Test – Sniper Elite 5, la balle entre les deux jeux

Le débarquement de Normandie… La plus célèbre des batailles de l’ère contemporaine a été adaptée maintes et maintes fois dans l’univers vidéoludique. Avant cela, j’étais déjà biberonné aux grands films traitant de la Seconde Guerre Mondiale. Et lorsqu’on est féru de jeux de tir de précision, et que l’on a vu Il faut sauver le soldat Ryan, le résultat est simple. On attend avec impatience de poser son œil derrière la lunette en pixels d’un tireur d’élite de 1944. Karl Fairburne est bien évidemment l’avatar qu’il me fallait. Découvert avec le quatrième opus (oui, je sais…), la nouvelle de son retour pour la bataille de Normandie avait tout pour me séduire. Mais l’aventure inédite de ce Sniper Elite 5 vaut-elle vraiment le détour ?

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Une formule gravée dans la roche

Après l’Italie, le bon lieutenant se retrouve de nouveau propulsé derrière les lignes ennemies, cette fois-ci en France. Il lui faudra faire tomber un certain Möller. Comme ses prédécesseurs de la licence, le bad guy de l’étape est un énième général nazi avec un projet top secret pour vaincre les Alliés. Sauf qu’évidemment, Fairburne et son fusil ne le voient pas de cet œil. Voilà pour le pitch, rien de folichon, c’est une formule qui fonctionne et les cinématiques font le job également, si on oublie des regards cruellement inexpressifs.

À ce scénario assez convenu vient s’ajouter le panel complet des mécaniques “secondaires” déjà connues de la franchise. Certaines restent identiques aux épisodes précédents, comme les moteurs à saboter pour obtenir une couverture sonore efficace. Cependant, d’autres prennent un bon coup dans l’aile, avec par exemple la gestion des sources de lumière. S’il est toujours possible de tirer sur les ampoules pour profiter de l’obscurité, l’astuce devient hélas oubliable dès le premier niveau. Au final, il n’y a donc rien de novateur dans cette partie du gameplay.

Par ailleurs, le studio fait ce qu’il savait déjà faire au sujet des environnements et ambiances. Il n’y a presque aucun français dans cette France occupée, mais les villages en ruine et les bunkers allemands sont bien représentés, quoique versant un peu dans le décor de carte postale. La carte représentant le Mont Saint-Michel, révélée dans les premiers trailers, est un plaisir d’exploration. Le moteur graphique s’en donne à cœur joie sur les environnements grandioses aussi bien que sur les plus étroits. Les effets sonores sont de bonne facture, et la musique enrobe bien le tout mais sans marquer de manière indélébile. Seul point noir au tableau, les commentaires de Karl, car ils sont bien trop nombreux pour être réalistes.

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Le fusil ne change pas d’épaule, et c’est tant mieux

Cette alternance des environnements va particulièrement influer sur ce qui constitue le nerf de la guerre : le tir à la lunette. Le challenge réside surtout dans l’art de se trouver un angle dégagé, aussi bien visuellement qu’auditivement… or, ces endroits ne sont pas légion. À haut niveau de difficulté, il faut aussi penser à économiser les précieuses munitions. Rebellion ne s’attarde pas sur une trop grande variété de fusils ou d’accessoires, juste ce qu’il faut pour proposer différents styles de jeu. Mais pour le reste et comme à son habitude, le développeur met les petits plats dans les grands.

Une fois l’arme prête et le tireur en position, le jeu de massacre peut commencer. De mon côté, c’est évidemment ici que j’ai pris le plus de plaisir à parcourir le titre. Un tir commence tout d’abord par la mécanique habituelle consistant à régler sa lunette, en fonction de la distance et des effets atmosphériques. Puis on retient son souffle une fois un ennemi en ligne de mire, et on presse la détente.

Ensuite, si la visée était bonne, un ralenti montre la trajectoire de la balle, depuis votre canon jusqu’à l’anatomie de la victime. Les os volent en éclats, les organes explosent, le sang jaillit, c’est aussi graphique qu’un “Fatality” de Mortal Kombat et les bruitages ne sont pas en reste. La fameuse “Kill Cam”, signature absolue de la série, est donc toujours aussi jouissive d’autant que vous la maîtrisez désormais à 100%. Vous choisissez sur le moment l’angle de caméra et la vitesse, et même sa fréquence d’apparition dans le jeu, cette fois via les menus. En somme, chaque tir réussi amène la récompense à l’écran en même temps que la satisfaction personnelle.

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Toutes les balles dans le même chargeur

Un joli carton nécessite donc une belle préparation. Sniper Elite 5 signe justement sa meilleure amélioration à travers le combat hors lunette. Bien entendu, il n’est pas question de foncer dans le tas mitraillette en mains : votre espérance de vie serait des plus courtes. En revanche, l’infiltration reçoit enfin le traitement qu’elle méritait dans la série. C’est en effet LA grande nouveauté de ce cinquième opus : la “Kill Cam” se déclenche potentiellement pour tous les types de kills réussis. Comme le bon Karl doit souvent jouer du couteau, autant dire que les accolades sanguinolentes sont nombreuses.

On n’est bien sûr pas au niveau d’un Hitman, mais les options pour effectuer une élimination discrète laissent une liberté appréciable et un sentiment du travail bien fait. Les leurres et le sifflet sont là pour isoler les soldats et les éliminer “en douceur”. Les diverses variétés d’explosifs permettent ensuite de créer des diversions ou d’éliminer des véhicules, encombrants mais rares. Plus simplement, il faudra surveiller les rondes des gardes et user des éléments de décor, notamment les hautes herbes, pratiques pour se camoufler. En somme, le titre vous récompensera aussi bien de vos tactiques d’infiltration que de votre compétence au fusil.

D’ailleurs, s’agissant de récompenses, Sniper Elite 5 n’en est pas avare. Les défis et les médailles à obtenir assurent la rejouabilité de toutes les missions, au nombre de neuf. Néanmoins, parcourir le jeu d’une traite ne demandera pas plus d’une grosse quinzaine d’heures dans les modes de difficulté les plus abordables. Mais il se veut aussi permissif pour les débutants que retors au niveau le plus élevé parmi les cinq proposés. L’expérience peut donc être grandement prolongée. Enfin, l’arbre de compétences, très succinct, est quant à lui anecdotique sauf si vous recherchez du défi, auquel cas il deviendra vite incontournable.

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CONCLUSION

Sniper Elite 5 est un de ces titres qui ne propose rien d’absolument parfait, mais qui fait beaucoup de choses et qui les fait bien. D’un équilibre savamment dosé entre le jeu de tir et celui d’infiltration, Rebellion fournit une expérience riche, accessible si nécessaire, intense si besoin. Cet opus se paie même le luxe de proposer des éléments qui ébauchent un aspect RPG, en appelant à l’exploration et la complétion. Pas exempt de défauts, il se place néanmoins, et sans trop forcer, dans le haut du panier de sa catégorie. En outre, il est inclus dans le Xbox Game Pass dès sa sortie, et mérite donc toute l’attention des amateurs du genre, nouveaux ou anciens.

Critères d’accessibilité

Déficience Visuelle Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée) Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
✔ Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable  Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable  Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
✘ Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

Détails TV 4K HDR Jeu fourni par l’éditeur Oui
Console Xbox Series X Temps passé sur le jeu 20 heures
Niveau de difficulté Intermédiaire Jeu terminé Oui

+ Les plus

  • La "Kill Cam", véritable sel du titre
  • L'équilibre entre le combat à distance et l'infiltration
  • Des environnements riches et travaillés
  • Intégralement en français

- Les moins

  • Un scénario trop convenu
  • Les commentaires de Karl, trop présents
  • Des décors trop "carte postale" en temps de guerre

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