Harcèlements chez Ubisoft : le DG de Singapour démis de ses fonctions

Ubisoft a vécu un été pour le moins difficile. Suite aux enquêtes menées par Libération et Numerama, le géant français du jeu vidéo a fait face à un retentissant scandale de harcèlement moral et sexuel mené par certaines de ses têtes pensantes. Plusieurs cadres de la société ont ainsi été remerciés avant que Yves Guillemot, l’emblématique patron de la firme, ne s’engage à mener des actions concrètes. Audit, enquêtes internes, refonte des process : les opérations menées sont nombreuses et sont aujourd’hui toujours en cours. Cependant leurs effets se font déjà sentir, comme nous l’apprenons aujourd’hui avec le retrait de Hugues Ricour de ses fonctions. L’homme à la tête d’Ubisoft Singapour paye ainsi les frais d’un audit ayant révélé un comportement inadapté dans le cadre de son activité.

Harcèlement sexuel et moral chez Ubisoft Singapour

En charge de la supervision des équipes de Skull & Bones, Hugues Ricour est également partie prenante sur plusieurs productions d’Ubisoft. De Assassin’s Creed à Immortals : Fenyx Rising, l’homme est une figure importante de la société. Cependant, Kotaku affirme aujourd’hui que le Directeur Général de Singapour n’est plus en poste. La raison ? Un comportement problématique avec certaines jeunes femmes et un management toxique.

Hugues Ricour, l'homme chargé de superviser le studio d'Ubisoft à Singapour, qui développe actuellement Skull and Bones, a été démis de ses fonctions suite au résultat d'un "audit de direction", selon une copie d'un courriel interne de la société envoyé en début de semaine et obtenu par Kotaku.  Ricour occupait ce poste depuis début 2018 et était chargé de superviser les nombreux projets du studio, qui comprennent non seulement le prochain jeu de combat de bateaux pirates d'Ubisoft, mais aussi des responsabilités de coproduction sur la série Assassin's Creed et les prochains Immortels : Fenyx Rising, anciennement appelé Gods and Monsters.  "Hugues Ricour n'est plus directeur général d'Ubisoft Singapour", peut-on lire dans le courriel de Virginie Haas, directrice des opérations des studios d'Ubisoft, qui a pris ses fonctions en août dernier, alors que la société est en pleine phase de démarrage de MeToo. "Les résultats de l'audit de direction qui a été mené ces dernières semaines par nos partenaires externes font qu'il lui est impossible de continuer à occuper ce poste".  Il n'est toujours pas clair si Ricour a été licencié de la société ou simplement écarté de son poste de direction actuel.  La nouvelle fait suite à une enquête menée le 14 août par le Gamasutra sur des abus sur le lieu de travail chez Ubisoft, qui a révélé que Ricour avait été accusé de "multiples sources de harcèlement sexuel", notamment de faire des commentaires suggestifs sur ce que les femmes portaient et de solliciter des baisers lors de manifestations professionnelles. Des sources avec lesquelles Kotaku s'est entretenu au cours des derniers mois affirment que le style de gestion et le comportement de Ricour au travail étaient problématiques, citant l'intimidation, les commentaires dégradants et les mesures de représailles contre les personnes perçues comme lui ayant tenu tête.  Ricour et Ubisoft n'ont pas répondu immédiatement à une demande de commentaires.  Le courriel interne de Haas indique que le directeur des opérations d'Ubisoft Singapour, Matthew Thorpe, et la directrice des ressources humaines, Debbie Lee, "assureront une transition en douceur dans l'intervalle", et que le studio organisera prochainement une réunion publique pour répondre aux questions des employés sur le renvoi de Ricour.  Révélé à l'E3 2017 comme un jeu de guerre navale inspiré d'Assassin's Creed IV : Black Flag, Skull and Bones devait initialement sortir l'année suivante, mais a depuis été reporté à plusieurs reprises. En juillet de cette année, VGC a annoncé que le jeu avait été relancé.  Trois sources ayant connaissance du développement du jeu, mais qui ont souhaité rester anonymes car elles n'étaient pas autorisées à parler à la presse, ont dit à Kotaku que le jeu avait subi de multiples révisions depuis le début du développement et qu'il était encore loin de sortir. Elisabeth Pellen, la deuxième directrice de création du jeu, a reconnu certains de ces retards et changements de direction dans une lettre ouverte aux fans en septembre.

Selon l’enquête de Kotaku, qui a pu mettre la main sur un courrier interne et interroger différents salariés, Hugues Ricour avait pour habitude de commenter les tenues de ses collaboratrices, d’exiger des baisers lors d’événements professionnels et de glisser des sous-entendu pour le moins évocateurs. Toujours selon Kotaku, l’homme usait également d’intimidations, d’insultes et de menaces pour « motiver » les troupes. Un management pour le moins problématique, mêlant donc harcèlement sexuel et moral, d’après différents témoignages.

Skull & Bones toujours en chantier

En attendant une nouvelle nomination à ce poste, ce sont Matthew Thorpe, directeur des opérations d’Ubisoft Singapour, et Debbie Lee, directrice des ressources humaines qui “assureront une transition en douceur”. En parallèle, le studio prendra prochainement la parole publiquement sur ce sujet et pour préciser les sanctions retenues contre Hugues Ricour.

Pour l’heure, il n’est pas encore clair si l’homme fait toujours ou non partie des effectifs d’Ubisoft. Cependant, on peut saluer la prise d’initiative rapide de la société de mettre en retrait l’homme alors que les enquêtes internes ont démarré il y a peu, en août dernier.

Quant à Skull & Bones, le projet est toujours en chantier. Le jeu a subit différents retard et a notamment du être rebooté en cours de développement. Espérons avoir de ses nouvelles prochainement, alors que l’ équipe de Singapour sera dans un environnement plus sain pour travailler sereinement.

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