Test – NieR Replicant, une préquelle au diapason d’Automata

Difficile d’aborder le test de ce NieR Replicant sans s’arrêter un minimum sur sa raison d’être. Spin-off de la série Drakengard, NieR est paru en deux versions distinctes en 2010. La PS3 eu droit au Japon à l’épisode Replicant, mettant en scène une fratrie. Tandis que le volet sur Xbox 360 se nommait Gestalt, avec les protagonistes principaux passant à un père et sa fille. En Europe, cette différence fut maintenue, mais avec un titre unique, estampillé simplement NieR. Succès mitigé à sa sortie, la série a gagné ses lettres de noblesse grâce à sa suite, NieR Automata, développé en 2017 par Platinum Games. Maelström d’action, de pirouettes, de style, de maîtrise scénaristique et de musiques mémorables, Automata se révélera être un chef-d’œuvre. Square-Enix prit alors la décision de ressortir le premier épisode, pour surfer sur la vague des fans, désormais en nombre exponentielle. C’est le volet Replicant qui fut choisi, laissant sur le bas côté l’ambiguïté des deux aventures distinctes (qui ne variaient que par les protagonistes). Mais avec la disparition de Cavia, le développeur original, Toylogic fut appelé pour le remettre au goût du jour. Pas vraiment un remake, ni un remaster, NieR Replicant ver. 122474487139 (la racine carrée de 1.5) est plus une mise à jour adaptée à la technologie et aux joueurs et joueuses d’aujourd’hui. Plusieurs points communs jalonnent les jeux de cette franchise, dont la qualité inégalée de l’ost. C’est pour cela que j’ai choisi d’agrémenter ce test de morceaux issus du jeu (versions originales), seule solution à mes yeux, pour complétement assimiler l’expérience de cette saga.

Le thème Song of the Ancients, morceau omniprésent dans l’aventure. Relatant la légende sur laquelle se base le scénario. 

Yonah qui vont souffrir

L’aventure de NieR Replicant pourrait se résumer à un postulat simple : un frère tentant de soigner sa sœur cadette malade. Des prémices assimilables par le plus grand nombre et qui sera l’unique moteur de l’histoire. Le monde dans lequel vous évoluerez présente bien un passif, riche et intriguant, mais finalement peu exploité et qui pourrait rester hermétique pour beaucoup de joueurs. L’intérêt ici est ailleurs, plus précisément dans son ambiance ! L’histoire débutera dans un village, avec votre sœur Yonah au lit et vous, effectuant les missions pour tenter de lui trouver un remède. Ces quêtes seront accessibles après de courts dialogues (sous-titrés en français), qui vous donneront une destination à atteindre, clairement indiquée. Relativement proches, vous devrez jouer des coudes pour y accéder, avec une panoplie très complète de coups à votre disposition. Vous aurez accès à trois catégories d’armes, sélectionnables a l’aide de la croix directionnelle. L’épée peu puissante mais relativement rapide, le sabre à deux mains énorme mais lent et la lance, dont la vitesse de frappe vous sera d’une grande aide. Notez que ces deux dernières ne seront disponibles que dans la seconde partie de l’aventure. De plus, un livre magique permettra un large panel d’attaques à distance, sans oublier les contres et blocks. Tout cela combiné à une maniabilité parfaite rendra les rixes agréables et dynamiques, renforçant le côté action/aventure de l’œuvre.

Hills of Radiant Wind, thème qui vous accompagnera tout au long de vos trajets entre votre village et votre destination. Il inspire fortement l’espoir que la prochaine mission, sauvera enfin votre sœur.

MJ a popularisé le Moonwalk ? NieR Replicant l’a sublimé !

Vous aurez plusieurs lieux à visiter autour de votre village (Hub), mais préparez de bonnes chaussures… Car certains mécanismes restent ancrés dans leur époque, notamment l’impossibilité de voyage rapide. Cela signifie des allers/retours incessants entre les destinations, en temps réel si vous préférez. Ce choix, délibéré des créateurs (des dialogues bien rigolos le mettent d’ailleurs en avant), montre tout de même un gonflage assez artificiel de la durée de vie. Forcément, de faire le retour, ça double la durée, hein ?! Des modes de transport seront bien disponibles plus tard dans l’aventure, mais au final, vu leur concept, on aura plus vite fait d’y aller en tongs.

Le thème Grandma, mélodie d’un combat impliquant Kaine et introduisant son douloureux passif. Une chanson qui, bien qu’incompréhensible dans ses paroles, arrive à nous donner la larme à l’œil grâce à la puissance tragique de sa mélodie.

Côté difficulté, c’est le Niervana !

Pour en revenir un peu au gameplay, ne comptez pas trop améliorer vos armes au cours de votre périple. Malgré son titre de RPG, très peu d’améliorations seront disponibles. Le livre (grimoire) qui vous accompagne sera le lieu où vous rendre pour booster vos stats. Certains adversaires vaincus vous apprendront des “mots”. Ces derniers pourront ensuite être jumelés à des armes, magies ou défenses pour améliorer leur puissance. Une option permettra même d’automatiquement choisir les meilleurs ! Une simplicité qui peut se retrouver dans la difficulté du jeu. Outre des modes différents, dont le “facile”, NieR Replicant propose un mode “auto battle”. Ce dernier combattra à votre place en appuyant simplement sur une touche. Inutile de vous dire que le cumul de ses modes rend le jeu très abordable, avec vos items de santé qui resteront à leur maximum pendant toute l’aventure. Bien entendu, les joueurs et joueuses en quête d’une difficulté corsée y trouveront également leur compte !

Cold Steel Coffin, thème du village de Kaine, isolé, rempli de haine et de tristesse, à l’architecture labyrinthique.

Et je vous le donne Emil, les quêtes secondaires sont toutes pourries ! 

Le monde de NieR Replicant n’est pas bien grand, vu que tout gravite autour de votre village. Vous aurez des missions principales, dans des lieux que vous visiterez plusieurs fois, mais également secondaires. Ces dernières, complètement optionnelles le resteront sûrement pour beaucoup… Méga gonflantes, elles consistent, par exemple, à aller chercher des fleurs pour récupérer quelques pièces d’or. Ces pièces pourront ensuite vous permettre d’acheter des armes moins puissantes que celles que vous avez en stock. Franchement motivant, je vous l’accorde. Basses besognes ou non, deux compagnons seront à vos côtés pour les réaliser. Kaine est la rebelle, constamment à râler, conversera avec un vocabulaire à éloigner des oreilles chastes. Emil, pour sa part, propose une histoire extrêmement poignante, personnage que l’on retrouvera d’ailleurs dans Automata. Objectivement, ils feront plus de la figuration lors des combats, mais sont quand même biens introduits et complémentaires à l’histoire.

Le thème Emil Karma, mon petit préféré. Une musique qui reflète la douleur du personnage éponyme (surtout dans sa version Sacrifice). Mais aussi une musique qui m’a aidé à surmonter, à l’époque, un drame personnel. 

De meilleurs Shaders et on est bon !

Abordons désormais la technique du jeu, l’une des raisons majeures de son existence. Graphiquement, le jeu est correct, pas vraiment au niveau d’un titre “2021”, mais heureusement bien meilleur que l’original. Le style visuel est fade, dans les tons gris, mais fin et propre. Les personnages ont été remodelisés, rapprochant l’esthétique générale à celle de sa suite, Automata. L’animation n’est pas en reste avec zéro ralentissement constaté sur toute la durée (sur Series X en 60fps, vous me direz). Pour ce qui est des musiques, elle portent littéralement le jeu ! Reorchestrées pour l’occasion, elles n’ont rien à envier à celles d’Automata (qui avait reçu le Game Awards de la meilleure OST). Il m’est difficile d’exprimer à quel point la musique est sublime dans son ensemble. Non seulement elle renforce le propos, mais crée une ambiance et une puissance d’implication incroyables.

Et une dernière pour la route, intro du jeu sur la page d’accueil, accompagnée d’une magnifique musique (éloignez les enfants des 25 premières secondes).

Question : à partir de quel moment un spoil n’est plus un spoil ? Lorsque beaucoup le savent ou après une certaine durée (Dark Vador est le père de Luke !!) ? NieR Replicant nécessite une vingtaine d’heures pour être bouclé une première fois. Car tout comme Automata, la fin est loin d’en être une. En recommençant le jeu, non seulement vous en apprendrez plus, mais vous pourrez aussi contrôler d’autres personnages ! Et après le second run, allons y pour le troisième, avec encore de nouvelles révélations. Cette version de NieR propose qui plus est un nouveau scénario, incluant de nombreuses heures inédites de gameplay ! Vous voilà informés…

Conclusion

Si l’on devait comparer NieR Replicant à Automata, l’avantage pencherait clairement vers le second. Bien mieux rythmé, sans allers/retours incessants, il conserve sa place sur la première marche du podium. Mais Replicant reste un très bon prologue à l’aventure, doté d’une ambiance (notamment musicale) incroyable. Alors oui, il est criblé de défauts et je n’ai pas abordé le passage (insupportable) du village des rêves, mais il ne faut pas oublier qu’il date de 2010. Dans les faits, nous avons droits à une aventure, certes manquant d’envergure, mais émotionnellement remarquable. Un bon remaster/remake du premier épisode d’une série vouée à un bel avenir.

Vous pouvez retrouver l’intégralité de nos JukeXbox à cette adresse.

Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle  Déficience Auditive
  Contraste élevé (réticule de visée)  Sous-titres avec indications d’ambiance
  Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
  Marquage des ennemis ✘ Police personnalisable
  Interface personnalisable ✘ Couleur de police personnalisable
  Couleur minicarte personnalisable  Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
  Option daltonisme  Sons ambiants signalés (informe sur présence)
  Option Text to speech
  Ralentissement du jeu

Conditions de test

  Caractéristiques TV4K HDR OLED  Jeu fourni par l’éditeurOui
  ConsoleXbox Series X  Temps passé sur le jeu14 heures
  Niveau de difficultéFacile  Jeu terminéPresque :-p

+ Les plus

  • Une musique mémorable, ici réorchestrée
  • Une histoire touchante, simple mais efficace
  • Une maniabilité et des animations au poil
  • Une bonne mise à niveau générale
  • Une difficulté adaptée à tout le monde
  • Grimoire Weiss, très rigolo

- Les moins

  • Des allers-retours incessants
  • Une customisation minimale
  • Une histoire qui manquera d'ampleur pour certains
  • Des équipiers simplement là pour meubler
  • Le village des rêves

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