Test – Monster Energy Supercross 3 – Aller plus haut !

Créateur de la série MXGP et spécialiste des jeux de motos en général, le studio milanais Milestone a créé la série des Monster Energy Supercross en vue de tenter de conquérir le public outre Atlantique. En effet, aux Etats-Unis, les courses de motocross sont de véritables shows à part entière, où le spectacle est plus important que le résultat sportif final, ponctué de multitudes de sauts et de figures très impressionnants, témoin d’affrontements féroces entre les pilotes. Lancée il y a presque deux ans jour pour jour, la série des Monster Energy Supercross a adopté un rythme soutenu d’un épisode par an, à l’image des séries MXGP et MotoGP. Toutefois, contrairement à ces dernières, MESX n’a pas vraiment réussi à briller jusqu’à présent, la faute notamment à un mode Carrière bien fade, une IA pas vraiment convaincante et un multijoueur dans les choux. Finalement, il n’y a qu’au niveau du gameplay que la série s’en sortait bien grâce notamment à l’expérience engrangée dans la série des MXGP. Ainsi, quasiment un an jour pour jour après la sortie du second épisode, Monster Energy Supercross 3 se montre-t-il enfin à la hauteur ? Poursuit-il la progression apportée par l’opus précédent par rapport au premier ? Voici mon verdict !

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Et c’est parti pour le show !

Licence officielle oblige, c’est du côté de son contenu que MESX 3 tire sa plus grande force. En effet, tous les équipes, pistes et pilotes de la saison 2019 du championnat de Supercross américain sont présents. Tout d’abord, pour la première fois dans la série, vous pouvez décider d’incarner un pilote masculin ou féminin. Une fois votre avatar terminé, il vous faut choisir une des équipes officielles du championnat ou en créer une fictive en choisissant un sponsor. Au niveau des modes de jeu, on est pas dépaysés car on retrouve les classiques modes Carrière, Contre-la-Montre, Championnat et Course Rapide déjà présents dans les précédents épisodes. En outre, l’éditeur de pistes et la « Test Area » (appelée aussi Compound) sont aussi de retour afin d’offrir un peu plus de diversité. Concernant cette dernière, elle se compose de divers défis de type chasse aux trésors, courses de checkpoints ou encore éliminations avec à la clé des récompenses cosmétiques spécifiques.

De plus, on retrouve ceux-ci au sein du mode multijoueur, qui pour le coup fait un grand bond en avant. En effet, celui-ci ne ressemblait précédemment qu’à une succession de courses au matchmaking hasardeux, pouvant vous opposer à des pilotes de tout niveau, ce qui pouvait poser de sérieux problèmes aux débutants. Notons la progression du titre de Milestone au niveau de la personnalisation du pilote et de sa moto, avec un large panel de possibilités pour rendre son rider et sa machine uniques en tout point, malgré une modélisation des visages pas vraiment convaincante, digne du niveau d’expression faciale d’anciens opus de FIFA. Même constat au niveau des autres PNJ telles que les filles présentes sur la piste avant le début de la course.

Monster-Energy-Supercross-3-Menu-Mode-Carrière

Une Carrière en rétropédalage

On touche ici à la plus grosse déception de ce Monster Energy Supercross 3. Ainsi, alors que dans le dernier épisode ce mode s’était embelli d’une gestion calendaire de l’emploi du temps du pilote (entre courses, entrainement, conférences de presse,…), dans MESX 3 Milestone a fait un étrange retour en arrière, réduisant la carrière au choix d’une équipe et à enchaînement des différentes courses de la saison, ponctuée d’objectifs à atteindre autant que possible avec à la clé des primes juteuses.

Une fois la création de votre pilote achevée, vous débutez par une course sous forme de didacticiel qui tente de vous apprendre les bases pour vous en sortir dans vos futures courses. Néanmoins, comme dans les précédents épisodes, celui-ci n’est pas très efficace, ce qui est dommage étant donné la complexité du gameplay (inhérente aux jeux de motocross) et donnera bien du mal aux non-habitués de la discipline. Ensuite, une fois cette introduction terminée, vous prendrez part au championnat 250cm³, de la conférence Ouest ou Est selon votre choix, avant de pouvoir mériter le droit d’accéder à la catégorie 450cm³.

Monster-Energy-Supercross-3-Gameplay-Course-Meute

Un gameplay exigeant

Même si la série des Monster Energy Supercross n’est pas une référence en matière de jeux de motos, la qualité des graphismes est un détail qui a toujours été souligné par le passé, de même que son gameplay rude mais efficace, même si celui-ci était victime de quelques errances dans les précédents épisodes. Concernant MESX 3, même si malheureusement le titre n’arrive pas à exploiter pleinement le potentiel de la Xbox One X, notamment de part son incapacité à atteindre les 60 images par seconde, les motos y sont très bien modélisées. Leur apparence varie même au fur et à mesure des tours de piste, surtout par temps pluvieux, celles-ci se salissant au fur et à mesure de la course. Néanmoins, même si le titre est visuellement de qualité, on aurait apprécié davantage d’impact du passage des motos car on ne constate pas vraiment de déformations du terrain ou d’élargissements de sillons comme ça serait le cas dans la réalité.

Le gameplay particulièrement exigeant des jeux de motocross se fait vite ressentir dans le jeu. Pour être franc, n’étant pas un habitué des jeux de motos et surtout de motocross, je suis tombé et/ou ai loupé mes trajectoires et/ou mes sauts un nombre incalculable de fois. Globalement, Monster Energy Supercross 3 m’a semblé vraiment difficile au début, même dans les difficultés les plus basses. Il est indispensable d’apprendre à jongler et doser le freinage, notamment entre le frein avant et arrière. En effet, une moto ne se gère pas du tout de la même façon qu’une voiture et celle-ci ne réagira pas de la même manière selon que vous utilisez le frein avant ou arrière pour prendre votre virage. Le premier aura pour effet de vous ralentir fortement mais limitera votre possibilité de braquage, tandis que le second augmentera la tendance de votre moto à chasser de l’arrière, permettant ainsi de prendre plus facilement des virages serrés.

Les développeurs ont vaguement tenté de nous aider à prendre les bonnes trajectoires grâce à la présence d’une bande bleue sur la piste. Néanmoins, son utilité est très discutable. Il aurait été bien plus pratique et adapté de recourir à une version similaire de celle de TT Isle of Man, c’est-à-dire dont la hauteur varie selon que l’on doive freiner ou accélérer et dont la couleur changerait du vert au rouge selon ces phases. On notera au contraire une petite amélioration apportée au moment du départ car désormais un petit signal sonore nous permet de pouvoir mieux anticiper l’abaissement des barrières pour pouvoir démarrer en premier. Toutefois, même si le gameplay est difficile et nous pose vraiment problème au début, la physique des motos m’a semblé vraiment réaliste, avec des réactions logiques de celles-ci selon les situations (tendance à faire demi-tour si on tourne et accélère trop fort en sortie de virage, perte importante de vitesse si on retombe au début d’une bosse, tendance à partir en soleil si on retombe sur la roue avant,…). De plus, on sent la moto plus lourde que dans les précédents opus, ce qui change beaucoup son comportement au moment d’appréhender à haute vitesse des virages plus ou moins serrés. En outre, alors qu’on reprochait le comportement en l’air des motos dans les deux jeux précédents (celles-ci avaient tendance à planer/rester en l’air un peu trop), dans MESX 3, ces dernières retombent bien plus vite et lourdement, donnant l’impression de quelque chose de plus réaliste. Toutefois, on peut se poser la question de l’utilité des figures aériennes vu le peu d’influence de celles-ci ont sur le pilotage. De même, la position de conduite du pilote sur sa moto paraît vraiment raide, surtout lorsqu’il est en l’air, reproche également pointé par le passé. Notons ensuite que le comportement de l’IA a aussi été amélioré, offrant de jolies passes d’armes et des parties disputées. Cependant, il aurait été appréciable d’avoir quelques répliques de la part des commentateurs durant les courses afin de donner davantage de suspense à celles-ci, les seuls commentaires présents se situant avant le départ et n’étant même pas en français, ou au moins sous-titrés dans la langue locale. C’est un détail certes, mais on finit par se demander si ce jeu a vraiment été « adapté » au marché européen dont le marché français. Pour résumer, si vous souhaitez vraiment profiter à fond de Monster Energy Supercross 3, il vous faudra faire preuve d’une grande patience et avoir à l’esprit la même mentalité que dans TT Isle of Man, c’est-à-dire que vous allez certainement tomber et vous louper à de nombreuses reprises, mais que si vous vous accrochez, vous finirez par vous en sortir.

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Conclusion

Avec ce troisième épisode, Milestone nous livre un nouvel exemplaire d’une série qui semble continuer à s’améliorer d’année en année, sans pour autant marquer une différence flagrante avec l’opus précédent. Ce propos est toutefois à nuancer du côté de la Carrière, qui revient à un déroulement plus quelconque comme dans le premier opus, après avoir osé un côté gestion calendaire dans le second (qui avait été plutôt apprécié). Disposant d’un contenu de qualité avec l’ensemble des pilotes, motos, écuries et pistes de la saison 2019 de Supercross, MESX 3 se distingue par des graphismes de qualité globalement, même si n’exploitant toujours pas le plein potentiel des consoles actuelles, et par la difficulté du gameplay qui, à mon sens, risque de décourager un bon nombre de néophytes qui risquent de se tourner vers des jeux de motos plus accessibles. Même avec toutes les aides à la conduite activées, le titre reste exigeant. Ainsi, bien qu’on reste avant tout sur un jeu grand public qui se veut le plus accessible possible, on note toutefois que celui-ci arbore un côté simulation bien plus présent que sur les précédents épisodes. Ainsi, sans être éclatant, le titre de Milestone nous livre une copie plutôt correcte qui saura faire plaisir aux amateurs de la discipline. Espérons que le studio italien saura poursuivre sur sa lancée pour faire de la série Monster Energy Supercross une référence des jeux de motocross.

  Déficience Visuelle  Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée)Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonismeSons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

  Détails TV4K  Jeu fourni par l’éditeurOui
  ConsoleXbox One X  Temps passé sur le jeu4 heures
  Niveau de difficultéFacile  Jeu terminéNon

+ Les plus

  • Tout le contenu officiel de la saison 2019 de Supercross (pilotes, motos, écuries, pistes,…)
  • Une licence qui continue de s’améliorer au fur et à mesure des épisodes
  • Physique plus réaliste des motos au sol…
  • Un multijoueur vraiment amélioré

- Les moins

  • Gameplay ardu et technique
  • Un mode Carrière vraiment banal
  • Graphismes propres mais dont on pourrait espérer mieux (ex : modélisation des visages)
  • Position trop rigide du pilote sur la moto
  • … mais encore un peu discutable en l’air.
Tel un chasseur traquant sa proie, je suis toujours à la recherche de nouveautés de l'actualité JV pour les partager, quelle que soit la plateforme.

2

  1. Je comprends pas ce retour en arrière dans le mode carrière. Quel dommage !

  2. Un bon jeu de Motocross quoi. Pas très fan. C’est spectaculaire c’est sûr mais je préfère voir ça en vrai. Côté game, je penche plus vers un TT Isle Of Man.

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