Édito – Pourquoi Netflix se doit d’adapter Squid Game en jeu-vidéo

La nouvelle série sur la plate-forme Netflix cartonne, il n’y a aucun doute là-dessus… Squid Game à réussi à s’imposer en très peu de temps comme le programme à voir, ne serait-ce que pour comprendre les mèmes qui pullulent sur les réseaux sociaux. Un bon exemple pour realiser son succès serait la page Instagram de l’une des actrices. En effet, au lancement, le 17 septembre, elle comptait 400 000 abonnés, aujourd’hui près de 14 millions de fidèles ! Un succès fulgurant qui touche tout le monde, tous les âges et toutes les classes sociales et cela dans l’ensemble des pays où Netflix est installé. Un phénomène qui tombe à point nommé pour la plate-forme américaine, en pleine incursion dans le monde des jeux vidéo.

Car oui, Squid Game est bien basé sur les jeux vidéo. Le synopsis est simple : des personnes de toutes origines et classes sociales acceptent de participer à un ensemble de six jeux pour éponger leurs dettes. Un concept compréhensible par le plus grand nombre, surtout dans cette période de pandémie qui a vu une grande partie de la population perdre de son pouvoir d’achat. Je parle ici du fond de l’histoire, celle qui touchera une démographie large et déjà d’un certain âge. Dans la forme, Squid Game s’apparente à un gigantesque jeu vidéo filmé. Un groupe de 456 joueurs se voit progressivement réduit par élimination après chaque échec. Élimination est utilisé ici au sens propre, signifiant que vous êtes littéralement tué si vous échouez. Le nombre de joueurs se réduisant, permet d’amplifier notre empathie envers le noyau dur. Un groupe restreint de personnes issu de tous horizons. Le père célibataire en galère de thunes, mais qui souhaite le meilleur pour sa famille, un homme atteint d’une tumeur, un gangster, un médecin… Le spectre est large. Et surtout, suffisamment affirmé pour soutenir la comparaison avec les personnages généralement proposés dans les jeux vidéo. Visuellement, les codes du jeu sont également repris. Que ce soit une géographie des lieux facilement identifiable ou une palette de couleurs tranchée, on se croirait sur les maps que nous parcourons tous les jours entre amis ! De même bien sûr que les ennemis, ici représentés comme des femmes et des hommes sans visage, entièrement recouverts d’uniformes rouges/roses et de masques. Difficile de ne pas reconnaître les hommes de mains que nous rencontrons à la chaîne in game. Le terme PNJ s’accorde bien ici, étant donné leurs mouvements presque robotiques, préprogrammés et surtout, sans aucune pitié. Oui, Squid Game est violent, mais pas plus qu’un jeu vidéo d’action interdit au moins de 18 ans. Le sang fuse, mais ces scènes sont toujours justifiées. Non pas par la finalité, inacceptable, mais par la mise en place des enjeux. Les épreuves proposées vont de “un, deux, trois, soleil” au “tir à la corde”, entrecoupés de jeux plus bavards et psychologiques. Une variété qui n’enlève rien au résultat. Au final, il n’en restera qu’un, qui gagnera une somme d’argent colossale, calibrée pour éponger une fois pour toutes ses dettes.

Avoir un concept en béton, c’est bien, mais de le mettre en image avec talent, c’est mieux. La force de cette série est de nous apporter le style cinématographique sud-coréen, adapté à la culture occidentale. Tout au long des neuf épisodes de Squid Game, nous sommes littéralement happés par les éléments mis en place. Qu’il s’agisse de la scénographie, souvent composée de plans fixes, de la musique, aux thèmes aisément identifiables, ou du montage maîtrisé… Tout est ciselé pour s’imprégner dans notre conscience collective.

Cela nous amène au titre de l’édito, ou pourquoi Netflix se doit d’adapter Squid Game en jeu. Les bases sont là, les pièces sont en place, autant visuelles que sonores. La conception du scénario, des personnages et des enjeux est présent. Mais c’est surtout le fait que Netflix se lance actuellement dans les jeux vidéo qui nous fait saliver. Tous les éditeurs espèrent le titre qui les fassent décoller, le plus vite possible. On connaissait déjà les jeux adaptés en séries (The Witcher). Mais l’inverse ne prend sens que si la série est façonnée pour être adaptée. L’argent n’attend pas et certains ont déjà pris les devants. Nous parlons ici de titres mobiles, dont certains inspirés de Squid Game sont déjà parus. Opportunistes certes, asiatiques et de mauvaise qualité, mais qui commencent déjà à occuper les portables des plus jeunes. Les cours de recréation ne parlent que de Squid Game. Par chance, Netflix a passé un cap dans ses ambitions vidéoludiques, avec l’acquisition récente de Night School Studio, créateur du très bon Oxenfree. Sans oublier d’autres titres comme Stranger Things 3, déjà sorti ou encore le futur Fast and Furious, basé sur son dessin-animé spin-off. Netflix se doit de réagir vite et bien. Vite pour ne pas que la hype s’essouffle et bien en confiant Squid Game au bon studio. Le marché du mobile ayant plus ou moins sombré à cause des navets publiés, c’est bien sur le tryptique PC-Xbox/PS-Switch qu’ils devra s’orienter. Un titre multi apte à réunir le plus grand nombre, avec des mini-jeux inspirés de la série, voire un classement mondial pour déterminer le vainqueur. Ou même un concept d’épreuves différent, mais épaulé par le visuel et les codes de l’univers. Le tout serait soutenu et inspiré par l’avenir bien sûr, soit une saison 2, déjà programmée…

La bande-annonce de Squid Game :

Bercé aux jeux vidéo depuis l’Amstrad, j’ai vécu ma vie vidéoludique sur cet adage: mieux vaut rouler en fiesta et avoir un paquet de jeux, qu’en Porsche, et d’en avoir aucun!

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