Test – MXGP 19, un boue de paradis

Avec MXGP 19, Milestone entend proposer le summum de la simulation de moto cross. Si sur le papier ce n’est pas forcément évident à croire après un MXGP 3 complètement raté, le développeur italien a néanmoins su rebondir depuis. MXGP Pro avait su séduire et proposait en effet de vraies belles idées de gameplay permettant de s’amuser au guidon de Motocross sous licences. Bonne nouvelle pour les amateurs du genre, Milestone poursuit sur sa bonne lancée et propose un titre qui ravira sans doute les amoureux du sport.

Sans maîtrise, la puissance n’est rien

Si vous avez déjà joué à un MXGP, alors vous savez combien maîtriser sa bécane est difficile. Dans ce nouvel opus, c’est encore plus vrai puisque Milestone va plus loin dans la simulation en intégrant une multitude de petites nouveautés. Certes le fond reste le même, vous contrôlez toujours votre moto au stick gauche et votre pilote au stick droit, mais le tout progresse afin d’être plus réaliste encore.

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Manette en mains, cela donne donc des Motocross plus précises en piste. Ainsi, si on pouvait par le passé se permettre de rouler tous gaz ouverts, notamment en MX2, ce n’est désormais plus le cas. Il faudra se montrer bien plus agile et véritablement adapter son comportement au tracé des pistes. Cela est d’autant plus vrai que l’adhérence et le poids sont bien mieux retranscrits et qu’il sera nécessaire d’en jouer. Les sensations, fines et précises, permettent donc de bien maîtriser sa moto à condition d’en retirer un certain nombre d’aides à la conduite.

C’est en effet devenu un classique depuis l’avènement de Forza Motorsport, les paramétrages sont désormais très nombreux. Et cela peut aller relativement loin pour le néophyte puisque le poids du pilote ou la physique de la moto peuvent être complétement gérés automatiquement. Une hérésie pour les puristes qui souhaiteront, eux, retirer un maximum d’aides et ajuster à leur sauce les différents aspects de la moto. Un choix judicieux qui permettra, plus que jamais, de bien dompter la piste.

Bouge de là !

La piste fait justement partie des grandes évolutions de ce MXGP 19. Que ce soit sur la boue ou le sable, les sillons deviennent des pièges lors de vos courses. Si l’on pestera sur la différence plus que légère entre les deux surfaces, on ne pourra par contre qu’applaudir le travail effectué sur l’impact des déformations de la piste. Chaque trou se creusent davantage au fur et à mesure des tours et, sans gérer convenablement votre bécane, vous partirez à coup sûr dans le décor. Sauf s’il pleut, auquel cas c’est la chute qui vous guettera puisque chaque accélération un peu trop brutale vous fera perdre votre adhérence. Bref, à l’image de ce qu’il se passe en compétition, vous devrez toujours être aux aguets pour ne pas partir à la faute. Et ce, que ce soit dans les virages ou lors de vos réceptions suite à un saut.

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Ces derniers restent d’ailleurs en retrait par rapport au reste du titre. Ils n’apportent pas grand-chose à la course si ce n’est quelques défauts de physique. En effet, en retombant sur des adversaires vous pourriez être surpris en voyant votre machine…rebondir ! Mais ce n’est pas tout puisque vous pourriez vous retrouver à partir à 90 degrés suite à un contact dans les airs. Une physique bien étrange qui n’épargne d’ailleurs pas les scrubs qui ne servent tout simplement à rien.  Vous aurez beau répéter l’exercice afin de gagner du temps en piste, à part augmenter le risque de chute, nous ne diminuerez par la hauteur de votre saut. Inutile.

Mais en dehors de ces éléments, il faut reconnaître que la conduite est un plaisir exquis à la hauteur de l’exigence qu’elle impose ! Et si, tout comme moi, vous trouvez les tracés actuels du MXGP un peu fades, vous n’hésiterez pas alors à gouter à un autre ajout du jeu : l’éditeur de circuit !

Trace ta route

Présenté comme le gros morceau de cette cuvée de MXGP, l’éditeur de circuit fait plaisir à voir. Facile à utiliser et disposant d’un vrai tutoriel bien pensé pour le prendre en main, vous y passerez sans doute quelques heures. D’autant que vous pourrez aisément partager vos créations et importer celles de la communauté du jeu. De quoi, bien heureusement, échapper à ceux sous licences qui sont, depuis quelques années, de moins en moins techniques et intéressants.

Autre nouveauté de cette année, le Playground. Véritable terrain de jeux et d’entraînement, vous pourrez ici vous balader en toute liberté. Un peu de forêt pour vous faire rouler sur terre et un peu de désert pour découvrir le sable et vous obtenez un lieu parfait pour vous essayer à tous les changements possibles sur votre moto. Idéal pour appréhender au mieux les impacts des changements de paramétrage que vous pouvez réaliser, Playground sera un détour indispensable pour peaufiner votre pilotage. Et si vous souhaitez simplement vous balader et réaliser quelques tricks, vous le pouvez aussi !

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Pour le reste, c’est du classique grâce aux licences officielles présentes dans le titre de Milestone. On retrouve ici tous les pilotes et toutes les teams de MX1 et MX2 ainsi que les sponsors et autres pièces pour vos motos. Grâce à cela vous pourrez personnaliser comme bon vous semble votre bécane et rouler sur la concurrence via une écurie déjà existante ou en créant la vôtre. Malheureusement, si le mode Carrière est sans aucun doute le cœur de ce MXGP en termes de mode de jeu, il est toujours aussi monotone.

2 minutes s’il vous plaît

En effet, à l’image de ce que vous avez déjà découvert précédemment, vous enchainerez les courses les unes après les autres en célébrant entre chacune vos victoires. On aurait aimé découvrir des nouveautés et la possibilité de gérer sa team, sa carrière, les contrats de sponsoring ou autre mais il n’en est rien. Dommage d’autant qu’avec la création de circuit, il était facile d’imaginer chambouler le calendrier tel qu’il existe aujourd’hui.

Pour terminer, et parce que la boue n’est pas qu’une affaire de tâches, sachez que le jeu est techniquement réussi. Le rendu global est plutôt très propre même si certaines animations (les chutes notamment) et les visages semblent parfois nous venir de la génération précédente. Les décors subissent d’ailleurs le même traitement avec un public rigide comme des panneaux. Rien de rédhibitoire cependant et notre œil ne sera en aucun cas agressé par l’image à l’écran. Tout le contraire des temps de chargements qui, eux, vous taperont sans doute sur le système.

A l’image de ce que peuvent proposer d’autres productions du studio, GRAVEL en tête, le jeu vous demandera de patienter pour tout et un rien. A son lancement, comptez une bonne minute trente afin d’accéder à la première course. Une patience qu’il vous faudra renouveler à chaque changement de destination et qui vous sortira parfois de l’expérience. C’est sans doute là le plus gros défaut du jeu qui peine à apporter une certaine fluidité dans l’enchaînement des épreuves.

La boue vous va si bien

Au final, MXGP 19 s’impose comme un très bon titre de simu. Son gameplay est véritablement jouissif pour qui prend le temps de s’y plonger et mérite d’être creusé. Certains errements (réceptions, rebonds sur les concurrents…) existent bien mais pas de quoi gâcher le spectacle d’autant que la fonction rewind est toujours de la partie ici. Mais attention à ne pas tomber dans la facilité pour Milestone l’année prochaine. Une simple mise à jour des licences ne sera sans doute pas suffisante et il faudra définitivement faire grandir la carrière pour permettre au titre de séduire toujours plus de joueurs.

+ Les plus

  • Le pilotage qui s'adresse tant aux fans qu'aux néophyte
  • Les licences officielles
  • L'éditeur de circuit
  • Le mode Playground
  • Les sillons qui évoluent et impactent la conduite

- Les moins

  • Certains bugs en course
  • Les temps de chargement
  • Le mode Carrière toujours insipide

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