Monster Energy Supercross

Le Supercross est une discipline dérivée de la Motocross qui fait l’objet d’un championnat dédié aux Etats-Unis : le Monster Energy Trophy. Pour les connaisseurs, le seul autre championnat officiel se situe en France mais celui-ci n’est malheureusement pas inclus dans le jeu. La différence entre Supercross et Motocross ? Le premier se déroule sur des tracés artificiels en salle (stade, arènes, parc des expositions, etc.) contrairement au second qui sent bon la forêt de sapins en pleine nature. Monster Energy Supercross se concentre uniquement sur ce premier sport, ne vous attendez donc pas à parcourir à pleine balle des environnements variés, tout se passe en in-door !

Cette petite précision faite, sachez que le studio Milestone va vous faire voyager à travers les Etats-Unis sur plus de 17 circuits officiels : Anaheim en Californie, Glendale en Arizona, Salt Lake City dans l’Utah, etc. Les courses se déroulant dans des stades, les environnements de jeu ne seront pas, par défaut, très variés et visuellement on a parfois l’impression d’être dans le même stade à chaque course. Le mode Carrière nous demandera de devenir champion du 250 East et 250 West avant de tout donner dans la compétition suprême : le 450 ! Les deux championnats prémisses ne sont que fiction mais il faut croire que cela gonfle la durée de vie du titre. Le mode Carrière est en fait un simple enchaînement des courses officielles mais ne propose rien de plus, si ce n’est de changer de sponsor… Aucun semblant de mise en scène, pas de lien entre les saisons et au final un mode qui se rapproche d’un quelconque mode Championnat… Dommage !

Le titre de Milestone bénéficie pourtant de petits didacticiels qui vous prennent par la main en vous présentant les différentes options possibles dans les menus : ici on personnalise sa moto parmi les grandes marques connues, là je peux créer mon propre pilote en choisissant parmi des préselections, et là j’accède à différents modes. Au final, il n’y a vraiment rien de fou et tout cela semble être de la poudre de perlimpinpin !

Je dois vous avouer que les débuts étaient difficiles… Connaissant un peu la manière de jouer à ce type de jeux, j’étais relativement confiant avant de m’élancer dans ma première course. C’était avant de finir dernier, trois fois de suite ! Le doute s’est installé : est-ce moi qui suit vraiment nul ou les mécaniques de jeu qui sont obscures au point que je n’arrive pas à trouver le bon timing ? Car tout est une question de timing. Pour les ignorants, un tracé de Supercross est un enchaînement de virages, de sauts et de bosses relativement serrés. Il faut alors gérer son accélération, le poids de son corps et l’angle de son saut pour parvenir à atterrir sur la pente descendante d’un obstacle pour ne pas être ralenti. Les tracés officiels proposent suffisamment de challenge pour occuper les plus férus de la discipline : connaître chaque bosse et saut pour optimiser ses timings afin de battre l’IA dans les modes de difficulté les plus extrêmes demandera du courage. Vos adversaires laisseront peu de place à l’approximation et découragera certains d’entre vous…

La réalisation technique et les graphismes sont particulièrement honnêtes concernant ce Monster Energy Supercross. Ce point me fait penser que le titre peut être accessible à une palette de joueurs bien plus variée que les simples fans de Supercross ravis de voir leur discipline adaptée en jeu vidéo. Il est tout à fait possible de prendre du plaisir en mode casual en profitant uniquement de la dimension spectacle que revêt la discipline. Bien entendu je dresse ici le portrait de deux types de joueurs totalement opposés et si vous vous situez entre ces deux extrêmes sachez que Monster Energy Supercross a les arguments pour vous satisfaire.

Difficulté des IA, comportement de la moto, rewind pour remonter les dernières secondes d’une course, assistance dans la direction, dans le freinage, paramétrage de la longueur des courses (qualifications, etc…), un panel varié d’options s’offre à vous en fonction de votre style de jeu. Cependant, le joueur qui sera attiré parce qu’il a vu quelques phases de gameplay pas trop moches et un jeu sympa aura vite fait le tour de tout le contenu proposé… Si votre but n’est pas de passer du temps à connaître en détails chaque tracé mais uniquement de prendre part au mode Carrière, comptez au minima 4 heures de jeu. Bien entendu un mode Online et d’autres modes solos sont présents pour assurer le service après-vente.

Monster Energy Supercross me laisse un goût d’incertitude… Je me suis véritablement éclaté à enchaîner les jumps, bosses et virages. Le jeu a un côté technique et hardcore qui n’est pas désagréable pour les amateurs de challenge. Mais le contenu famélique du jeu m’a quelque peu refroidi. C’est dommage car l’impression de vitesse est présente, les moteurs proposent des bruitages honnêtes, les tracés subissent les affres de nos passages afin de se déformer et les courses sont palpitantes.

Un petit paragraphe pêle-mêle concernant les frustrations : une seule vue disponible (externe) et la caméra ‘saute’ parfois ce qui peut être gênant dans les virages, le moteur physique peut s’oublier en nous permettant de ‘surfer’ si on atterrit sur un concurrent, pas de différences de performances entre les différentes marques présentes et une déformation du terrain qui n’a au final que peu d’incidences sur la conduite en mode réaliste. Superficiel est donc l’adjectif qui me vient en tête pour qualifier le titre : honnête dans tous les domaines mais jamais de profondeur…

A noter que si vous n’êtes pas rassasié par les 17 tracés du titre vous pouvez vous lancer dans l’éditeur de circuits plutôt bien fichu qui permet toutes les folies tout en étant globalement simple et efficace dans sa pratique à la manette. Il est même possible de les partager en Online.


Doté d’une réalisation honnête et d’un gameplay à la fois accessible et exigeant en fonction de vos paramètres de jeu, Monster Energy Supercross fait le job mais se révèle bien trop famélique dans tous les domaines au fur et à mesure que l’on pratique la discipline. Nul doute que faute de concurrent direct sur Xbox One, il contentera les fans mais attention aux néophytes qui risquent de trouver l’addition salée passé le plaisir de la découverte.

+ Les plus

  • Visuellement agréable
  • Une gestion précise des timings de saut
  • Ambiance garantie !

- Les moins

  • Contenu famélique
  • Une seule vue disponible
  • Superficiel dans tous les domaines
6

Je suis tombé dans la marmite Xbox en 2003 et depuis je n'ai plus besoin de potion magique pour m'intéresser à tous les jeux qui sortent sur ces belles machines au fil des années. Je suis accessoirement un PGM en mousse.

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