Test – MOTHERGUNSHIP, du Bullet Hell simple, efficace et redondant

Serious Sam vous manque ? Alors il se pourrait que MOTHERGUNSHIP vous intéresse car il s’agit d’un FPS Bullet Hell très typé pour un genre qui se fait plutôt rare ces derniers temps. Soyons donc heureux car Grip Digital vous promet une aventure 100% action avec la possibilité de créer vos propres armes afin d’exterminer de l’alien en masse. Affiché au tarif de 24.99€, la promesse est-elle respectée ? Voyons tout cela dans le test qui suit !

Extermination en règle d’extraterrestres

Pour celles et ceux qui l’ignorent, une démo du jeu est disponible sur le marché et nous vous avions alors présenté MOTHERGUNSHIP. Première bonne nouvelle concernant le jeu : un mode Histoire est présent et constitue le principal intérêt du titre de Grip Digital. Non pas pour son scénario digne d’une série B ou de Mars Attack car ce dernier n’est qu’un vague prétexte à une extermination massive d’aliens robotiques. Toutefois pour vous situer un peu le contexte, sachez que des centaines de vaisseaux extraterrestres sont en orbite autour de la Terre. C’est à nous qu’incombe la tâche de détruire tout ce beau monde à travers des missions principales qui vous mèneront jusqu’au MOTHERGUNSHIP, le vaisseau mère de l’armada.

Ainsi votre aventure sera rythmée par la rencontre avec des boss gigantesques qui vous donneront votre dose de défi, tout comme les différentes salles de chaque niveau. Concrètement un niveau équivaut à l’enchaînement de plusieurs stages dont la difficulté monte progressivement, tant dans le nombre d’ennemis que leur puissance ou la difficulté du level-design avec des pièges, des obstacles, des tourelles fixes, des lasers ou même de la lave. Le bestiaire se compose principalement de machines robotiques qui volent, sautent, rampent ou tournoient dans tous les sens. Aucun doute que les amateurs de Bullet Hell seront aux anges par la diversité proposée par MOTHERGUNSHIP même si en poussant l’analyse plus loin on se rend compte que tout n’est pas rose et prometteur.

La motivation s’essouffle trop vite…

Plusieurs PNJ sont présents via des dialogues pour vous informer de l’état de la situation mais on oublie rapidement leurs noms et on se contente de zapper leurs discussions. Dommage car au sein d’un hub se situant sur votre propre vaisseau, certaines mises en scènes ne sont pas dénuées d’humour avec la décoration de la salle principale pour un anniversaire ou d’autres joyeusetés. Le problème étant que la narration se veut on ne peut plus basique avec des boites de dialogues qui apparaissent en haut de l’écran. Nul doute qu’un effort supplémentaire aurait permis de s’immerger davantage dans l’univers proposé par Grip Digital.

Et le phénomène se répand à tout le jeu assez rapidement, pour ma part ce fut aux alentours de cinq heures de jeu. Non le titre ne perd pas tout intérêt, soyez rassurés mais j’ai constaté que finalement on ne se demande pas forcément le pourquoi du comment. Le but du jeu est de nous divertir et nous verrons que cela est réussi côté gameplay mais pour l’heure je dois éclaircir l’esprit général du jeu qui pourrait même revendiquer quelques aspects Rogue-lite. Vous le verrez si vous achetez le jeu, la difficulté des missions principales monte crescendo et pour vous aider dans votre extermination massive, les développeurs ont prévu des missions annexes permettant, en cas de réussite, de débloquer du stuff, de l’expérience ou des points à dépenser dans l’armurerie. On note de bonnes idées comme le fait de devoir effectuer une mission avec un équipement de départ fixe ou dans certaines conditions avec une génération procédurale des salles traversées pour le contenu annexe.

Cela n’empêche malheureusement pas une certaine routine dans ce qui vous est proposé par le jeu car le bestiaire, intéressant de prime abord, se renouvèle avec peine et, pire, on se retrouve même à farmer certaines missions annexes pour looter et réussir la mission principale. Encore une fois, cet aspect ne dérangera pas les fans de Bullet Hell puisque le genre veut cela mais les autres auront peut-être plus de difficultés a accrocher à MOTHERGUNSHIP. Du moins dans sa conception générale car il y a un aspect qui risque bien d’en attirer plus d’un.

Construis l’arme de ton choix, je te dirais qui tu es

LE principal intérêt de MOTHERGUNSHIP est la possibilité de construire deux armes au fil des niveaux. Comment ? C’est très simple et carrément efficace. Tuer des ennemis vous permettra de gagner des pièces à dépenser dans une boutique qui apparaît en général à chaque salle (environ dans 70% des cas) pour acheter trois types de composants : les connecteurs, les canons et les modules. A chaque visite dans une boutique (ou armurerie), vous aurez le choix entre 6 items choisis aléatoirement parmi ces trois catégories avec un prix spécifique (en général 1 à 2 pièces).

  • Un connecteur sert à … connecter des canons, des modules ou d’autres connecteurs pour agrandir votre arme avec des angles, des articulations à 5 créneaux, des hélices triangulaires ou d’autres supports. Il est possible d’orienter le connecteur selon un axe X et Y, chose très agréable et bien réalisée.
  • À ces connecteurs, vous allez y fixer des canons. En gros les armes : fusils à pompe, canons automatiques, blasters, lance-grenades, lance-missiles, canons Tesla, mitrailleuses, etc. Le maître mot est diversité et il faudra veiller à avoir un créneau disponible tourné vers l’avant pour attacher le canon. Une contrainte de taille sera présente mais si vous vous débrouillez bien, il est tout à fait possible de fabriquer une arme avec plus de 6 canons différents. Cela dépend également du stuff disponible dans l’armurerie.
  • Enfin, les modules complètent l’offre et peuvent être fixés à n’importe quel créneau disponible. Il s’agit, vous vous en doutez, de mods permettant d’accentuer sa vitesse de tir, ses dégâts ou la vitesse à laquelle se recharge l’énergie de vos deux armes, une dans la main gauche, l’autre à droite.

Ce système de crafting est vraiment bien fichu même si vous vous rendrez compte que le stuff se diversifie non pas quantitativement mais qualitativement avec des niveaux de rareté typiques de ce que nous pouvons trouver dans les RPG ou la licence Borderlands par exemple. On aborde ici la promesse initiale faite par Grip Digital et j’avoue que le contrat est rempli. Le côté WTF de se balader dans les niveaux avec deux armes de 5 canons chacune est présent et assure un côté fun immédiat à MOTHERGUNSHIP.

Et même quelques éléments RPG !

Si vous avez été attentifs jusqu’à présent, vous avez sans doute noter que je vous ai parlé de gain d’expérience plus haut. Gagner un niveau signifie un point de compétence à dépenser dans un arbre dédié. Très sommaire, ce dernier vous permet par exemple d’augmenter votre santé initiale, votre nombre de sauts, votre vitesse de recharge en énergie (illimitée mais qui s’épuise à force de tirer) ou votre résistance générale. Rien de transcendant mais cela a le mérite d’exister et procure au joueur l’illusion de créer son propre personnage. À noter que la coopération à deux joueurs est prévue et débarquera d’ici le mois d’août.

Malgré cela, MOTHERGUNSHIP n’est pas The Witcher 3 et constitue un bon gros défouloir à la difficulté crescendo. Sachez tout de même qu’en cas d’échec vous perdrez les éléments (connecteurs, canons et modules) choisis pour débuter la mission. A chaque run il faudra ainsi faire un choix entre embarquer du stuff de qualité pour maximiser ses chances de réussite ou tenter un essai avec de l’équipement de piètre qualité pour ne pas perdre ses meilleurs éléments en cas de mort prématurée.

Propre et jouable, simple et efficace

Visuellement MOTHERGUNSHIP est réussi sans être éblouissant. Bullet Hell oblige, les effets visuels abondent de partout ce qui peut rendre l’action confuse à l’écran lorsqu’il y a trop d’ennemis présents. C’est propre et le jeu ne souffre pas de ralentissements hormis lors des chargements. A noter un vilain bug que j’ai rencontré lors du chargement lors du lancement du jeu ou lors du retour à notre vaisseau, le chargement ne finissait jamais et j’étais obligé de quitter puis relancer le jeu. Gênant ! Heureusement cela ne survient pas systématiquement.

Le style visuel efficace est d’ailleurs à l’image de la maniabilité, critère essentielle pour ce genre au gameplay nerveux nécessitant des contrôles précis. Tout a été parfaitement pensé par Grip Digital pour l’adaptation à la manette : le mappage des touches, notamment les sauts (soit A, soit pression sur le stick gauche), et la possibilité d’effectuer un 180° d’une simple pression sur X. Chapeau !

Conclusion

Grip Digital nous offre avec MOTHERGUNSHIP une aventure rythmée digne des plus grands représentants du Bullet Hell. Le principal intérêt est le crafting de vos propres armes qui se révèle addictif, bien pensé et diablement loufoque pour éradiquer un bestiaire et des boss dans des environnements qui peinent à se renouveler sur la longueur. Cela manque de « carotte » pour que l’intérêt pour tous les types de joueurs soit assuré. Il n’en demeure pas moins que MOTHERGUNSHIP constitue un excellent défouloir au gameplay nerveux et précis que nous lancerons de temps à autre afin de décompresser d’une journée au travail difficile ou juste par amusement.

+ Les plus

  • Le crafting des armes est vraiment excellent
  • Gameplay nerveux : simple et efficace
  • Pas le temps de souffler, c'est ça qu'on aime !

- Les moins

  • Manque de variété dans les environnements
  • Le concept s’essouffle trop vite !
  • Les temps de chargement
  • Un scénario anecdotique
6

Je suis tombé dans la marmite Xbox en 2003 et depuis je n'ai plus besoin de potion magique pour m'intéresser à tous les jeux qui sortent sur ces belles machines au fil des années. Je suis accessoirement un PGM en mousse.

2

  1. Ça c’est le jeu susceptible d’être offert dans le cadre de l’offre Gold. Le genre pas mauvais qu’on ne remarque pas. Les médias mettent encore trop en avant les AAA et nourrissent trop leur célébrité. Ce site m’a l’air différent.

  2. Il y a dans ce jeu un je ne sais quoi propre aux FPS bruts, virils, sans chichi.
    On ne va pas s’y accrocher des heures durant, certes.
    Mais une session d’une heure de temps en temps histoire de se plonger dans un déchaînement de feu et d’acier qui défoule et fait du bien.

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