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    Test – Martha is dead, une expérience éprouvante

    Une fois Martha is dead terminé, je me suis senti vidé, un peu groggy. Comme rarement. Non, en fait comme jamais. Soyons clair, ce n’est pas un grand jeu en soi, mais une expérience véritablement et terriblement éprouvante. Et clairement réservée à un public averti et mature. Sérieusement. De plus, je suis incapable de dire si j’ai aimé mais à la réflexion, ce n’est pas le propos. Car je ne sais pas si on peut « aimer » l’expérience proposée ici tellement elle offre quelque chose jamais vu, jamais ressenti. D’à la fois terrible et fascinant. D’inquiétant et de vertigineux. Par contre, ça ne peut pas laisser indifférent. Très triste ce récit. Non, pas de la tristesse. C’est pire. Du désespoir. 

    Note du testeur : il a été délicat d’écrire cette critique car révéler quoi que ce soit peut s’avérer être un spoil majeur et entacher l’expérience. Aussi, ce que vous allez lire ci dessous ne rend pas forcément justice à ce récit profond.

    Martha-Is-Dead-cercueil

    Martha is dead 

    Le récit est singulier à plus d’un titre. Pourtant, il démarre sur un meurtre assez classique. Une jeune femme, Martha, a été assassinée et retrouvée dans le lac voisin du domaine familial. Son corps est sorti de l’eau par sa sœur jumelle Giulia, qui va mettre tout en œuvre pour trouver le coupable. Qui aurait pu en vouloir à Martha au point de la supprimer ? Les contextes même du jeu ouvrent beaucoup de portes. Tout d’abord, Martha is dead se déroule en Italie, à la fin de la seconde guerre mondiale, dans une région relativement épargnée par les atrocités, à première vue du moins. La famille est aussi une curiosité en soi : un père allemand, un général estimé de la Wehrmacht et une mère italienne. S’il fallait ajouter de la complexité à l’enquête, du mystique et de l’ésotérisme s’invitent avec une histoire folklorique à propos d’une mystérieuse Dame qui tuerait les jeunes femmes par temps brumeux. 

    Il faut environ 6 heures pour dérouler une histoire sous forme de huis clos dans la propriété familiale. Le cadre est bucolique, idyllique… On en oublierait presque qu’un corps a été repêché non loin. Mais l’oubli est vite rattrapé. Très vite. Des tensions chavirant Giulia arrivent de toutes parts et font ressurgir des secrets de famille, rancœurs et aigreurs. Le pire est que celles-ci sont terriblement crédibles et que de l’autre côté de la manette, on peut y retrouver un soupçon de sa propre histoire. En espérant effectivement que ce ne soit qu’un petit soupçon… 

    Martha-Is-Dead-forêt

    Martha is dead 

    Je parlais de huis clos plus haut, et cela s’applique au personnage principal. Giulia est terriblement seule de bout en bout, les rares interactions avec sa famille se font lors de courtes cinématiques. Son enquête ne va pas s’avérer horrifique. Il n’y a aucun jumpscare, aucun effet facile de l’horreur habituelle. Je parlerais plutôt de montée en puissance d’un fort sentiment de malaise et de dégoût. Cela commence par la désormais célèbre scène du découpage de visage. Cela arrive très tôt dans le récit et apparaît un peu “gratos” à première vue. À mesure que l’on avance dans l’aventure, on s’aperçoit qu’il n’en est rien mais que cela participe à installer une pesanteur incroyable par moments. Par contre, cette tension redescend souvent à cause d’aller-retour assez pénibles et de mécaniques de jeu assez fastidieuses. 

    Par exemple, Giulia est passionnée de photographie et prendre des clichés fera partie de ses investigations. Années 40 oblige, elle doit les développer dans une chambre noire installée dans la cave familiale. Tout ça, c’est compréhensible et cohérent mais les opérations ont été tellement simplifiées que leur intérêt est très limité, voire rébarbatif. Autre grief, l’héroïne est lente. Même à la course elle se déplace à une vitesse si ridicule que le point positif est qu’on a le temps de faire le point sur l’aventure. 

    Il n’y a pas d’énigmes ou de puzzles à résoudre. Les objectifs sont affichés à tout moment sur la carte et pourraient faire de Martha is dead un énième « walking simulator », linéaire et au gameplay simpliste. Ce serait réducteur de le limiter à ça et on passerait un côté d’une expérience hors norme. 

    Martha-Is-Dead-cauchemar

    Martha is dead 

    Si on cherche en Martha is dead un jeu vidéo où on s’amuse à avoir peur, ce n’est clairement pas le bon choix. L’histoire, complexe et à tiroirs, faite de révélations et de tragédies m’a plongé dans un état second, entre la tristesse et l’étourdissement. Les moments forts, de malaises profonds et de dégoûts sont tels que cette expérience est véritablement destinée à un public extrêmement averti. Des scènes brisant des tabous comme je n’en ai jamais vues dans l’industrie vidéoludique font lâcher des onomatopées de surprises et d’angoisse. Je parle de séquences de mutilations et d’autre sujets extrêmement sensibles. Mais la force est que cela reste crédible dans cette histoire. Pour ceux et celles qui ne supporteraient pas, il est possible de les passer. D’ailleurs, à l’instar d’autres jeux vidéo ou films, je pense que Martha is dead mérite un second run pour tenter de tout assembler et comprendre. Martha le mérite, non ?

    À noter que les sous-titres et interfaces sont disponibles en français et que les dialogues sont doublés en italien. 


    Critères d’accessibilité

      Déficience Visuelle   Déficience Auditive
    Contraste élevé (réticule de visée) Sous-titres avec indications d’ambiance
    Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
    Marquage des ennemis Police personnalisable
    Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
    Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
    Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
    Option Text to speech
    Ralentissement du jeu

     

    Conditions de test

      Détails TV 4K   Jeu fourni par l’éditeur oui
      Console Xbox Series X   Temps passé sur le jeu 6 heures
      Niveau de difficulté N.A.   Jeu terminé oui