Test – Jump Force, mi-pain mi-figue

Je vais attaquer ce test en vous contant un temps que les moins de 20 ans (30?) ne peuvent pas connaître : les années 80-90, ou l’apparition des Mangas en France. Le samedi, c’était peut être Mcdo, mais le mercredi, c’était club do ! La première fois que les français ont découvert Dragon Ball, Ken le survivant, ou encore les Chevaliers du Zodiaque, c’était dans cette émission retransmise sur la première chaîne. Autant nous autres jeunes, en quête d’émotions fortes, étions aux anges, autant nos parents, choqués par cette profusion de violence, étaient effrayés des conséquences sur nos petits ciboulots. Même l’actu s’y mettait : Non mais relax les gars ! Tout ça pour dire que découvrir aujourd’hui, en 2019, un jeu réunissant tous nos héros d’enfance, tient un peu du miracle.

Purée ! Quel casting ! 

Jump Force, comme son nom l’indique, est un hommage aux personnages issus de l’hebdomadaire japonnais Shonen Jump. Pour faire court, Dragon Ball, Naruto, One Piece, Hokuto no Ken, Bleach, et j’en passe, ont tous débuté dans ce journal. Dans le jeu, pas moins de 40 personnages (hors DLC à venir) sont jouables, issus de 18 séries différentes. Ca en fait du beau monde ! Bien que certaines franchises soient bien mieux mises en avant, comme les habituels Dragon Ball et Naruto, d’autres, comme Saint Seiya, ne proposent que deux malheureux personnages. C’est franchement dommage bien que cela fasse tout de même plaisir de les voir enfin débarquer sur Xbox.

Jump Force est, surprise ! , un jeu de baston, avec un mode histoire, des matchs en ligne, et en local. En bootant le jeu, la possibilité de jouer en ligne ou offline est proposée. Cela aura un effet sur les joueurs qui partageront avec vous le hub principal du jeu. Ce dernier consiste en une grande zone circulaire avec 4 embranchements spécifiques et un long couloir qui l’entoure. Ces différents chemin vous emmèneront dans des zones plus petites à l’effigie de Dbz, Naruto, et One Piece. Le dernier embranchement vous fera visiter le commandant de la base, qui nous donnera quelques conseils, ou missions. Dans le mode campagne, pièce centrale du jeu, on sera amené à contrôler son avatar créé de toute pièce grâce à pas mal d’éléments cosmétiques. Le hub est relativement épuré avec des boutiques d’upgrade et de personnalisation où l’on pourra dépenser ses deniers chèrement acquis, ainsi que les comptoirs pour faire des duels solos ou entre amis. En ligne, ce hub regorge de monde naviguant dans tous les sens. Vous pourrez alors leur envoyer des messages ou les provoquer en duel. Ça reste assez standard de ce côté là, proche d’un Dragon Ball Fighter Z dans l’esprit.

Grève des scénaristes

Ce qui est vraiment intriguant dans une compil’ comme celle-ci est plutôt à regarder du côté du scénario. Et un seul mot me vient à l’esprit pour le résumer : Bidon. Je pense que si on met un scénario dans un jeu de combat, un minimum de travail d’écriture s’impose, surtout avec ce casting cinq étoiles. Ici, nous sommes en présence d’une accumulation de combats sans queue ni tête, tournant autour d’une histoire de cubes rouges prenant possession de nos héros, seul justification pour les voir s’affronter. Certaines scènes m’ont fait lever les yeux au ciel, comme Gon Freecs qui nous demande d’aller au Japon, parce qu’il n’y a jamais été, et que apparemment c’est Zoli. Allez hop, un détour par le Japon pour y affronter les adversaires génériques du jeu, les Venoms, avant de revenir au hub. Ou encore ce combat, avec le même antagoniste, qui se prolonge sur 4 rounds, sans raison.. C’est n’importe quoi ! L’attribution de ces missions aussi est une farce. En appuyant sur Y dans le hub, une mini carte apparaît dans le coin de l’écran, qui est censé nous aider à repérer la prochaine mission, sauf qu’il ne montre que ce qui est dans son rayon d’action, minuscule. Le marqueur d’objectif changeant toujours d’endroit, il faut parcourir toutes les zones pour le trouver. Inutile et énervant en sachant qu’ils ont également collé un comptoir appelé “missions” , qui est uniquement là pour nous induire en erreur, vu que certaines missions principales s’y trouvent. Zéro logique, vous dis-je !

Waooh !!! 

Bon, le scénario est mal fichu, mais les combats, ça donne quoi ? Après tout c’est pour ça qu’on est là ! Et bien les combats sont très chouettes ! A trois contre trois, avec la possibilité de changer de combattant à sa guise, mais avec une seule barre de santé, les affrontements s’avèrent extrêmement dynamiques. Avec un coup normal, l’autre fort, une esquive, un contre, trois coups spéciaux, et un ultime, le combo marche très bien. Tout répond au doigt et à l’œil, malgré le côté brouillon des affrontements. Ça va vite, et même si changer de personnage en milieu de combo  peut envoyer la caméra dans tous les sens, globalement on s’y retrouve. On n’est pas dans un jeu de combat technique comme un Virtua Fighter, on serait là plutôt aux antipodes. Les 40 personnages proposent tous le même gameplay, juste leurs attaques spéciales diffèrent, donc c’est vers vos franchises préférées qu’il faudra vous tourner.

Après avoir vu les différents trailers du jeu avant sa sortie, j’avoue avoir trouvé ça très joli. Certe atypique, mais je ne comprenais pas les différentes critiques à son égard. Au final, les graphismes soufflent le chaud et le froid. En combat, l’aspect esthétique est réussi, les personnages sont bien modélisés, à part quelques exceptions, leurs habits ont un look très réaliste, leur visage très plastiques, mais se démarquent vraiment du tout venant. Les effets spéciaux par contre sont très impressionnants ! De voir tout ça bouger à l’écran me fait penser à un ballet grandiose, avec des effets de zoom, de lumières, de fumée, avec ses impacts formant des cratères au gré de nos attaques. Jubilatoire.

Dragon Ball Série Z

Dans les cinématiques par contre, c’est une autre histoire. La mise en scène est pitoyable, avec des héros qui se tiennent droit comme des piquets, des mouvements très limités, des bugs gênants où les cheveux traversent les vêtements…et vu qu’il est impossible de les zapper, on n’est pas loin de la corvée. Il est évident que les graphistes ont travaillés ces scènes pendant leurs heures supp non rémunérées.

Tout ce visuel ne serait pas grand chose sans le son qui va avec. Les fans qui se plaignent parfois du manque de V.O dans leurs jeux japonnais seront aux anges : il n’y a que ça ! Je vous rassure, des sous titres multilangue les accompagnent, ce qui est bien pratique pour comprendre les inepties qu’ils nous racontent. La musique, de son côté, est réussie. Je ne l’avais pas forcément remarqué au début  la faute à un mixage des niveaux moyens, mais en montant le volume au maximum dans les options, la différence en combat se ressent ! Très symphonique, elle met bien en valeur la grandeur des affrontements, et contribue fortement aux boosts d’adrénaline.

Permettez moi de vous présenter un quart du jeu. 

Un dernier point que je souhaite absolument aborder avant de conclure, c’est les chargements. Comment vous dire ? Il y a en a partout ! Lorsque l’on accepte une mission :10 secondes, après la cinématique des personnages, 15 secondes.. C’est vraiment barbant, et démontre un gros problème d’optimisation. On prend le rythme, mais vraiment parce qu’on a pas le choix..

En résumé 

Si vous cherchez à voir s’affronter vos héros dans un jeu de combat fun et décomplexé, Jump Force fait le travail. Avec des combats spectaculaires et simples d’accès, tout le monde devrait y trouver son compte. Mais il faudra se montrer très indulgent avec ses chargements intempestifs, son scénario ridicule, sa mise en scène hors combats catastrophique, et son hub redondant. Vous êtes prévenus.

Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle  Déficience Auditive
✘ Contraste élevé (réticule de visée)✘ Sous-titres avec indications d’ambiance
✘ Taille couleur de police✔ Identification de la personne qui parle
✘ Marquage des ennemis✘ Police personnalisable
✘ Interface personnalisable✘ Couleur de police personnalisable
✘ Couleur minicarte personnalisable✔ Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
✘ Option daltonisme✘ Sons ambiants signalés (informe sur présence)
✘ Option Text to speech
✘ Ralentissement du jeu

 

Caractéristiques du Test

Caractéristiques TV4K

HDR

Jeu fourni par l’éditeurNon
ConsoleXbox One XTemps passé sur le jeu8 heures
Niveau de difficultéNormalJeu terminéNon

+ Les plus

  • Des combats très spectaculaires
  • Un roster impressionant
  • Simple d'accès
  • Un rêve de gosse

- Les moins

  • Trop de chargements
  • Une histoire nulle
  • Des cinématiques ratées
  • Toujours les mêmes séries privilégiées
Bercé aux jeux vidéo depuis l’Amstrad, j’ai vécu ma vie vidéoludique sur cet adage: mieux vaut rouler en fiesta et avoir un paquet de jeux, qu’en Porsche, et d’en avoir aucun!

3

  1. d’occasion ça peut valoir le coup mais ça n’a pas l’air de valoir 70 balles

  2. Vraiment dommage, il y avait tellement mieux à faire rien que pour les persos et leurs modélisations, bref du gâchis si suite il y a, on peut espérer qu’ils ne feront pas pire.

  3. Je cherchais si vous aviez testé le jeu, je viens de le trouver et c’est folichon l’histoire. Mention spéciale pour le “quart” du jeu qui charge toujours. Espérons comme il semblent nous le vendre que la prochaine gen gomme ce défaut majeur depuis l’apparition du support cd dans nos machines.

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