Test – Doki Doki Literature Club Plus!, quand la poésie n’est pas faite pour les âmes sensibles.

À sa sortie sur PC en 2017, Doki Doki Literature Club avait fait sensation. Développé par Team Salvato, il prend l’apparence d’un visual novel (entendez par là un livre interactif) axé sur la drague, avec un enrobage sur le thème de la littérature. Mais comme le dit l’adage, l’habit ne fait pas le moine. En effet, le titre révèle bien des surprises au-delà de sa forme…

MESSAGE D’AVERTISSEMENT

Même si le titre prévient de façon explicite le joueur, je préfère insister sur le fait que les événements qui se déroulent dans ce jeu peuvent choquer certaines personnes. Il aborde des thèmes délicats qui ne sont pas adaptés à un public jeune ou aux individus vulnérables psychologiquement. Et ce, malgré son apparence enfantine. Vous voilà prévenus.

Le gakuran ne fait pas l’étudiante

C’est tout récemment qu’a été annoncé une version améliorée de cette étrangeté, affublée d’un « Plus ! » à la fin de son titre. Et cerise sur le gâteau, accompagnée une version Xbox ! Personnellement, j’avais entendu parler de cet OVNI, mais je n’avais jamais eu l’occasion de m’y lancer. Évitant les spoilers tel un contorsionniste numérique, je me suis enfin jeté à l’eau.

En lançant le jeu pour la première fois, un message de prévention s’affiche. Il met en garde les personnes sensibles et leur déconseille de continuer. À juste titre. Rarement un jeu ne m’a mis aussi mal à l’aise que Doki Doki Literature Club Plus!. Mais on y reviendra. Concentrons-nous plutôt sur l’histoire. Elle démarre juste après avoir choisi le nom de son avatar : un lycéen qui se fait embrigader plus ou moins volontairement dans un club de littérature.

En effet, Sayori, votre amie d’enfance et voisine, vous a poussé à en devenir membre. Trois autres étudiantes en font également partie, et vous ne tarderez pas à faire leur connaissance. Monika, la présidente du club, Natsuki, qui ne jure que par les mangas, et enfin Yuri, timide et accro aux bouquins de fantasy. Comme dans un jeu de romance, il vous faudra jeter votre dévolu sur l’une d’entre elles. Enfin, c’est du moins ce que laisse penser le titre dans un premier temps…

« D’autres cloisons à détruire en plus du quatrième mur, ma p’tite dame ? »

Les journées se suivent et se ressemblent : des dialogues font avancer l’intrigue, vous interagissez avec les quatre étudiantes et échangez vos impressions sur vos poèmes respectifs. Puis, à la fin de la journée, vous préparez celui du lendemain. Pour cela, il suffit de sélectionner une série de mots parmi une liste, en sachant qu’ils ne plairont pas aux mêmes protagonistes. Ainsi, il faudra sélectionner les bons termes pour tenter d’impressionner la personne de votre choix.

Après une ou deux heures de lecture et de musiques entêtantes, le récit bascule dans quelque chose de complètement différent. Certains traits de caractères étranges de vos interlocutrices se transforment littéralement en moments de malaise. Puis l’histoire sombre dans de l’horreur psychologique. C’est à ce moment où on comprend réellement l’importance du message d’avertissement en début de partie.

Doki Doki Literature Club Plus! s’amuse ensuite, de façon malsaine, avec le joueur. À plusieurs reprises, je suis resté comme figé devant mon écran, en me demandant si j’avais bien assisté à de tels événements ou conversations. Je ne détaillerai pas plus cela, pour vous laisser la surprise la plus complète possible. Mais sachez que cela vaut le détour, et que d’en savoir le moins possible avant d’y jouer décuple les effets concoctés par les développeurs. Je ne regrette vraiment pas de m’y être lancé à l’aveugle.

Version Plus ou moins ?

À l’origine, le titre est disponible gratuitement sur PC, et ce, depuis sa sortie en 2017. Qu’apporte donc la version « Plus! » pour justifier le tarif de 15 euros ? Le point le plus important est sans conteste la présence d’une localisation française. Dans un visual novel, le texte est omniprésent et le confort de pouvoir y jouer dans la langue de Molière est vraiment sans pareil. Surtout que la traduction est de qualité, y compris pour les poèmes, une tâche bien plus compliquée qu’il n’y paraît. Mis à part cela, vous aurez accès à une douzaine de petites histoires supplémentaires, qui, je trouve, n’apportent malheureusement pas grand-chose à l’intrigue. Ajoutez à cela la possibilité d’accéder à une galerie d’artworks ainsi qu’un juke-box pour écouter l’intégralité des musiques du titre, que vous débloquerez au fur et à mesure de votre progression.

Côté graphismes, rien à signaler, le rendu manga fait le job, et pour la variété des décors, c’est le minimum syndical. Pour aller au bout de l’histoire, comptez quelques heures, plus du double si vous voulez tester différents choix et avec les scénarios supplémentaires. Surtout qu’il y a pas mal de petits secrets à découvrir. On peut, par exemple, trouver le compte Twitter de l’une des protagonistes, ce qui ajoute un côté « méta » à l’histoire.

Conclusion

Doki Doki Literature Club Plus! est un jeu marquant, dérangeant, qui prend aux tripes et qui ne m’a pas laissé indemne. C’est une expérience que je recommande pour ceux qui s’en sentent capables. L’histoire, et tout ce qui gravite autour, est de très bonne facture et ne manque pas de profondeur. On grince cependant des dents face à un prix un peu élevé, compte tenu des ajouts apportés par cette version “Plus!”.

 

Critères d’accessibilité

Déficience VisuelleDéficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée)Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

Détails TV4KJeu fourni par l’éditeurOui
ConsoleXbox Series XTemps passé sur le jeu15 heures
Niveau de difficultéN/AJeu terminéOui

+ Les plus

  • Un scénario captivant qui prend aux tripes
  • Les personnages attachants
  • Intégralement traduit en français
  • Pas mal de petits secrets cachés
  • Des idées originales
  • Le quatrième mur atomisé

- Les moins

  • Le contenu additionnel anecdotique
  • L’apparence du titre qui en rebutera certains
  • À ne pas mettre entre toutes les mains
  • Quelques dialogues un peu mièvres
  • Le prix un peu excessif

1

  1. Je n’ai qu’une chose à dire sur ce jeu :
    Monica

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