Test – Signs of the Sojourner, il avait pourtant les cartes en main…

La grande mode actuelle dans l’univers des jeux indépendants, ce sont soit les roguelites, les metroidvania, ou les jeux de deckbuilding. C’est vers ce dernier que lorgne Signs of the Sojourner. Mais a-t-il de quoi se différencier de la pléthore de titres du même genre pour ne pas sombrer dans l’oubli ? C’est ce que nous allons vérifier ensemble.

Dans la famille Deckbuilding, je demande…

Puisqu’il est de plus en plus difficile de se faire un nom dans le monde du jeu indépendant, le développeur Echodog Games a opté pour un concept original : mélanger un titre purement narratif à des notions de jeu de cartes. Les différents dialogues que vous aurez avec les PNJ seront ponctués d’un mini-jeu rappelant fortement les dominos. Vous et votre interlocuteur aurez cinq cartes dans la main. Chacune est affublée de symboles à gauche et à droite (représentant le ton employé : logique, diplomatique, empathique, observateur, etc. ). À tour de rôle, vous placerez la carte de votre choix au centre de l’écran, en faisant bien attention de faire correspondre les symboles qui se retrouveront côte à côte.

Bien évidemment, il vous arrivera régulièrement de ne pas avoir la possibilité de poser la bonne carte, et vous écoperez d’une pénalité. En cas de trop nombreux échecs, la discussion tournera court, suite au manque de compréhension entre les deux personnages. Bien entendu, en progressant dans l’histoire, vous rencontrerez de nouveaux symboles, mais aussi des cartes qui vous octroieront des bonus (comme la possibilité de visualiser le jeu de votre interlocuteur, ou encore de copier la carte précédente). La variété sera au rendez-vous. À la fin de chaque dialogue, vous devrez remplacer l’une des dix cartes de votre paquet par une autre, à choisir parmi une petite sélection. Votre deck est, au final, une représentation abstraite de votre personnage et caractérisera ses échanges.

Le concept est assez original, mais souffle le chaud et le froid. D’une part, le thème et les mécaniques de jeu se marient à la perfection, et il faudra faire preuve de stratégie et d’anticipation pour mener à bien vos discussions. Mais d’un autre côté, le jeu se révèle être souvent frustrant par l’impression d’absence d’aléatoire. J’ai souvent senti qu’un “duel” était parfois perdu d’avance, peu importe la façon de jouer. Même en recommençant un dialogue (en relançant le jeu sans sauvegarder), les cartes piochées sont identiques. Frustrant également concernant la création de son deck. Les possibilités sont trop limitées, et on est obligé de remplacer une carte après chaque conversation, même si cela ne nous arrange pas. De plus, il sera impossible de construire un paquet qui permettra d’avoir une chance de réussir tous les échanges. Frustrant, je vous dit.

Changement de sens !

Signs of the Sojourner est un jeu narratif avant tout. Il vous permet d’incarner un jeune protagoniste confronté à la mort de sa mère. Avec l’aide de son meilleur ami, il va devoir prendre le relais et garder la boutique familiale à flot. Pour cela, il va devoir parcourir les villes alentours pour récupérer de la marchandise qu’il pourra ensuite mettre à disposition dans son magasin. Malheureusement, leur village est reculé et peu accessible. L’exploration sera donc peu reposante.

Ainsi, à chaque expédition, il faudra choisir, depuis une carte, le lieu dans lequel vous rendre. Une fois arrivé sur place, la liste des personnages avec qui il est possible de dialoguer s’affichera. Allez-vous prendre l’option de facilité en suivant une caravane qui a un itinéraire bien précis, ou allez-vous tenter votre chance de votre côté ? Dans tous les cas, chaque trajet sera long et plus vous serez sur la route, et plus vous ressentirez les effets de la fatigue, représentée ici par des cartes malus qui ne correspondront à aucun autre symbole. En d’autres termes, si vous en avez une (ou plusieurs) en main lors d’un dialogue, vos choix seront alors restreints, et l’échec plus probable.

Qui dit jeu narratif, dit nombreux dialogues. Manque de bol, tous les textes sont en anglais, le jeu n’ayant pas bénéficié d’une localisation française… En temps normal, cela n’aurait pas été trop gênant, mais ici, la compréhension de l’histoire dépend entièrement des discussions entre les personnages. Si vous ne comprenez pas ou mal l’anglais, vous serez malheureusement vite perdus. Si, de mon côté, cela n’a pas été un problème, j’ai malheureusement eu du mal à me plonger dans l’histoire, la faute, probablement, à un rythme trop lent et à une écriture que j’ai trouvée creuse.

C’est l’heure du du-du-du-duel !

L’histoire de Signs of the Sojourner s’étale sur cinq expéditions. Pour en faire réellement le tour, en faisant des choix différents ou en transformant votre deck d’une autre manière, il vous faudra relancer plusieurs parties. Si terminer le jeu une fois est plutôt rapide (comptez une poignée d’heures), la rejouabilité est au rendez-vous, ce qui est appréciable. De plus, certains événements étant aléatoires, chaque run ne ressemblera pas trop au précédent.

Niveau technique, le titre dispose d’une patte graphique soignée, avec des illustrations rappelant des dessins-animés pour enfants. Combiné avec une bande-son très douce et reposante, on obtient un jeu taillé pour la détente et les petites sessions “chill”. À ce niveau-là, on sent que les développeurs étaient inspirés et ont mis du cœur à l’ouvrage.

En bref… (Uno !)

Signs of the Sojourner est une belle tentative de renouvellement de genre. Sa réalisation soignée, son concept original et accrocheur étaient de belles promesses. Malheureusement, le titre souffre de trop nombreux défauts : entre une mauvaise équilibration, une création de deck limitée, une histoire un peu trop lente et maladroitement écrite, il est difficile de le recommander. Et l’absence de localisation française le privera d’une bonne partie du public anglophobe. Dommage.

 

Critères d’accessibilité

Déficience VisuelleDéficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée)Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonismeSons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

Détails TV4KJeu fourni par l’éditeurOui
ConsoleXbox Series XTemps passé sur le jeu4 heures
Niveau de difficultéxJeu terminéOui

 

+ Les plus

  • Un concept original
  • Des cartes aux effets variés
  • Graphismes soignés
  • La rejouabilité offre une bonne durée de vie

- Les moins

  • En anglais uniquement
  • Un jeu déséquilibré
  • Pas d'impression d'aléatoire dans les dialogues
  • Création de deck très limité
  • Un rythme lent
  • Une écriture un peu creuse

Vos réactions

Mot de passe oublié

Inscription