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Édito – Les jeux passés Gold, ou l’arnaque préméditée

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Tel jeu est passé Gold, soit il a atteint la fin de son long et fastidieux développement ! En voilà une phrase que l’on a tendance à souvent lire dans la presse spécialisée. Un terme que l’on connait maintenant depuis des décennies, et qui jadis voulait dire quelque chose. Cela signifiait que le jeu était finalisé, que ses développeurs avaient atteint un niveau de finition qui corroborait leurs objectifs, contrôle qualité inclus. Ainsi, il était prêt à être mis en boîte pour une livraison en magasin. Un produit fini en d’autres termes. Alors oui, le titre proposait parfois un ou deux bugs gênants, mais à priori rien qui aurait justifié un rappel produit.

Revenons désormais au présent et l’ère de l’internet à outrance. Mais quelle aubaine pour les éditeurs mes amis ! Aujourd’hui, un titre passé Gold ne signifie aucunement être finalisé. Mais plutôt avoir atteint la limite déterminée par le producteur pour être livré en temps et en heure au consommateur. Par cela j’entends suffisamment « fini » pour passer les certifications des marchés, et être mis en boîte pour débarquer sur les étalages des magasins day-one ! Voilà. Le jeu comporte des bugs en pagailles ? Pas grave, internet nous permettra de les corriger après, à coups de patchs et mises à jour. Les acheteurs ont dépensé 70€ sur des promesses non tenues ? Qu’à cela ne tienne, on leur répondra lorsque les bugs seront corrigés. Voire pas du tout, les joueurs et joueuses ayant la mémoire courte. Ils passeront à autre chose, avant d’être happés par une nouvelle campagne publicitaire et rebelote.

Je citerais notamment pour étayer mes propos Cyberpunk 2077, ou les récents Saints Row et The Callisto Protocol, passés « Gold » quelques semaines avant leurs sorties. Tous trois vendus plein pot et pourtant buggés jusqu’à la moelle, ou avec des fonctionnalités manquantes (mais présentes chez la concurrence). Je ne mets aucunement en cause les développeurs, travaillant dur pour sortir de nombreuses versions de leur titre pour satisfaire les différentes machines du marché. Des hommes et des femmes qui sont souvent les premiers à souffrir de ces sorties anticipées. Mais bel et bien les éditeurs, irréalistes dans leurs délais, malgré des années d’expérience. Leur motivation est évidente : assurer un retour sur investissement optimal et contenter les investisseurs, à l’insu du consommateur final. Tous ne doivent pas être mis dans le même panier cela-dit. Microsoft, par exemple, a repoussé Halo Infinite pour rendre une copie propre. Bien plus tout du moins que celle présentée lors du XGS. D’ailleurs, le manque d’exclus de cette fin d’année sur Xbox le confirme. Spencer a fait le choix de retarder pour s’assurer de rendre la meilleure copie possible. D’autres éditeurs se prennent rarement les foudres des joueurs, comme Capcom, anticipant la réaction publique et calibrant ses annonces en conséquence.

Avec la quantité de titres qui paraissent aujourd’hui, surtout en période estivale, il devient de plus en plus difficile de savoir à qui faire confiance. De lâcher un « Tel jeu est désormais Gold » ne signifie plus rien, mis à part tenter de rassurer le joueur pour précommander son sésame au prix fort. Un jeu qu’il finira certainement avant que ses problèmes techniques ne soient résolus. S’ils le sont un jour, avec un sacré arrière-goût d’amertume… et passera au suivant. Une bien triste réalité toujours d’actualité dans le monde du jeu vidéo en 2022.

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