Test – Moons of Madness, un voyage sans peur et sans gameplay

Ces dernières années ont vu fleurir bon nombre de titres traitant du riche univers de H.P Lovecraft. Entre The Sinking City, Call of Cthulhu et pléthore de jeux indés, les titres qui jouissent du génie de l’auteur ne manquent pas. Alors quand un studio tel que Funcom, ayant déjà utilisé cet univers avec brio dans leur MMORPG avec The Secret World, décide d’utiliser à nouveau l’œuvre de l’écrivain pour un jeu de science-fiction narratif sur Mars (les deux titres prennent place à la même période), le succès semble garanti. Malheureusement, la formule ne prend pas et on se retrouve face à un film interactif plutôt qu’un jeu vidéo avec un gameplay singulier. Je vous explique tout cela plus en détails.

La solitude de Mars pèse moins que l’absence de gameplay

Dans Moons of Madness, on incarne Shane Newehart, un astronaute faisant partie d’une mission secrète sur Mars pour analyser de mystérieux signaux et artefacts. Vous explorez ainsi l’ensemble de la base martienne au gré des communications des autres membres de votre équipe. Le début du jeu est une bonne introduction à l’univers du titre : des tentacules, des chants ésotériques et une étrange femme qui semble vous en vouloir personnellement. Il y a bien quelques éléments de survie avec une gestion de votre oxygène quand vous êtes en extérieur, mais ils sont complètement anecdotiques au vu du temps nécessaire pour accomplir vos actions. Parlons-en justement des actions à effectuer !

Comme mentionné dans l’introduction, le jeu est avant tout centré sur sa narration. Rock Pocket Games semble avoir souhaité prendre le concept au pied de la lettre en limitant le gameplay au strict minimum. Vous n’aurez besoin que de vos pouces et index. Plus précisément, on court (marche rapide plutôt) avec LT et on interagit avec le bouton A. Le joystick gauche gère les déplacements et le droit, la caméra et permet de s’accroupir. Et c’est tout. Vous avez bien un scanner sur le bouton RB qui vous permet d’interagir avec les machines et interfaces électroniques mais il ne servira que ponctuellement. La plupart des documents et objets avec lesquels vous pourrez interagir sont inutiles et existent en doublons. Les énigmes proposées peuvent être résolues par un enfant et il n’y a que très peu de place laissée à l’exploration. Il s’agira principalement de relier des câbles pour rétablir le courant ou trouver le bon élément à insérer dans une machine. Leur présence n’est là que pour allonger artficiellement la durée de vie du titre et cela se ressent.

Quand est-ce qu’on a peur ?

Lorsque on joue a un jeu d’horreur, généralement, on est à la recherche d’un suspense haletant, de tensions impalpables et, vous l’aurez compris, de peur. C’est là que le bât blesse. Le scénario se révèle être un fourbi d’histoires différentes qui ne s’imbriquent jamais les unes dans les autres au cours des quelques heures nécessaires pour finir le jeu. Il y a la méchante entreprise qui vous emploie, un peu de drame familial, un soupçon de clones et beaucoup de Lovecraft. L’essentiel n’apparaît que dans les mails que vous pouvez trouver sur les différents ordinateurs de la base. Dans les rares moments où vous êtes confronté au protagoniste de l’histoire, il ne faut pas s’attendre à gravir un nouveau palier sur l’échelle de la terreur. Comme bon nombre d’autres jeux modernes du genre, vous n’avez aucune arme pour vous défendre et cela pour maximiser votre sentiment de solitude et d’impuissance. Le souci vient du fait que ces rencontres ne sont pas effrayantes du tout. La solution est la même pour toutes : la fuite. Le jeu vous demandera simplement de rejoindre la sortie la plus proche et vous serez ainsi sauvé. Eurêka !

Moons-of-Madness-Cube

Sa faiblesse est également sa plus grande force

Là où le gameplay ne brille pas, les cinématiques, elles, bénéficient d’une mise en lumière bienvenue. Les moments intenses ont un vrai cachet et ont plus capté mon attention que le scénario ubuesque qui se déroulait devant mes yeux. En revanche, elles sont trop rares et entrecoupées de fastidieuses scènes de gameplay. Ces dernières sont si fades que j’aurais probablement préféré n’avoir que les cinématiques à part telle une vidéo Youtube plutôt que tenir la manette en permanence.

Conclusion

Fondamentalement, rien n’est vraiment mauvais avec Moons of Madness. Cependant, la proposition de Rock Pocket Games est indigeste, lente et ne remplit pas sa fonction première de tenir en haleine le joueur. Les saccades sonores et la réalisation en demi-teinte viennent enfoncer le bouchon de cette expérience qui n’aurait pas du sortir en l’état de l’éprouvette où elle incubait.

Conditions de test

  Détails TV4K  Jeu fourni par l’éditeurOui
  ConsoleXbox One X  Temps passé sur le jeu7 heures
  Niveau de difficultén.a.  Jeu terminéOui

+ Les plus

  • Des visuels agréables
  • Les cinématiques

- Les moins

  • Quelques soucis techniques
  • Un gameplay anecdotique
  • Peur, où es-tu ?

3

  1. Ben désolé Yucky de l’expérience mais il en fallait un…et bibi était occupé sur The Complex 🙂 🙂 Bon, blague à part, les déceptions, ça arrive. En amour, en gastronomie, en films, en série, en coup au pieu et, et, et…en jeux vidéo. Mais je dois avouer les voir venir pour une large part, (d’où mes plus grandes déceptions généralement enfantées par mes plus grandes attentes !) et ce dernier jeu ne fait pas exception.
    J’espérais un bon petit jeu d’horreur de derrière les fagots (qui pourrait, SF oblige, me faire un peu oublier Dead Space, et surtout son absence de cette gen) mais non… Dommage !

    • Ne t’en fais pas pour moi, je survivrais ! J’avoue avoir espérer retrouver une expérience proche de Layers of Fear qui n’a pas un gameplay transcendant mais, comme dit dans le test, même le scénario ne suit pas…

  2. Décidément, vous n’êtes pas à la joie en ce moment.

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