y remédier !

+ Les plus

  • Enfin un jet set radio-like
  • Un monde ouvert et connecté
  • Hideki Naganuma sur la bande son
  • Le multi cross-platforme

- Les moins

  • Contrôles pas faciles
  • Phase tutorielle pénible
  • Ralentissements en online
  • Le levelling du perso enlève du fun
6.5

NOTRE VERDICT

Nostalgique /20
Groovy /20
Nintendosexuel de naissance, je suis tombé dans la marmite Xbox en 2005 avec l'arrivée de la Xbox 360. Depuis, je me suis fait greffer un pad dans les mains et un casque sur la tête en quête de nouvelles expériences indés ou multijoueurs.

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