Test – Tunic, plus qu’un mod renard de The Legend of Zeldark Souls ?

Tunic avec son univers mignon que l’on dirait tout droit sorti d’un Zelda et son gameplay comme un carrefour d’influences Dark Souls/Metroidvania ne manque pas d’atouts. Encore moins de charme. Lorsque certaines personnes y verront un clone du héros à la chasuble verte un peu confus, d’autres se laisseront porter par la découverte. Nos avis étant divergents, nous avons décidé de na pas trancher et de vous proposer deux critiques au lieu d’une. Nous vous laisseront donc vous faire votre propre opinion. Là où nos avis convergent, c’est en revanche sur cette patte graphique unique qui contribue à rendre le titre charmant. Nous sommes également d’accords pour saluer l’apport des multiples inspirations de Tunic.

Tunic-paysage1

Comme un air de déjà-vu

Tout commence comme un hommage à The Legend of Zelda Link’s Awakening. Ou plagiat, c’est selon votre niveau de mauvais esprit. Je penche personnellement pour la première possibilité car je suis d’un naturel optimiste. Sur une plage, seul et abandonné, je prends le contrôle d’un renard en cosplay de Link. Pour continuer dans la référence aux aventures du plus célèbre personnage vêtu de vert, la première tâche sera de trouver épée et bouclier. C’est surtout l’occasion de se familiariser avec un monde non balisé, qu’on a l’impression de déjà connaître grâce à cette papate graphique entre le naïf et le mignon.

Coté référence, la difficulté des combats et la gestion de l’endurance de notre héros rappelle instantanément Dark Souls, avec quelques libertés qui le rendent néanmoins plus accessible. Courir ou frapper par exemple n’entament pas la stamina du personnage. Des feux de camp qui régénèrent les potions ainsi que les monstres, cela vous rappelle aussi quelque chose ? Une autre influence est The Binding of Isaac, avec les objets à expérimenter pour connaître leurs fonctions. Bien vu, cela renforce cette sensation grisante de découverte. Tout comme le langage étrange à la Ico, largement utilisée sur les panneaux et autres statues, et qui nimbe irrésistiblement ce monde de mystères. 

Tunic-combat

Et pourtant j’aime les renards 

Je cite plus haut des références qui doivent faire de Tunic un incontournable, avec sa map immense à explorer, un gameplay exigeant mais avec des concessions pour ne trop perdre les gens, ainsi que des options d’accessibilités. Attention à ces dernières qui cassent le jeu et tout challenge en rendant le petit renard infatigable voir invincible. Mais j’avoue que pour ceux et celles voulant simplement profiter de ce joli monde coloré, cela reste un choix bienvenu. Ah part contre, un coté qui m’a perturbé est la vilaine sensation d’être perdu et de ne pas clairement connaître l’enjeu de ce que je fais concrètement. Là encore, Tunic “parodie” la légende de cette brave Zelda en demandant dans un premier temps d’activer deux cloches puis de rassembler trois clés… Sans rire, ensuite ce sera quoi ? De trouver les sept reliques de la destinée future de l’avenir infini du passé glorieux de l’aube dorée du Bien. Je me moque méchamment comme un sale gosse et je suis sans doute trop vieux pour ce simple prétexte d’aventure. 

En huit heures passées à me promener et me démener avec mon petit renard, je suis donc encore à la recherche de sens et j’ai surtout la vilaine sensation d’être perdu sur cette île pour le moins inhospitalière. Alors moi j’adore ce vertige de me perdre dans un jeu. Toute proportion gardée, car ce ne sont pas les mêmes genres, j’ai adoré ce délicieux sentiment d’abandon, de lâcher prise et de perte de repères dans Skyrim et plus récemment dans Elden Ring. Las, sur Tunic, avec sa vue isométrique et sa caméra fixe, je tourne en rond et cela me lasse très vite. Si le monde de Tunic regorge de passages secrets, ils sont malheureusement masqués par le choix imposé de caméra inamovible. Il est d’ailleurs agaçant, au bout de quelques heures, de passer à côté d’un chemin non parce qu’il est bien caché mais à cause cette caméra fixe et du manque de lisibilité. Cet agacement est accentué par la pauvreté musicale qui m’interdit tout moment épique et mémorable. Au point de jouer sans son. 

À croire que ce n’est pas le bon moment pour moi de parcourir Tunic, aux atours pourtant plutôt flatteurs mais qui me laissent froid en l’état. Mon problème est sans doute de faire en parallèle un autre jeu. Je dois confesser que cela n’est pas du tout à la faveur de Tunic, qui ne demandait rien lui, innocent qu’il est. Tunic n’est jamais la fureur et le sang, l’euphorie et la puissance ludique d’Elden Ring. Et il n’en avait pas du tout la prétention d’ailleurs. Alors note pour plus tard : ne jamais commencer un jeu avant d’avoir terminé cette œuvre-monde qu’est la dernière-née de From Software. Qui sait, je pourrais passer à côté d’une perle ?!

Tunic-journal

L’avis toujours éclairé et éclairant de Fab

Je n’ai guère plus de cinq heures de jeu sur Tunic. Mais au moment d’écrire ces quelques lignes, la production d’Andrew Shouldice se dessine d’ores et déjà comme un coup de cœur de ce début d’année. S’il est difficile de nier les inspirations nombreuses du titre, le petit renard parvient toutefois à trouver sa propre voie. Déjà grâce à sa réalisation séduisante avec cette vue isométrique décidément irrésistible à mes yeux. Mais surtout grâce à son sens de l’exploration qui imprègne le level design et le gameplay général. Sous ses apparences tout d’abord cryptiques, avec ses hiéroglyphes incompréhensibles et ses objets qui nous tombent dans les mains sans savoir qu’en faire, Tunic offre en réalité une compréhension diluée au fil du temps. Comme un véritable aventurier, l’on déniche et déchiffre des indices çà et là qui donnent soudain un sens nouveau à ces racines ramassées plus tôt ou cette mixture dont on ne pouvait pas se servir.

Des découvertes qui viennent immédiatement enrichir le gameplay et proposer de nouvelles perspectives à notre progression. Certes Tunic n’est pas là pour nous prendre par la main, mais il n’est pas là non plus pour nous dévorer tout cru. Toutes les clés sont là, sous notre nez et il suffit de prendre son temps pour explorer les secrets de cet univers retors. Des trésors se cachent un peu partout, des raccourcis sont à débloquer à chaque instant et les perspectives aiment se jouer de nous pour toujours nous rendre curieux de ce qu’il se cache derrière un recoin, une bâtisse ou une cascade. Bref, Tunic est une ode à l’exploration. Il prend le parti de faire vivre l’aventure de ce renard qui fait face à des dangers inattendus plutôt que de simplement nous les raconter. Et pour cela, Tunic trouvera à coup sûr son public et saura, sans mal, faire oublier ses illustres aînés pour, à son tour, inspirer de futurs créateurs.

Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle   Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée) Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

  Détails TV 4K   Jeu fourni par l’éditeur oui
  Console Xbox Series X   Temps passé sur le jeu 5 heures pour Bibi, 5 pour Fab
  Niveau de difficulté N.A.   Jeu terminé non

+ Les plus

  • Une direction artistique jolie, naïve et colorée
  • Un gameplay exigeant mais accessible
  • La curiosité y est un joli défaut
  • Le journal de bord façon notice d'antan, irresistible
  • Les multiples références et emprunts convaincants
  • Interface et textes en français

- Les moins

  • Manque de souffle épique
  • La partie sonore en deçà

Mot de passe oublié

Inscription