Test – Dark Nights with Poe and Munro, rêve ou cauchemar ?

Pas si échaudé que ça après avoir testé I Saw Black Clouds, me revoilà avec un FMV entre les mains ! Est-ce que ce Dark Nights with Poe and Munro va relever le niveau, ou sera-t-il un véritable cauchemar ? Réponse tout de suite.

Ellis-toire dans tout ça ?

Si je connais plutôt bien le genre du film interactif, ayant pu me frotter à de nombreux titres entrant dans cette catégorie, c’est la première fois que je lance une production D’Avekki Studios. Cette équipe anglaise de développement est à l’origine de The Infectious Madness of Doctor Dekker et de sa suite spirituelle, The Shapeshifting Detective. Deux jeux qui font partie de mon backlog de l’enfer, mais que je n’ai jamais eu l’occasion de lancer.

Dark Nights With Poe and Munro met en scène deux animateurs de radio : Ellis Munro et John Pope (surnommé Poe). Leurs noms vous rappelleront peut-être ceux de célèbres écrivains. Et si leur visage vous semblent familiers, c’est que vous avez probablement joué à l’un des deux autres jeux du studio, qui se déroulent dans le même univers. Nos deux protagonistes vont devoir résoudre plusieurs mystères dont le dénouement dépendra des choix que vous aurez faits au cours de la partie.

Je parle de film interactif, mais je devrais plutôt utiliser le terme “série interactive”, car elle propose plusieurs intrigues réparties en six épisodes distincts. Six petites histoires indépendantes les unes des autres, mais malgré tout reliées par un fil rouge. Les thèmes qu’elles abordent lorgnent parfois vers le surnaturel et l’ésotérisme, comme par exemple les vies antérieures ou les cauchemars. Mais la plupart du temps, on tourne autour du thriller (kidnapping, harcèlement). Un épisode se transformera même en enquête policière.

Qu’y a-t-il sous le ca-Poe ?

Les deux voix principales sont douces et agréables à écouter. Elles nous plongent dans un récit particulièrement décontenançant et sombre, à l’esthétique léchée. Non sans rappeler (sans toutefois en atteindre la qualité) les œuvres de David Lynch. Comme dans ses films, je me suis souvent retrouvé à me demander ce que je venais de voir… La musique au piano nous transporte dans le monde tortueux des deux animateurs. Mais si, par malheur, vous êtes comme moi et mettez souvent le jeu en pause, ces quelques notes vont finir par vous taper sur le système !

Du côté de l’image, j’ai trouvé le générique particulièrement hypnotisant, très réussi, avec ses explosions de couleurs. La qualité vidéo n’est pas en reste, et je n’ai subi aucun couac technique : pas de ralentissements, de freeze ou quoi que ce soit. Le montage est également réussi, je n’ai remarqué aucun faux-raccord en progressant dans le jeu.

Les voix sont en anglais, mais les sous-titres sont disponibles en français. Leur traduction est bonne, je n’ai pas relevé de pépites, que j’avais pu rencontrer dans d’autres jeux du genre. À noter également, la possibilité, dans les options, de mettre en pause le jeu au moment des choix. Ce qui est bienvenu, car il m’a semblé que le laps de temps pour se décider était un peu trop court. Surtout quand la série installe un rythme assez lent, et se repose avant tout sur l’ambiance et la psychologie des personnages.

Les choix Munro aux conséquences

Si le personnage de Munro peut paraître assez candide de prime abord, elle saura se montrer surprenante dans plusieurs séquences, maniant une certaine répartie avec délice. L’écriture a été soignée, cela se voit. Le jeu d’acteur n’est vraiment pas mauvais si on le compare aux autres FMV. J’ai beaucoup moins cette impression de nanar que l’on retrouve trop souvent dans le genre. Mises à part quelques séquences dont je soupçonne le surjeu d’ajouter un côté absurde et loufoque. Je suis agréablement surpris de ce côté-là. On sent même une alchimie entre les deux acteurs principaux, et certains passages sont vraiment drôles et efficaces.

Les choix à effectuer ne seront pas explicites. Ils sont représentés par des images, des personnages ou des symboles visibles à l’écran. Ce qui a pour inconvénient de ne pas clairement mettre en évidence quelles seront leurs répercussions. Même chose pour certains QTE : il faudra appuyer à répétition sur A pour mener à bien une action, mais l’affichage est le même que pour un choix lambda. Du coup, difficile de faire la distinction, et on se retrouve parfois à le rater bêtement…

Il est dommage aussi que de nombreux choix soient réduits à des futilités, même si les développeurs ont fait l’effort de proposer des fins alternatives aux six épisodes. S’il vous suffira de deux ou trois heures pour en voir le bout, ils ont annoncé la présence de près de cinq heures de cinématiques. Libre à vous ensuite de recommencer depuis le début, ou certains épisodes seulement, pour prolonger le plaisir une heure ou deux, et pour découvrir les différentes fins. Vous aurez aussi la possibilité de passer les scènes en appuyant sur B, à ce moment-là. Ce qui sera utile pour débloquer tous les succès du jeu, par ailleurs.

Conclusion

Dark Nights with Poe and Munro fait clairement partie des meilleures expériences en termes de film interactif. Son découpage en épisodes est d’ailleurs une excellente idée, car elle permet de prolonger le plaisir sur plusieurs sessions sans être frustré de mettre l’intrigue en pause. Les acteurs sont convaincants, les dialogues sont bien écrits, rien à reprocher d’un point de vue technique. Mais surtout, l’ambiance est vraiment travaillée et plaisante. Je regretterai seulement un manque de clarté au niveau des choix et la musique du menu principal que je n’en peux plus d’entendre ! Au final, le jeu m’aura surtout donné envie de me lancer dans les précédentes productions du studio, qui réussiront enfin à trouver le chemin de la sortie de mon backlog de l’enfer.

 

Critères d’accessibilité

Déficience VisuelleDéficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée)Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

Détails TV4KJeu fourni par l’éditeurOui
ConsoleXbox Series XTemps passé sur le jeu5 heures
Niveau de difficultéN/AJeu terminéOui, deux fois

+ Les plus

  • Une ambiance soignée
  • Des acteurs convaincants
  • Techniquement irréprochable
  • Des touches d'humour réussies
  • Le format en six épisodes
  • Des dialogues bien écrits
  • Possibilité de passer les scènes lors d'un deuxième run

- Les moins

  • La musique du menu principal
  • Les décisions manquent parfois de clarté
  • Les QTE indifférenciés des choix
  • Certaines résolutions d'épisodes

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