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Edito : comment les NFT vont probablement transformer les jeux vidéo

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L’annonce a fait grand bruit cette semaine. Ubisoft va se lancer dans les NFTs avec Ubisoft Quartz. Il s’agit là du premier move d’un éditeur majeur de l’industrie sur ce segment. Ghost Recon : Breakpoint sera le cobaye choisi pour leur test. Si pour certains cela n’augure rien de bon, il est bon de prendre du recul pour adopter une vision d’ensemble. Car si les NFT sont actuellement plus proches d’une bulle spéculative, voire de l’escroquerie, ils relèvent également de promesses qui changeront possiblement nos habitudes de consommation des jeux vidéo.

Avant-propos : Les éditos XboxSquad n’engagent que leur auteur et ne représentent pas nécessairement l’opinion de toute l’équipe. Bonne lecture !

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NFT, Web 3.0, cryptomonnaies : de quoi on parle ?

Partons du début. Avant de pouvoir expliquer leur fonctionnement, il faut définir de quoi on parle. Les NFTs et cryptomonnaies sont des devises de ce que l’on appelle le Web 3.0. Ce terme représente la troisième grande évolution que subit Internet. On parle de Web 1.0 pour l’époque des débuts d’Internet. En tant qu’utilisateur, nous avions accès à une sélection de contenus définis. Un peu à la manière dont les magazines mettent en avant certains articles qu’ils veulent que l’on regarde. Le Web 2.0, apparu au milieu des années 2000, correspond à la période où nous pouvions interagir avec le contenu et donc le créer. Cependant, toute cette activité était monétisée principalement par un ensemble restreint d’entreprises comme Google ou Facebook. Le Web 3.0 entend s’appuyer sur ce qui a fait le succès du Web 2.0 mais en replaçant l’utilisateur comme propriétaire de son contenu et supprimant les intermédiaires. Et c’est bien là, les notions importantes à retenir : le droit de propriété et l’absence d’intermédiaire.

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Les grandes entreprises ont bien compris cet aspect. D’ailleurs, Twitter, Facebook, GameStop ou bien Reddit investissent massivement dans cette prochaine évolution. Il ne sera plus nécessaire d’avoir plusieurs comptes sur les réseaux sociaux. L’utilisateur pourra se déplacer d’un réseau à un autre avec un unique identifiant. Revenons à nos moutons. Les NFTs ou jeton non fongible. À l’heure actuelle, on associe les NFTs à des images numériques pour lesquelles des internautes dépensent une fortune. Toutefois, ce n’est pas uniquement cela. L’appellation « non fongible » signifie que c’est un objet unique qui ne peut être remplacé. Les cryptomonnaies, en comparaison, sont des jetons fongibles. Vous pouvez échanger un Bitcoin contre un autre Bitcoin, ils seront identiques. Par contre, votre carte Dracaufeu première édition ou bien le Lotus Noir édition Alpha signé par son créateur Christopher Rush, elle, est unique.

Vous pouvez donc me dire : en quoi suis-je propriétaire de cette image s’il me suffit de faire un clic droit enregistrer pour l’avoir sur mon ordinateur ? Eh bien ce n’est pas si compliqué. Qu’est-ce qui prouve que votre maison ou appartement vous appartient ? Le titre de propriété rédigé par votre notaire. Le notaire sert ainsi de tiers de confiance, assurant la conformité et l’authenticité du papier. Maintenant, remplacer votre notaire par la blockchain – la base de données distribuée entre tous les utilisateurs du réseau informatique – et le titre de propriété par une adresse pointant vers la transaction infalsifiable. Vous voilà avec votre équivalent numérique d’une preuve de propriété.

Les NFTs et le jeu vidéo : vers de nouveaux modèles économiques

Souvenez-vous. Auparavant, vous achetiez un jeu en magasin et y jouiez directement. Il n’était pas question de mise à jour ou cout additionnel ingame. Ce modèle s’appelle le buy-to-play. Le simple achat du jeu donne droit à l’intégralité du contenu disponible. Puis, au début des années 2000, Everquest a transformé le genre en ajoutant un abonnement mensuel pour profiter du titre. Le succès est immédiat et il deviendra pendant 5 ans le jeu en ligne le plus joué. C’est à la même période que commence à émerger un nouveau modèle pour les jeux en ligne : les free-to-play. Très tôt, ces jeux ont une mauvaise réputation étant comparé à des versions inférieures de jeux qui requiert un achat initial et n’étant pas rentable. Plus d’une décennie plus tard, on voit qu’ils sont bien installés et que le modèle fonctionne. Bien entendu, toute médaille a deux faces : les titres pay-to-win – dépenser de l’argent réel pour acquérir plus de puissance dans un jeu et monter dans le classement – existent toujours et les DLCs, au contenu variable d’une licence à l’autre, se sont imposés dans nos habitudes.

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Cela nous amène à nos jours avec les histoires de metavers et autres joyeusetés du Web 3.0. Avec elles, un nouveau modèle commence à pointer le bout de son nez. En effet, il s’agit du play-to-earn. La promesse derrière ce modèle est que grâce aux devises et objets numériques comme les NFTs, les joueurs peuvent les monétiser et gagner de l’argent simplement en jouant. Plusieurs jeux sont sortis ces derniers mois comme Axie Infinity, Crazy Kings ou bien Gods Unchained. Si pour l’heure, il est surtout de question de jeux sur PC et mobiles, les consoles ne sont pas totalement oubliées. La dernière réunion avec les actionnaires de Pearl Abyss a permis d’en apprendre plus sur DokeV et la monétisation du titre. L’éditeur voit grand pour son titre et réfléchit actuellement à comment intégrer les NFTs et cryptomonnaies dans son futur jeu :

Le mot à la mode aujourd’hui dans l’industrie du jeu est  » play-to-earn games  » et vous savez probablement qu’Axie Infinity et MIR4 ont eu un succès précoce avec ces types de concept et qu’ils sont mis en œuvre dans les jeux RPG. Nous pensons que dans ce domaine, nous aurons d’amples opportunités à l’avenir.

Heo Jin-young, COO Pearl Abyss

On peut également citer Epic Games qui envisage de faire quelque chose de similaire avec Fortnite, qui regroupe déjà de nombreux codes d’un métavers.

Tout ce qui monte, retombe à un moment

Vous l’aurez compris, nous sommes au tout début de cette transformation. Comme tout phénomène qui prend de l’ampleur, les dérives sont nombreuses. Beaucoup de projets actuels promettent monts et merveilles et font gonfler artificiellement la valeur de leurs jetons. Certaines cryptomonnaies sont même des escroqueries ouvertes et autres pyramides de Ponzi comme le jeton Squid Game qui a détourné plus de 3 millions d’euros.

De plus, dans un contexte d’urgence climatique, l’impact environnemental de ces technologies est un point qui fait tache au tableau. D’après les dernières estimations, le seul réseau Bitcoin consomme plus d’énergie en un an que les Pays-Bas, le Portugal ou bien la Norvège. À date, seul 39% de cette consommation proviendrait de sources d’énergies renouvelables comme l’hydroélectricité. Si les perspectives sont nombreuses et tendront peut-être vers un meilleur, ce sont surtout les travers qui ressortent pour le moment. Bref, il convient de garder la tête froide et de bien se renseigner sur les projets. Les NFTs prendront certainement d’autres formes dans les années à venir et ce qu’il faut en retenir : ils sont là pour rester.

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