Test – The Ascent, un shooter classique dans un univers cyberpunk magnifique, crade et décadent

Blade Runner. Ça vous a marqué vous aussi ? Je l’avais vu pour la première fois étant petit. J’avoue que je n’avais pas compris grand-chose à l’époque. Mais peu importe, j’avais été fasciné par la beauté de ce film. Sa musique aussi. Ah et ses personnages. Et cette ultime bravade du Nexus-6 qui sauve la vie de Deckard, avec son ultime monologue. De la poésie. Tellement imprégné que dès que je vois une œuvre y faisant plus ou moins référence, je suis aux aguets et au taquet. C’est le cas ici dès que j’ai vu les premiers trailers et je n’ai pas été déçu. Je vous en dis plus mais sans spoiler dans le test de The Ascent. 

Note 1 : la partie coop sera ajoutée ultérieurement. 

Note 2 : test rédigé avec la BO de Blade Runner en fond sonore pour m’accompagner. 

Vous n’êtes pas rien, vous êtes pire 

Bienvenue sur Vélès, un monde sous la coupe de la corporation Ascent. Et dans ce monde cyberpunk régi par les chiffres 0 et 1, vous n’êtes qu’un 9. Pas inutile mais certainement pas indispensable. Vous n’êtes qu’un “Permas”, un esclave appartenant corps et âme à cette méga société. Affecté aux pires basses besognes, vous n’êtes qu’un porte-flingue parmi beaucoup d’autres. Pas franchement la gueule de l’élu ni celle de porte-bonheur (votre avatar sera à créer vite fait avant de commencer). Bref, ce n’est clairement pas la fête, tant mieux, j’ai oublié le truc pour gonfler les ballons. Et pourtant, la situation parvient tout de même à dégénérer. L’impossible se produit. Ascent fait faillite. Tous les vautours chromés, augmentés, sous stéroïdes nucléaires se sentent pousser des ailes et vont s’écharper pour curer les restes. Et vous dans tout ça ? Comme d’habitude… vous n’êtes qu’un rouage.  

Un outil bien pratique pour votre employeur du moment, un des ces charognards. Une quantité négligeable qui sera utilisée pour accaparer ce qui peut l’être et comprendre comment le monde a pu basculer encore plus dans l’abîme, et la ville dans l’anarchie la plus totale. Mais ici, pas de choix, pas de quêtes à multiples fins. En bon exécutant, le Permas que vous êtes suit les instructions à la lettre, sans se poser de question. Un pur jeu d’action ? Pas que. 

La scène d’ouverture fait directement référence à Blade Runner et son célèbre survol de Los Angeles. Et l’œuvre de Ridley Scott fait clairement office de source d’inspiration pour la ville de The Ascent. Qui va plus loin encore car parler de “ville” serait naïf et optimiste. Plutôt un dépotoir gigantesque plongé dans une nuit perpétuelle, baignant dans sa crasse, sa merde et son sang. Un cloaque géant que seuls des néons criards aux mille couleurs et langues éclairent, mais que pour en montrer la sordide misère. Par moment, The Ascent m’a également fait penser à Escape from NY avec ces vauriens en roue libre et sans limite, à Flashback (pour la seconde partie dans la ville à faire des petits boulots) et Ghost in the Shell. 

Neon Knight 

Comme les personnages de Ghost in the Shell, tout le monde est augmenté/modifié/chromé. Pour certains membres de gang, jusqu’à la limite de rester humain. L’étaient-ils avant de toute façon ? Mais dans The Ascent, point de considération métaphysique ou encore de plan contemplatif. Ici, personne ne se pose apparemment de question éthique, les greffeurs ont pignon sur rue, comme les vendeurs d’armes ou d’armures…  

En agglomérant les classiques de la SF et en allant même plus loin parfois, The Ascent parvient à imposer une identité visuelle forte comme vue rarement dans le jeu vidéo. Ainsi qu’un monde foisonnant et vivant, avec son propre langage et sa propre sociologie. Rien que ça. Bref, une richesse telle qu’un codex bienvenu permet d’en égratigner la profondeur. 

OK, le lore est dense et dingue, l’univers sombre et décadent, ça on a capté. Au-delà d’être un magnifique et cradingue twin-stick shooter sous néon, qu’a “The Ascent” à proposer ? Comme beaucoup de productions, il incorpore une dimension RPG avec un système archi classique de montée de niveaux et d’amélioration de stats. Rien de bien surprenant, donc. Ni d’hyper profond car il n’y a pas d’arbre de talent ou de classes de personnages. Il y a des armes et armures à looter également. Seuls les guns peuvent être améliorés d’ailleurs, quand les protections trouvées, elles, sont au fil de l’aventure de meilleure qualité et au design de plus en plus techno baroque. Par contre, l’arsenal est hyper fourni pour raisonner tout ce qui aurait la mauvaise idée de vous barrer la route. Et comme on n’affronte pas que des génies… 

Une ville-monde à perte de vue 

La carte est immense et se dévoile au fur et à mesure. Heureusement consultable à tout moment, le plan revêt des atours rétrofuturistes du plus bel effet, avec parasites et flou. Ça ne sert à rien mais cela participe à l’ambiance décrite plus haut : la décadence à tout niveau. Avec une simple touche, le chemin à suivre apparait pendant quelques secondes, un système là encore bienvenu tellement la ville se révèle être un dédale tentaculaire sur plusieurs niveaux. Et devient un terrain de jeu idéal pour la campagne principale et les nombreuses missions secondaires. Si sur la forme toutes ces quêtes sont classiques elles aussi, avec un tel décorum et univers, elles parviennent à captiver sans peine. Pour preuve, j’ai du mal à décrocher de The Ascent. Des scènes d’anthologie comme celle où il faut s’extirper d’un night-club transformé en piège mortel s’invitent même au spectacle. La direction artistique fait vraiment des merveilles.

Dans ce monde immense, le métro et taxi vous aideront aussi à ne pas vous ennuyer à faire des allers-retours. Quoi que, ceux ci pourraient se révélaient lucratifs car l’exploration est tout de même largement récompensée avec des kits d’améliorations d’armes, des crédits et des cibles “élites” à éliminer contre rémunération. The Ascent est généreux sur ce point.

Il l’est également par son système de mort pas punitif du tout. Vous ne perdez rien et en plus, si vous galérez vraiment sur un boss par exemple, le niveau de celui-ci baisse pour vous laisser une chance. Bonne idée pour ceux qui ne veulent pas passer trois heures sur le même gros méchant pour lequel vous n’avez pas forcement la bonne classe d’arme. Autre facilité avec les munitions infinies, il faut juste gérer les rechargements. La roulade permet d’éviter de se faire encercler bêtement quand les augmentations et autres modules apportent leurs lots de “pouvoirs” comme une charge brutale sur l’ennemi ou un radar. L’avantage ultime de ces upgrades est de pouvoir juste les changer à la volée dans l’inventaire. Efficace pour se focaliser sur l’action. 

Ce qui se passe sur Vélès, reste sur Vélès 

Twin-stick shooter oblige, la caméra est automatique et parfois, pas souvent heureusement, elle est prise en défaut et gène la lisibilité. Dommage. Car The Ascent reste un jeu d’action tout de même de bonne facture. Et dispose même d’un cover-system. Mais oubliez la moindre notion d’infiltration. Les ennemis vous captent et vous sautent dessus comme des morts de faim. Néanmoins, ils disposent d’une IA de poisson rouge pané. Ils ne vous poursuivent pas sur de grandes distances par exemple. De quoi reprendre un peu de vie tranquillement avant de replonger dans la bataille. 

Avant la sortie, j’ai noté deux scripts qui ne se sont pas lancés correctement, avec des PNJ ou des cibles manquantes. Un simple rechargement a réglé la chose. À noter également que quelques sous-titres ou explications dans le codex ne sont disponibles qu’en anglais pour le moment. Tout cela devrait entrer dans l’ordre avec le sacro-saint patch day one. Un dernier mot sur les musiques électro, tour à tour planantes pendant l’exploration puis nerveuses pour suivre les gunfights.

Conclusion 

Sur le fond, The Ascent est un très bon jeu d’action somme toute classique, un shooter mâtiné d’exploration dont la saveur repose principalement sur sa forme. C’est à dire un univers cyberpunk magnifique, crade et décadent, d’une richesse et d’une densité rares. Sa campagne principale ainsi que missions secondaires en profitent largement pour parvenir à captiver de nombreuses heures sans qu’on s’en aperçoive. Bref, en solo, The Ascent est déjà une grande réussite. Hâte de m’y essayer jusqu’à quatre joueurs. Avec sa ville-monde immense et tentaculaire, propice à l’exploration et l’émerveillement où il n’est pas rare de rester scotché quelques instants devant un décor, même le plus anodin, tel ce district comme anesthésié sous une averse glaçante et incessante. Autant de moments qui ne risquent pas de se perdre dans l’oubli… contrairement aux larmes dans la pluie. Il est temps de servir, Permas.


Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle  Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée)Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonismeSons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

  Détails TV4K  Jeu fourni par l’éditeuroui
  ConsoleXbox Series X  Temps passé sur le jeu30 heures
  Niveau de difficultéNA  Jeu terminénon

 

+ Les plus

  • Une direction artistique à couper le souffle
  • Un lore riche et passionnant (vive le codex)
  • Un shooter peu original mais efficace et péchu
  • Un arsenal et augmentations pour tous les goûts
  • L'exploration dans la ville tentaculaire et immense
  • C'est beau, c'est fluide en solo. À voir en multi...
  • VOST en français
  • Bonne durée de vie

- Les moins

  • Le lancer de grenade pas du tout ergonomique

2

  1. Merci pour ce test.
    Je ne suis pas du tout fan de l’univers cyperbunk ( d’ailleurs j’ai vite lâché Cyberpunk 2077 non pas pour les bugs mais pour son ambiance qui ne me correponds pas ) mais pourtant j’ai kiffé Ruiner. Et la pour moi c’est un Ruiner 2.0 que je vais me faire un plaisir de faire à fond aussi 🙂 .

    • très bien vu la réf à Ruiner !

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