Test – Transference, l’appartement de l’angoisse

L’esprit humain est fascinant. Pleines de nuances et de tonalité différentes, les émotions et leurs influences sur notre perception suscitent interrogations et curiosité. Raymond Hayes, Docteur en informatique et père de famille, s’est d’ailleurs mis en tête de trouver un moyen d’en capturer l’essence et de la faire vivre en dehors du corps. Pour le meilleur et pour le pire comme vous pourrez en conclure en venant à bout de la dernière production d’Ubisoft Montreal en collaboration avec Spectrevision.

Transference, c’est surtout un projet sous la houlette d’Elijah « vilain hobbit joufflu » Wood. C’est en tant que Directeur Créatif qu’il opère sur ce jeu pensé avant tout pour la Réalité virtuelle. Il est vrai que ce walking simulator angoissant mériterait d’être joué en enfilant sa paire de lunettes VR, mais ce qu’on y gagne en immersion n’est pas complètement perdu à la traduction sur un banal écran de télévision.

Résonnance

Le titre se passe en grande majorité dans l’appartement de la famille Hayes. Celle-ci connaît hélas quelques difficultés à être fonctionnelle en grande partie à cause des travaux du père qui influe de manière néfaste sur l’humeur de son fils, Benjamin, et de sa femme Katherine.

C’est d’ailleurs à travers l’invention du père que nous aurons la possibilité de découvrir tout ce petit monde sous le prisme de leur biais sensoriel. En immersion à l’intérieur de mémoires corrompues, il vous faudra les restaurer en résolvant des énigmes intimement liées aux différents membres de la famille.

Cristaux

On parle de mémoire personnelle, mais c’est plutôt de la mémoire des lieux dont nous serons témoins. Chaque énigme nous fera d’ailleurs passer d’un membre de la famille à l’autre, transformant ainsi notre environnement et sa perception au travers de leur regard de manière très efficace. L’atmosphère qui se dégage de Transference devenant alors de plus en plus pesante et anxiogène, jusqu’à un final assez dérangeant et loin de ce que l’on a l’habitude de voir dans un jeu vidéo. Les fans de l’univers de Silent Hill apprécieront.

Les énigmes à base d’objets à déplacer ne sont pas très compliquées et n’ont que pour but de vous faire avancer dans La trame. Vous aurez également la possibilité de récupérer des enregistrements vidéo et audio qui vous permettront d’avoir une meilleure compréhension de l’histoire qui entoure les occupants de l’appartement.

Couleurs

Techniquement intéressant, le jeu bénéficie d’une patte néo-rétro à base de capture vidéo et de glitch en tout genre qui vous fera penser à la matrice. On est loin d’une production AAA mais le rendu est tout sauf ridicule tout en étant plaisant à regarder. L’ambiance sonore n’est d’ailleurs pas en reste et je vous conseille de privilégier le casque lors de votre session, ne serait-ce que pour exacerber le syndrome d’enfermement et de malaise qui encadre le titre.

Mémoire

Transference est une expérience sensorielle dans l’esprit d’une famille désunie, sous fonds de SF et de délire transhumaniste. Les thèmes abordés sont lourds et le traitement donné à ceux-ci intéressant. On regrettera que le jeu soit plutôt court, quoique cela soit justifié si l’on prend en compte les intentions VR du titre. On aime moins la partie scénaristique, un poil légère, et des énigmes simplistes, mais on est enthousiaste sur le traitement donné à l’ensemble et sur cette atmosphère pesante qui ne vous lâche pas d’une semelle.

 

+ Les plus

  • L'ambiance angoissante
  • L'environnement sonore
  • Un concept intéressant

- Les moins

  • Les doublages FR un peu mou
  • Trop court / trop simple
7

Dans la famille Xbox depuis 2003, accroc au Gscore et Nintendophile repenti. Vous le croiserez souvent en groupe sur le Xbox Live !

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