Monster Hunter World, la chasse est ouverte

Hype. Le mot qui définit certainement le mieux l’attente qu’a suscité Monster Hunter World durant de longues semaines avant sa commercialisation tant la communication faite par Capcom autour du titre a été efficace. Que vous soyez d’un naturel sceptique ou propice à l’engouement démesuré, chacun d’entre nous a suivi l’actualité d’une licence bien mystérieuse car finalement tout le monde a déjà entendu parler de ‘Monster Hunter’ mais sa réputation de jeu réservé à une niche de joueurs hardcore n’a pas encore permis à la série de s’ouvrir à un plus large public. C’est le défi que Capcom s’est résolu à surmonter avec cet épisode World, pour quels résultats ?

Si vous ne connaissez pas du tout la licence, Monster Hunter débarque en 2004 sur PlayStation 2 et compte actuellement 45 millions d’exemplaires vendus à ce jour sur plus d’une dizaine de titres. Et au moment de la publication de ce test, Capcom a déjà annoncé que l’épisode World s’est écoulé à plus de 5 millions d’unités !

Il y a deux traitements possibles : on peut simplement considérer MH World comme le premier épisode à être disponible sur consoles Next-Gen, ou prendre en compte l’historique de la saga. Finalement, ceux qui ne connaissent pas la licence veulent connaître les qualités et défauts du titre pour savoir si ce dernier parviendra à les captiver suffisamment longtemps pour mériter un investissement en temps et en argent. Mais ce ne serait pas juste d’oublier le passé de Monster Hunter car les évolutions sont nombreuses, qu’elles soient subtiles ou visibles au premier coup d’œil.

La première est bien évidemment la structure du jeu en open-world qui relègue à de lointains souvenirs les innombrables temps de chargement qui ponctuaient la progression au sein des environnements des précédents opus. Astera, la ville faisant office de hub central, et cinq régions de chasse variées, voilà le programme qui attend les chasseurs. Ce choix fort de la part de Capcom dans la construction de ces environnements garantit un rythme moins haché, plus en adéquation avec la volonté de proposer un titre immersif. Nul doute que cet aspect open-world garantit également un côté plus sexy à l’épisode puisque c’est une structure du jeu vraiment bankable depuis quelques années désormais, la visibilité est maximale. De là à dire que Capcom a fait ce choix uniquement en fonction de ces considérations, comme on peut le voir dans certains propos, me paraît extrême.

Chasser dans Monster Hunter World

La chasse est au cœur du gameplay, quelque soit le contexte considéré : contrat, mission principale ou expédition. Si vous partez dans l’un des cinq environnements du jeu c’est pour traquer, pourchasser et dépecer votre proie ! La série se veut être fidèle à l’idée que l’on se fait d’une chasse car cela peut prendre du temps avant de débusquer la créature et encore plus pour en venir à bout sans peine. Une chasse est rythmée par des séquences de combats et de poursuite qui s’alternent jusqu’à la mort ou la capture dudit monstre. Il est parfois rageant de devoir courir pendant cinq minutes après la cible mais cela est souvent révélateur de son état de santé. C’est toute la force du jeu ! Il n’y a pas de barre de santé affichée et il faudra scruter attentivement les nombreux détails visuels qui indiqueront que le monstre est proche du trépas.

Pour s’ouvrir à un plus large public, Monster Hunter World enjolive sa narration à grand renfort de cut-scenes et saynètes plus ou moins efficaces. Il est encore question ici d’accélérer le rythme de l’aventure. Oui, les missions principales sont moins nombreuses mais bénéficient d’une meilleure mise en scène par rapport aux épisodes précédents. Pourtant un point me chiffonne : certes l’évolution est considérable pour la licence mais par rapport à d’autres productions l’animation faciale ou la synchronisation labiale est plus que discutable. Il me vient en tête le matraquage assassin des critiques lors de la sortie de Mass Effect Andromeda et à ce sujet, je m’étonne des retours relativement timides sur ces points concernant Monster Hunter World.

Les navicioles

Grande nouveauté de cet épisode pour rendre accessible cet épisode à tous, ce sont des petits insectes lumineux qui virevoltent vers toutes les ressources collectibles par notre héros durant ses expéditions. Une liste des champignons, insectes, minéraux ou végétaux qui se trouvent à proximité s’affiche sur la gauche de notre écran. Les navicioles sont surtout terriblement efficaces pour chasser les grands Monstres : en récoltant des indices (traces de pas, griffures, éléments organiques) une barre progresse, une fois cette dernière remplie les navicioles vous mèneront directement à votre proie. Pour ceux qui veulent plus de challenge, il est toutefois possible de les désactiver dans les options ! En fait comme tout un tas de paramètres : indicateurs de dégâts sur les monstres, rotation de la carte, menu radial pour accéder rapidement à sa sacoche, etc. Capcom a pourvu Monster Hunter World de plein d’options plus qu’agréables pour moderniser la licence.

Être accessible signifie-t-il automatiquement une casualisation du titre ? Capcom démontre que non. Oui le système de navicioles rend la chasse plus simple par rapport aux anciens épisodes, oui l’intégration de didacticiels vidéos pour présenter les armes rend leur compréhension plus abordable, oui les informations liées au bestiaire sont intégrées directement au jeu, etc… mais cet épisode propose suffisamment de challenges et de contenus pour conserver l’amour des vétérans de la licence. Le bestiaire est composé à moitié de nouvelles créatures mais conservent ses têtes d’affiches les plus célèbres tout en leur offrant un lifting visuel des plus appréciables. Le vétéran de la licence aura à cœur de retrouver le Rathalos tandis que les nouveaux venus seront habités par le plaisir de découvrir la trentaine de monstres peuplant les environnements du jeu.

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Dans ses mécaniques de jeu, cet épisode reste fidèle à l’essence de la licence : optimisation de son équipement et des talents utilisés, farming des contrats de chasse et des phases de cueillette – minage pour récolter les matériaux nécessaires au craft des améliorations d’armes et nouvelles pièces d’armure, recherche constante de buffs temporaires pour ses statistiques, étude du comportement des monstres et maîtrise des différents styles de combat. Ne cherchez pas à un jeu où on se plonge directement dans l’action, il est nécessaire d’étudier un minimum notre cible et constituer un stock de consommables adéquats avant de partir en chasse. Si tuer x fois le même monstre pour vous fabriquer un torse en plumes de Pukei Pukei ou un casque en cuirasse de Barroth ne vous donne pas envie, il semble clair que vous allez vous ennuyer !

Quid du multijoueur ?

Chasser seul c’est bien, chasser à plusieurs c’est mieux ! Monster Hunter World propose une palette impressionnante d’options pour créer / rejoindre des joueurs ou des amis. Le système manque toutefois un peu d’ergonomie et le contenu exclusivement jouable en solo n’est pas indiqué clairement. Il n’a pas été rare que l’on chasse en coopération puis qu’une mission solo pointe le bout de son nez. Ce qui est étonnant c’est que ces missions ne peuvent être lancées en coopération mais qu’il est possible d’envoyer une fusée de détresse pour qu’un autre joueur vienne nous aider. Incompréhensible ! Cela ne gâche rien au plaisir de parcourir le jeu en multijoueur, les synergies de groupe sont vraiment intéressantes et donnent une dimension supplémentaire à la pratique du jeu exclusivement en solitaire puisque les monstres gagnent évidemment en puissance en fonction de la taille de votre groupe.

Toutefois, MHW propose des environnements systémiques qui visent à casser la routine du farming de ressources. Les environnements sont de véritables éco-systèmes vivants qui regroupent bien entendu les grands monstres mais également d’autres créatures. Le comportement de toute cette faune est parfois soumis à des scripts pour le besoin du scénario et ce n’est qu’en Expéditions (aucune contrainte d’échec de la partie, que ce soit en temps ou en vie) que l’on se rend compte du travail incroyable de Capcom dans la mise en place de synergies visant à casser la monotonie de la licence. Ainsi, on ne part plus en chasse uniquement pour aller récolter des ressources mais parce que l’on sait que tout peut arriver ! Les situations sont vraiment diversifiées que ce soit en raison du comportement des créatures, de l’interactivité du décor ou de votre façon de jouer.

Il reste un élément qui fera mouche auprès de nombreux joueurs : cet épisode World est un régal pour les yeux ! Jamais les textures, les effets lumineux et les détails n’auront été aussi somptueux. La direction artistique et le chara-design des monstres sont à tomber ! On sent un véritable travail de conception de la part des équipes de Capcom : les environnements fourmillent de détails, de recoins où se faufiler et bénéficient de sublimes panoramas servis par un level-design plus vertical que jamais.

L’optimisation sur Xbox One X

Capcom a le bon goût de proposer trois options pour les possesseurs de la dernière machine de Microsoft : Résolution (4K Ultra HD dynamique), Framerate (oscille entre 40 et 60 images par seconde) et Graphismes (davantage d’éléments et des ombres plus travaillées).

Monster Hunter World est un chef d’oeuvre pour quiconque souhaite se plonger dans la licence et le titre de Capcom ne souffre d’aucune concurrence dans sa catégorie. Véritable ovni du paysage vidéoludique, c’est un plaisir que de découvrir cet épisode : somptueux, riche, colossal et envoûtant. Il faudra toutefois vous interroger sur votre faculté à effectuer du farming intensif pour chercher à optimiser votre équipement et votre façon de jouer. Accessible oui, casual non, World conserve toute l’essence de la saga pour l’enrichir, se moderniser et proposer une expérience unique. On espère que le suivi du jeu sera régulier et riche en contenus pour ne pas perdre les nouveaux venus tentés par l’aventure et qui pourraient rapidement être rebutés par cette recherche constante de matériaux pour gagner en puissance.

+ Les plus

  • L'épisode idéal pour débuter la série
  • Le bestiaire
  • Les graphismes / direction artistique
  • 14 armes !
  • Durée de vie colossale

- Les moins

  • Le farming intensif ne plaira pas à tous
  • Le framerate en dents de scie
  • Un multijoueur confus (mais complet !)
9

Je suis tombé dans la marmite Xbox en 2003 et depuis je n'ai plus besoin de potion magique pour m'intéresser à tous les jeux qui sortent sur ces belles machines au fil des années. Je suis accessoirement un PGM en mousse.

10

  1. Ça a l’air bien :) Je le prendrai peut être plus tard. J’avais testé un épisode 3DS qui m’avait pas du tout plu !

    • Ça a beaucoup changé depuis la version 3ds et le test de tinou donne clairement envie.
      Par contre, au revoir vie sociale avec ce genre de jeux ;)

  2. J’ai craqué maintenant faut que je trouve le temps pour m’y consacrer. En attendant je vais faire des sessions solo pour me familiariser avec l’interface , le farm , le gameplay tranquillou

    • J’ai réussi à me retenir de ne pas le prendre. Mais faut dire qu’il donne envie…

    • J’espère que mon test est assez clair, si vous n’aimez pas farmer, vous risquez d’être déçu ! :(

  3. Test parfait …. J’avais fait sur PSP c est autre chose celui ci il est très bon !!

    • Parfait parfait… Faut pas pousser non plus ! Attention, je m’autorise le droit d’enlever des points pour propos abusifs ! :D

  4. J’avais essayé celui sur Wii U, j’avais bien aimé mais je l’avais trouvé trop rigide et peu accessible… Ce nouvel opus a l’air d’être bien plus dans mes cordes. En plus il claque sévère !

  5. Je finirai bien par craquer et sûrement plus vite que ça même si j’ai un peu peur du côté redondant

  6. Joli test est pour aller dans le sens de son fil conducteur, ce MHW s’adresse à tous en effet. Pour ma part, c’est le premier MH auquel je joue et j’ai vraiment bien accroché. J’en suis aujourd’hui à près de 220 h de jeu au compteur et je n’arrive pas à décrocher, même si parfois la lassitude commence à pointer le bout de son nez. Le fait, de pouvoir continuer à améliorer les équipements via la transcendance pousse à s’accrocher malgré tout.

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