Test – Naraka : Bladepoint, quand le “Battle Royal” croise le fer avec Sekiro

Naraka : Bladepoint , c’est la petite surprise du dernier Xbox/Bethesda Showcase qui s’est tenu le 12 juin dernier. Présenté tout d’abord sur PS5 via du gameplay il y a un an, puis commercialisé en août sur PC, le titre atterrit finalement sur les consoles Xbox en exclusivité temporaire. Un énième “Battle Royal” me direz-vous ? Et vous auriez raison de vous interroger si on regarde la multitude de titres du genre déjà présents dans le paysage vidéoludique. Les célèbres Fortnite, Apex Legends, Call of Duty : Warzone, PUBG ou Fall Guys montrent que le genre est déjà bien représenté et qu’il suffit, parfois, juste d’un rien pour que tout capote à l’image du regretté Hyper Scape. Alors est-ce que ce nouvel arrivant possède les armes pour plaire et se faire une place ? Je vais essayer de vous donner des pistes de réponses d’un coup de katana ! Banzaiiii !

Je t’aime, moi non plus !

Je n’aime pas les “Battle Royal” !

Ce n’est pas ma came comme dirait notre chère Jess Bond. Fortnite ? L’univers et les constructions dans la boucle de gameplay m’ennuient. Apex Legends ? J’ai adoré la synergie des personnages, beaucoup moins l’approche très compétitive du titre. Ainsi, pour en avoir essayé quelques uns, il y avait toujours un ou des aspects qui me faisaient tourner le dos à ce type de jeu. Et, on ne va pas se le cacher mais la surexposition ou l’arrivée systématique d’un mode de ce type me filait carrément des boutons. Pourtant, l’arrivée d’un certain Fall Guys et du récent Naraka : Bladepoint, mon opinion assez réfractaire là-dessus a complétement chaviré.

Pourtant dès la mise en route du titre de 24 Enterntainment, un développeur chinois, j’ai pris un tout petit peu peur. En effet, vous êtes immédiatement agressé par une multitude d’écrans, des menus ou sous-menus à foison, et vous vous retrouvé vite perdu face à cette profusion. Oui, nous nous sommes pas trompés, nous sommes bien en face d’un jeu multijoueur asiatique. Et pour en avoir effectué plusieurs dans mon passé de joueur, tel que Blade & Soul ou Aion (en version coréenne), j’ai dû me poser plusieurs minutes pour examiner l’ensemble de cette interface excessivement fournie. Et il ne faudra pas hésiter à le faire.

Le jeu durant sa présentation se veut nerveux, dynamique et plutôt jouissif à regarder. Pourtant je ne vous conseillerais que trop de passer par la case tutoriel pour vous familiariser avec les mécaniques et le gameplay. Naraka : Bladepoint donne beaucoup de plaisir à jouer manette en main mais il peut aussi se montrer très punitif pour les joueurs les plus téméraires et les plus imprudents.

Petit scarabée deviendra grand…ou pas !

Avec ses sept personnages disponibles d’entrée sur les douze au total, chacun possédant un don et un ultime différent, vous aurez l’embarras du choix pour trouver votre héros ou héroïne de prédilection. Si certains brilleront plus en groupe avec leurs pouvoirs de soutien, d’autres sont beaucoup plus offensifs et feront des merveilles en solo. Il n’y a pas, de toute façon, de personnages vraiment inutiles lorsque l’on est lancé dans la mêlée, mis à part Kurimi la pure soigneuse du panel qui sera un peu désavantagée en solo. Car si certains pouvoirs peuvent se montrer parfois décisifs, l’issue des combats se jouera souvent à la pointe de l’une des huit armes de corps à corps ou des sept à distance. Chacune d’entre elle répond d’ailleurs à un style de jeu bien différent et vous devrez connaitre les forces et les faiblesses de ces dernières avant de vous engager dans le moindre duel.

Oui car l’erreur vous sera sans doute fatale en moins de temps qu’il vous faudra pour dire “ouf” contre certains adversaires bien plus aguerris ou préparés que vous. Pour pallier à cela, il vous faudra assez vite maitriser la triangulaire de mouvements d’attaques dont chaque personnage dispose : attaques légères, attaques chargées et la parade. Tel un “feuille, papier, ciseaux”, chaque groupe de coups est, par conséquent, faible ou fort contre un autre. Ainsi la parade contre les attaques chargées mais pas les légères, et les attaques chargées vous prémunissent des attaques rapides mais peuvent vous mettre en grave difficulté contre une parade bien sentie. Si vous vous sentiez l’âme d’un matraqueur de boutons, soyez au fait que si cela peut bien fonctionner contre les bots dans la majeure partie des cas, vous pourriez tomber sur un os contre un vrai joueur.

On se retrouve donc rapidement dans la tension que peut engendrer un jeu “versus fighting” et où la moindre erreur peut vous être fatale ! Si j’avais un conseil à vous donner c’est de ne jamais sous-estimer un adversaire tant que le combat n’est pas terminé. Si vos premières parties seront surtout envahies par des adversaires contrôlés par le jeu, ne vous gargarisez pas trop vite des quelques victoires qui en découleront. Le retour de bâton contre de vrais joueurs va vous faire très mal ! Très très mal même ! Préparez-vous aux attaques à coup d’arbalète à répétition d’un ennemi caché en haut d’un arbre, ou de ceux profitant que vous soyez déjà contre un autre adversaire pour vous arroser à coup de mousquet dans la tête ou de venir dans la mêlée pour finir de détruire le peu de vie qui vous reste. C’est le jeu ma pauvre Lucette !

Loin d’être parfait mais loin d’être mauvais !

Dois-je vous faire l’affront de vous raconter le semblant d’histoire qui n’a que pour seul but de vous mettre sur la gueule sur l’immense île de Morus, contre un maximum de 59 autres épéistes ? Non, je ne crois pas. On pourra tout de même souligner que vous n’aurez à disposition que ce seul et unique environnement en mode survie et classé. Alors, oui l’arène de combat est gigantesque mais il arrivera souvent de ne pas rencontrer grand monde avant un long moment, selon le positionnement que vous aurez choisi en début de partie. Également, oui la carte présente plusieurs points remarquables avec de plus, pas mal d’endroits secrets ou de cachettes à découvrir. Mais il n’en reste pas moins que ce seul endroit disponible pourrait vite vous ennuyer et lasser. Il sera toujours possible de vadrouiller vers les autres modes disponibles comme le Bain de Sang (une escarmouche ou l’on doit tuer le plus d’adversaires dans un temps limité) ou le Cauchemar d’Omni (trois factions de joueurs s’affronteront pour réussir leurs objectifs propres). Mais, malheureusement, certains ne sont pas disponibles tout le temps et d’autres ne changeront pas énormément l’expérience.

Enfin, on pourra reprocher que le jeu, malgré qu’il soit payant, ne propose dans aucune version le Battle Pass. Ce dernier sera donc de votre poche si vous voulez acquérir une partie de la véritable nuée de cosmétiques disponibles dans la boutique ! Dans les autres griefs majeurs que j’ai pu retenir, je pourrais noter un effort minimal dans l’interface générale qui s’avère souvent très envahissante, ainsi que le peu de travail effectué pour rendre l’ensemble plus accessible. En ce qui concerne le domaine technique, Naraka : Bladepoint souffle le chaud et le froid avec une esthétique très travaillée mais qui contraste avec une fluidité très fluctuante, une distance d’affichage pas extraordinaire et des textures somme toute assez moyenne sur Series X.

CONCLUSION

À l’image d’un Hadès qui a été le jeu qui m’a fait apprécié le genre Roguelite, Naraka : Bladepoint est celui qui m’a ouvert les chakras pour les Battle Royal. Le titre des développeurs chinois 24 Entertainment propose une expérience nerveuse et esthétique dans ses combats. Toutefois, on pourra regretter la présence d’une seule et unique carte mais qui s’avère suffisamment riche pour s’y amuser et y retourner sans bouder son plaisir. Il faudra pour cela lui consacrer un tant soit peu du temps pour éviter de vous faire découper en deux secondes à la moindre escarmouche ! Mais le jeu en vaut la chandelle pour une proposition qui sort agréablement des sentiers battus.

Critères d’accessibilité

Déficience Visuelle Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée) Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

Détails TV 4K – OLED/Moniteur Jeu fourni par l’éditeur non
Console Xbox Series X Temps passé sur le jeu 15 heures
Niveau de difficulté Punitif Jeu terminé non

+ Les plus

  • La direction artistique (surtout venant des personnages)...
  • Le gameplay immédiat et très diversifié via le nombre d'armes disponibles...
  • Une carte immense et truffée de secrets à découvrir...
  • Un nombre d'évènements et d'objectifs conséquents
  • Le nombre de personnages
  • La durée de vie
  • Sous-titres et menus en français

- Les moins

  • ... mais une technique pas toujours au poil sur Series X (saccades, textures, distance d'affichage)
  • Demandera beaucoup de pratique pour le maitriser
  • ... mais qui vous semblera bien vide par moment
  • Une seule carte disponible en mode survie.
  • Trois monnaies ? Pourquoi faire ?
  • Un Battle Pass payant même pour les acquéreurs de la version Ultimate Deluxe
  • Pas une très grande accessibilité.

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