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    Test – Saints Row, un soft reboot ? Non, un bof reboot…  

    J’espère que vous n’attendez pas grand-chose de Saints Row car c’est exactement ce que vous aurez. L’histoire convenue sur les origines de gang donne une vilaine impression de déjà joué et sous-exploite Santo Ileso, ville fictive diablement réussie. En effet, ses couleurs chaudes, ses bâtiments couverts de street art, son ambiance sont le point fort de cet opus qui en manque cruellement par ailleurs. Ainsi, ce défouloir immature se cantonne à nous servir des fusillades et des courses poursuites insipides pendant la quarantaine d’heures nécessaires pour faire le tour des très nombreuses mais peu originales activités de ce Saints Row. Jusqu’à la nausée et sans nuance, les combats s’enchaînent donc sans fin, les moteurs hurlent, comme pour couvrir le néant narratif des origines du gang le plus célèbre du jeu vidéo. 

    Saints-Row-western-moderne

    Saints Row, hanté pas ses propres démons 

    On pensait avoir fait le tour de Saints Row, allant jusqu’au bout de la “logique” de la licence, avec des épisodes allant de plus en plus dans le grand n’importe quoi décomplexé et je dois dire bien défoulant et cathartique. Un cycle s’étant achevé je ne sais plus comment, ça commence à remonter le dernier épisode après tout, nous arrive un soft reboot de la série. Soft, car si les personnages changent, on retrouve une bande de potes archétypaux, quatre petits malfrats immatures et losers sur les bords qui se rêvent à la tête d’un empire du crime. Soft car le ton des protagonistes est constamment dans l’irone, ou le cynisme léger, sur fond de surenchère de flingage, de grosses cylindrées et de cascades démesurées. Soft car Saints Row retombe très vite dans ses vieux démons avec un peu de SF, des super pouvoirs WTF, de l’humour balourd et surtout une histoire d’un ennui hallucinant. 

    Pour un jeu qui prétend nous raconter les origines du gang le plus déjanté de la sphère vidéo ludique, il faut avouer que ça y va avec des gros sabots cousus de fils blancs. La vilaine sensation d’y avoir déjà joué est assez tenace et m’a accompagné jusqu’à l’épilogue. De plus, il m’a fallu attendre 25 heures pour ENFIN avoir un semblant de retournement de situation vaguement potable. Malheureusement, cette embellie a été instantanément gâchée par une mission de type “bad trip” et une scène finale virant au grand-guignol indigeste. Alors oui, Saints Row n’est pas censé être réaliste (à part peut-être le tout premier, “plus sérieux”) et n’est surtout pas une simulation de crime, on est d’accord. Mais il y a moyen tout de même de faire mieux. Surtout au regard de la ville de Santo Ilseso, cadre réussi d’une aventure qui ne l’est pas du tout. 

    Saints-Row-fight

    Santo Ileso, le paradis sous exploité 

    Santo Ileso et l’arrière-pays désertique servant de scène à ce Saints Row forcent le respect. La poussière, les couleurs chaudes et la patine de cette ville fictive font rêver et auraient pu augurer une sorte de western spaghetti moderne. Malheureusement, cette impression de gâchi est renforcée par quelques plans lors de cinématiques très “Sergio Leone”, sur fond de soleil couchant. Il y avait pourtant là une piste prometteuse visiblement, qui n’a pas été poussé à fond. Au lieu de ça, certains quartiers sont délaissés lors de la campagne principale et ne serviront que lors de quêtes et activités secondaires extrêmement nombreuses et qui laissent un arrière-goût d’inachevé. Pourquoi les quartiers des affaires, des casinos ne sont-ils pas les théâtres des origines des Saints ? Ils veulent bâtir un empire du crime mais se tiennent loin des points chauds. Ah oui, j’ai parlé de leur immaturité… 

    Et je dois approfondir ce point. On peut souligner, voire reprocher l’humour lourdingue 18+ et franchement beauf des épisodes précédents, même si cela m’a valu des fous rires de sale gosse. Cela avait même un petit côté transgressif qui dénonçait, certes grossièrement, les dérives puritaines de notre époque. Et là le terme “soft” reboot revêt une amère ironie car ce nouvel opus est totalement expurgé de sa cette grosse artillerie de blagues salaces ou autres symboles phalliques. En résulte des dialogues à l’humour bon enfant certes, mais surtout pas très inspirés, qui ne m’ont jamais laissé esquisser qu’un vague sourire au maximum. Je n’irai pas jusqu’à dire que les grosses blagues “dégueuses” me manquent mais je ne sais pas, Saints Row sans cette partie intégrante de la licence semble manquer de quelque chose. Ou alors cela masquait que Volution n’avait pas grand-chose à raconter ? Ce constat est autant plus éclatant avec cet épisode… 

    Comme un air de purgatoire… 

    Honte à moi, je n’ai pas encore parlé du formidable éditeur de personnage. En effet, le façonner est un véritable jeu dans le jeu. Extrêmement complet, précis, il permet des avatars incroyables ! De plus, avec la possibilité de les partager avec le monde entier, on s’apercevoit que la communauté a un talent fou ! Il suffit de parcourir le catalogue pour trouver ici un The Rock haussant le sourcil, là un joker flippant ou encore une Lady Gaga plus excentrique que jamais. Un régal. 

    La durée de vie de ce Saints Row est généreuse. Il m’a fallu 35 heures pour boucler l’aventure principale de ce TPS archi classique. Et il me reste énormément des petites activités repompées d’ailleurs pour beaucoup des épisodes précédents avec les sempiternels vols de voiture loufoques, cibles à abattre, chaos et fraude à l’assurance… Néanmoins, je dois bien confesser que bon nombre de séances de test ont été un chemin de croix pour moi. Absolument toutes les missions se résument à tirer dans le tas ou à des courses poursuites sans intérêt. En effet, les poursuivants sont flippants et se suicident parfois sur vous avant de lâcher TOTALEMENT l’affaire quand vous avez atteint votre destination ! Et les gun fights, parlons en un peu ! Pour un jeu qui demande de canarder H24, la pauvreté de l’arsenal fait tiquer. Certes, les armes proposées offrent un bon feeling… mais un peu de variété aurait fait du bien.  

    Indubitablement, un peu de variété également pour nous narrer les origines des Saints aurait été bien venue. Construire un empire du crime ne peut pas se résumer à tout détruire autour de soi dans un déluge d’explosion et de fracas des armes ! Ainsi, Saints Row se cantonne à rester à l’âge pré ado, n’offrant comme solution que des flingages jusqu’à la nausée, de la pétarade sans saveur, comme pour faire oublier qu’il n’y a pas grand-chose à raconter. 


    Critères d’accessibilité

      Déficience Visuelle   Déficience Auditive
    Contraste élevé (réticule de visée) Sous-titres avec indications d’ambiance
    Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
    Marquage des ennemis Police personnalisable
    Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
    Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
    Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
    Option Text to speech
    Ralentissement du jeu

     

    Conditions de test

      Détails TV 4K   Jeu fourni par l’éditeur oui
      Console Xbox Series X   Temps passé sur le jeu 35 heures
      Niveau de difficulté normal   Jeu terminé oui