Test – Mosaic, Métro-boulot-dodo !

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Mosaic débute comme la journée de chacun d’entre nous, par un réveil. L’alarme qui sonne, la tête barbouillée, les cheveux en bataille, tristement habituel. Une baffe pour se remettre les idées en place, et c’est parti pour la salle de bain. Le brossage de dents pour l’haleine, le coup dans les cheveux pour se remettre la mèche en place et le petit réajustement de cravate. Non, pas de douche, à quoi bon ? De toute façon, on a dormi dans les fringues de la veille. … Attaquons maintenant le frigo. Vide, autant que notre compte en banque, que l’on vérifiera au biais de l’application smartphone. Le ventre gargouillant, un petit coup de télé pour se distraire ? Pas le temps, une mise en garde nous arrive par message : il vous reste quatre retards avant la rupture de votre contrat. Faut se dépêcher pour aller au boulot, mais pas trop quand même. Marchons jusqu’à l’ascenseur, croisons les passants qui détournent systématiquement le regard. Empruntons inlassablement la même route, les mêmes décors gris, la même tristesse, la même routine…

Le bonheur est dans le pré 

Voilà en un paragraphe la déprime qui se dégage de Mosaic. Petit jeu indépendant du studio norvégien Krillbite. Jeu basé sur la routine du quotidien, sur l’obligation de se rendre au travail, quelque soit notre humeur. L’anonyme que nous dirigeons répétera sans cesse les mêmes gestes. Tel un pantin, rouage dans une machine sociétale, dont le conformisme y est représenté jusqu’à son paroxysme. Mosaic est ce que l’on appelle un ovni vidéo-ludique, une expérience bien différente de ce que l’on a l’habitude de jouer. Et c’est tant mieux ! Dans ce milieu où la plupart des jeux se ressemblent, pour tenter de reproduire leur succès, Mosaic vogue à contre courant. Oeuvre pessimiste, certes, mais transcendée par des moments d’espoirs. L’espoir de s’évader, de se différencier de son prochain, de sortir de ce carcan imposé. Le rythme est lent, inéluctable, guidé par le bon vouloir des développeurs. La peur d’enrayer la machine sans doute ? Et pourtant, une lueur d’espoir perdure dans ce monde monochrome. Notre personnage y croisera des marginaux, des musiciens, ou plus généralement des artistes, dont les œuvres colorées seront les seules échappatoires à cette vie monotone. Comme souvent dans les jeux narratifs, l’histoire y est suggérée. Les auteurs ont une vision, à laquelle le joueur devra adhérer, au risque de décrocher rapidement, et de n’y voir qu’un essai naïf et/ou pompeux.

Mais là, on est pas dans le pré, on capte… 

Heureusement pour nous, Mosaic reste un jeu. Plusieurs activités vous sont proposées pour briser le train train quotidien. Primo, votre smartphone vous proposera quelques distractions. Le jeu BlipBlop occupera la moitié de votre temps. Jouissant d’un gameplay extrêmement complexe, il suffira de tapoter la touche A pour atteindre le score maximum… sans rigoler. Avec plusieurs paliers à franchir, vous octroyant des points pour acheter des “boost”, BlipBlop est probablement l’aspect le plus ludique du jeu ! Une dating app pourra être téléchargée sur votre téléphone en s’arrêtant devant les encarts publicitaires lors de vos balades. Sans aucune finalité, vous pourrez y dénicher votre âme sœur. Enfin, c’est vite dit. Le principe consistant de passer d’un portrait semblable à un autre, avec des coupes de cheveux aux couleurs différentes. Une application “Bourse” sera également disponible. On achète quand le marché baisse, et on revend lorsque le taux monte. Sauf qu’il ne remonte que très rarement, amplifiant ce sentiment de gouffre sans fond. Vos mails pourront êtres consultés, mais se répétant sans cesse, vous aurez vite fait de les mettre direct à la corbeille. Les développeurs ont tout de même tenté de donner à votre travail, une certaine consistance. Vu que vous devez vous y rendre quotidiennement, autant y faire quelque chose. Dans un open space où tout le monde est devant son écran, vous devrez encore vous farcir un mini jeu. Celui-ci consiste à créer des sphères et de les faire monter le plus haut possible. Le principe est simple, et tout comme le reste, répétitif et très limité.

Mais en Edge… 

Tous les aspects techniques de Mosaic sont en symbiose avec le gameplay. Par cela, j’entends monotones, gris, et uniformes. Mais ne vous détrompez pas, ce n’est pas moche pour autant ! L’avantage d’un monde uniforme est que toute addition de couleur en ressort de manière exponentielle (pensez la petite fille en rouge dans la liste de Schindler). Le style graphique est anguleux, lissé, dénué de détails, mais totalement cohérent avec le propos. La musique est minimaliste, mais étudiée pour soutenir l’ambiance, avec des bruits ambiants et de foules prononcés.

Conclusion

Je le répète, Mosaic est un ovni vidéo-ludique. Déprimant à plus d’un titre, mais également porteur d’un certain espoir, Krillbite studio a vraiment cherché à se démarquer avec ce jeu. Le plaisir ressenti sera égal à votre accroche à l’ambiance. Certains détesteront sûrement, d’autres comprendront où les développeurs souhaitaient en venir, mais une chose est sûre, Mosaic ne laissera personne indifférent.

Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle  Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée) Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
 Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu


Conditions de test

  Caractéristiques TV4K HDR OLED  Jeu fourni par l’éditeurOui
  ConsoleXbox One X  Temps passé sur le jeu4 heures
  Niveau de difficultéNormal  Jeu terminéOui

 

+ Les plus

  • Une certaine réalité, brutalement retranscrite
  • Un propos maitrisé
  • Différent du tout venant, surtout dans sa thématique
  • Un style visuel qui a du charme...

- Les moins

  • .... Mais gris et uniforme
  • Si on n'accroche pas d'entrée, ce sera râpé pour la suite
  • Un gameplay basique
  • C'est quand même bien déprimant....
  • Impossible de poser une RTT
Bercé aux jeux vidéo depuis l’Amstrad, j’ai vécu ma vie vidéoludique sur cet adage: mieux vaut rouler en fiesta et avoir un paquet de jeux, qu’en Porsche, et d’en avoir aucun!

2

  1. Je ne vois pas en quoi c’est un défaut que le gameplay soit basique, mieux vaut basique que complexe et le fait que ce soit déprimant c’est justement le message que retranscrit le jeu donc c’est pas un défaut non plus.

  2. La déprime au maximum quoi… Pourquoi pas. Je me lancerai dedans quand il sera en promo. J’aime beaucoup le parti pris graphique.

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