0
Please log in or register to do it.

Une date, 26 avril 1986. Une ville, Prypiat. Une centrale, Tchernobyl. À jamais gravées dans la mémoire ou l’inconscient collectif. Marrant et ironique de parler d’inconscient… Ne devrait-on pas parler plutôt d’inconscience quand on parle d’exploiter l’énergie nucléaire ? Mais là n’est pas le débat, car l’une des catastrophes majeures de notre temps nourrit encore et toujours la machine à fantasmes et à rêves. Se balader dans le no man’s land est même devenu une attraction touristique. Heureusement, avec S.T.A.L.K.E.R. en son temps, on a pu le faire tranquillement depuis chez soi. Et en attendant le deuxième épisode, quoi de mieux qu’une délicieuse mise en bouche nommée Chernobylite ? 

Note : Au regard des nombreux bugs et crashs et au patch Day One déjà prévu, je ferai un second run et amenderai (ou pas) le présent test.

Un Ocean’s Eleven à l’ukrainienne 

De nos jours. Igor s’aventure dans la zone d’exclusion de Tchernobyl à la recherche de sa bien-aimée, Tatyana. Celle-ci a disparu lors de la catastrophe et un nouvel indice le laisse espérer qu’elle serait encore de ce monde. Malheureusement, sa première approche de la centrale se solde par un échec cuisant. En effet, la région supposée déserte est sous la coupe d’une armée de mercenaires à la solde d’une mégacorporation. Certes, Igor n’est pas n’importe qui, il connaît la centrale pour y avoir travaillé, lui le physicien de très haut niveau. Mais ce n’est pas un aventurier, ni un guerrier, à peine un survivant.  

Tout l’enjeu sera de s’entourer d’autres rescapés, pillards ou simples habitants pour espérer à terme pénétrer dans la centrale, selon un plan scripté. Igor, au cours de son périple, pourra s’acoquiner avec jusqu’à cinq acolytes eux aussi prédéfinis. Du plus basique soldat de fortune en passant par le petit escroc minable jusqu’au mec zarbi techno-chaman, la fine équipe sera d’un renfort indispensable mais pas seulement sur le terrain. Car grâce à eux, Igor pourra apprendre de nouvelles techniques de survie et passer de rat de laboratoire à véritable Stalker. 

D’ailleurs, les premiers instants sur Chernobilyte font bien sentir le coté inadapté d’Igor dans cet environnement hostile. Par exemple, le pauvre baisse de moral à chaque combat contre des ennemis ou peine à en neutraliser un discrètement par derrière. Bref, on dirait le touriste de base. Mais la montée en puissance se fait vite sentir avec les nouvelles compétences acquises, de nombreuses ressources récoltées et un peu de craft pour se soigner ou fabriquer une tétrachiée d’équipements.  

De surprise en surprise 

À partir d’une introduction classique où tout se passe mal, Chernobylite enchaîne les bonnes surprises. Pour commencer, le hub servant de base d’opération n’est pas là pour faire joli. Bon heureusement, car je ne peux pas dire que le titre brille par sa technique. Non, le QG sera personnalisable à la façon Fallout 4. Assez simplement d’ailleurs, Igor installe de quoi usiner armes et armures, fabriquer des soins et munitions et même de petites plantations. Ensuite, à la manière de This War of Mine, il faudra prendre soin de votre équipe en fabriquant des lits, un fauteuil par ici, une vielle radio par là. Je rassure tout de suite, cette partie gestion n’est pas pénible du tout, en difficulté normale je n’ai pas eu de PNJ s’enfuyant de la base ou autre. Avec suffisamment de ressources récoltées, le tout apparaît même artificiel et vite sous contrôle. Par exemple, ne construire que des lampes de base accroît la jauge de confort et suffit à renforcer le moral de vos acolytes.  

La référence à This War of Mine ne s’arrête pas là. Pour rappel, ce jeu mettait en scène des civils pendant un siège fictif mais rappelant celui de Sarajevo. Il fallait prendre soin d’eux pendant la journée et organiser une sortie dans la ville pendant la nuit pour chercher de la nourriture ou autre. On retrouve un peu de ce rythme dans Chernobylite. La journée est dédiée aux missions dans cinq grandes cartes de la zone d’exclusion et le soir reste un moment de calme pour filer à manger à l’équipe, crafter ou encore glaner des compétences. Le pli est vite pris et à mesure que l’on s’entoure de PNJ, on pourra les envoyer en parallèle de nos aventures pour des missions automatiquement réglées. De quoi se fournir un peu en munitions, soin, rations… 

Une ambiance ZEN (Zone d’Exclusion Nucléaire)

Chernobylite dispose de cinq cartes préposées aux nombreuses missions de l’histoire principale. Cette dernière tient en haleine pendant au moins 25 heures. Car de nombreux rebondissements attendent Igor, mais aussi des choix moraux qui trouveront des échos bien plus tard dans l’aventure, autant d’occasion de lâcher des “mais non !?”. Une fois sur un des cinq théâtres d’opérations autour de la centrale, Igor peut agir comme un bourrin ou avec furtivité. À vous de voir, les deux approches restent viables et assez bien faites pour ne pas devoir choisir par défaut l’autre approche.  

L’exploration est un régal dans cet enfer radioactif et vitrifié depuis les années 80. Grâce au radar à ressources et au compteur Geiger, à la carte montrant les points d’intérêts et l’objectif principal, il y a de quoi faire sur chaque niveau. Heureusement, car jour après jour, il faudra y retourner pour enfin accéder à une zone ou constater les conséquences de ses choix. Par ailleurs, l’armement tient toutes ses promesses avec le meilleur de ce que l’URSS a produit et qu’Igor pourra modder selon ses envies et besoins. De quoi garantir une expérience satisfaisante à défaut d’être extraordinaire. Igor reste tout de même humain et tremble quand il vise par exemple. 

L’autre force de Chernobylite réside aussi dans son background hyper réaliste. Les dialogues très bien écrits mentionnent d’autres évènements historiques, font référence à des mastodontes tels que Gazprom et nous en apprennent plus sur l’URSS en général. En particulier, de nombreuses discussions avec les protagonistes et documents glanés nous renseigneront sur le programme nucléaire soviétique. Fascinant et flippant. Comme ce projet de réacteur mobile finalement abandonné… Un cadre donc crédible pour une aventure mettant au centre de son propos et de son gameplay une matière aux propriétés extraordinaires, la fameuse “chernobylite”. Personnellement, j’ai été happé et n’ai pas pu décrocher pendant les 25 heures qu’a duré ma première partie. Et j’ai hâte d’en lancer une seconde… 

Un colosse aux pieds d’argile 

Un conseil pour commencer : garder les voix en russe pour une immersion la plus crédible possible. Oh, on peut choisir également l’anglais mais ça ne me paraît tellement pas adapté. Je n’ai même pas essayé pour vous dire. L’interface et les sous-titres sont, eux, en français et très bien traduits. Une simple guitare sèche, douce et mélancolique, raisonne par moment dans le calme du hub, quand les missions sont elles rythmées par les crépitements du compteur Geiger. Les combats le sont par une musique d’action bien plus classique et oubliable. 

Mais tout n’est pas rose dans la zone interdire. Pour commencer, un flou cinétique assez violent entache l’expérience. Il faut s’y habituer et passer outre, l’expérience en vue à la première personne proposée sera tout juste passable. De plus, le framerate n’est pas très élevé, mais ce n’est pas le pire. Vers la fin de l’aventure, un problème de sauvegarde est survenu. Un message est apparu avec quelques retours à l’interface. Rageant. Mais le plus dingue dans cette affaire, c’est que le jeu m’a tellement happé et captivé que j’ai tout de même poursuivi jusqu’à la conclusion. À noter que les développeurs connaissent ces nombreux bugs et écueils et vont mettre en place un patch Day One pour, je l’espère, améliorer/régler tout ça. 

Conclusion 

Attention, Chernobylite est pour l’heure perclus de bugs qui peuvent entacher l’expérience de jeu. Le patch Day One déjà prévu est supposé corriger tout ça mais je tiens tout de même à mettre en garde. Reste une aventure atypique, empruntant et agglomérant efficacement de nombreuses fonctionnalités vues par ailleurs. Dans un cadre propice aux fantasmes et au merveilleux, l’aventure ne déçoit pas et captive pendant au moins 25 heures. Peut-on dire qu’il fait office de simple amuse-bouche, idéal pour patienter jusqu’à la sortie de S.T.A.L.K.E.R. 2 ? Non, ce serait réducteur tant Chernobylite impose un univers riche et fantastique, fascinant à explorer, terrifiant de crédibilité. Parcourir encore et encore la zone d’exclusion est toujours une plongée irréelle dans un squelette géant, vidé de sa substantifique moelle, figé pour l’éternité. Ou jusqu’à ce que l’érosion gomme en apparence seulement les conséquences de la folie des humains. Un coup de cœur assurément.


Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle  Déficience Auditive
✘ Contraste élevé (réticule de visée)✘ Sous-titres avec indications d’ambiance
✘ Taille couleur de police✔ Identification de la personne qui parle
✘ Marquage des ennemis✘ Police personnalisable
✘ Interface personnalisable✘ Couleur de police personnalisable
✘ Couleur minicarte personnalisable✘ Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
✘ Option daltonisme✘ Sons ambiants signalés (informe sur présence)
✘ Option Text to speech
✘ Ralentissement du jeu

Conditions de test

 Détails TV4K  Jeu fourni par l’éditeuroui
  ConsoleXbox Series X  Temps passé sur le jeu25 heures
  Niveau de difficulténormal  Jeu terminéoui
Le Cloud Gaming sur consoles arrive pour certains Xbox Insiders
Le guide des quêtes Xbox Game Pass et Rewards de septembre 2021