Test – Matchpoint – Tennis Championships, la balle entre deux (mauvaises) chaises.

Les développeurs australiens aiment les jeux de tennis. Il n’y a clairement pas d’autres mots. Rendez-vous compte qu’après Big Ant Games qui s’était essayé à trois reprises dans la discipline, de manière très perfectible sur la génération précédente (AO Tennis 1&2 et Tennis World Tour 2), c’est Torus Games qui se lance à son tour dans l’aventure. En effet et sans crier gare, c’est en janvier dernier que le studio à l’origine de PAW PATROL : On The Roll (sic) nous annonçait l’arrivée d’un nouveau jeu de la petite balle jaune sur nos chères consoles. Se voulant “une expérience plus immersive avec un gameplay complet”, est-ce que Matchpoint – Tennis Championships saura tenir toutes ses promesses ? Je vous livre mon avis en trois sets gagnants.

Le chat noir de la technique

Comme une malédiction qui s’acharne sur le genre, Matchpoint – Tennis Championships ne déroge malheureusement pas à la règle sur la faiblesse technique qui le caractérise. On frise même le moins bon si je dois le comparer avec ses concurrents dans le secteur. C’était un challenge, pourtant,  pas forcément insurmontable surtout au regard de la puissance disponible sur les Xbox Series X|S et de l’exigence que requiert ce type de jeu. Néanmoins, et en dehors du rendu tout juste correct des terrains, rien ne va plus en action. De la plastique vilaine des joueurs lors des gros plans, à la violence du déchirement de l’image sur les replay, on arrive au point de non retour avec l’animation désastreuse de la balle. L’effet de traînée sur cette dernière, que l’on peut désactiver dans les menus (el fomoso “Effet Boule”), fait d’ailleurs littéralement office de cache-misère. J’ai du expérimenter aussi plusieurs parties gangrénées par des micro ralentissements lors de chaque frappe de balle. Infernal !

Je m’épargnerais bien de vous parler de l’ambiance sonore qui est à l’égal de l’accessibilité : minimaliste. Je pense que sur certains courts, je pourrais applaudir avec mon épouse et mes enfants que l’on ferait sans doute plus de bruits… Et ce n’est pas les arbitres à la prononciation parfois étrange ou le commentateur anglais qui répète en boucle les mêmes phrases lors des balles de break qui relèveront le niveau.

Alors, sans doute, est-ce l’animation des joueurs ou la panoplie de coups du tennis qui vont nous redonner le sourire ? Que nenni. Si les tennismen ou tenniswomen bougent plutôt bien, leur palette de mouvements est drastiquement identique d’un joueur ou joueuse à l’autre. Oubliez les coups signatures ou une particularité caractéristique d’un joueur. Tous les avatars frappent de la même manière et avec des mouvements identiques si on exclut, bien entendu, le revers à une main et à deux mains.

“C’est comme une boule de flipper !”

Avec un tel premier constat, tout repose maintenant sur les épaules du gameplay “complet” pour faire pencher la balance du bon côté. Si dans “complet” on voulait nous dire ” de quoi renvoyer la balle de l’autre côté du filet avec la force de la patate d’un forain”, on est ok. Mais présentement, on est à des années-lumière de la diversité que l’on est en droit d’attendre d’une simulation de tennis qui prône “une expérience immersive”. Alors oui, on a la possibilité de servir, de jouer des coups droits ou des revers à plat, en slice ou en kick, de faire des lobs ou des petites amorties vicelardes. Encore heureux ! Mais cela s’arrête ici. De fait, la seule technique qui va ponctuer votre manière de jouer, c’est d’appuyer le plus longtemps possible sur un bouton, de bien viser (si possible loin du joueur adverse) puis de relâcher. C’est tout. Vous ne gérerez aucunement la vitesse de déplacement de votre personnage et le strict minimum pour la direction. Tout est en mode quasi automatique.

De temps à autre, vous aurez la possibilité ou l’envie de monter au filet pour abréger votre souffrance de voir deux bots courir comme l’homme qui valait trois milliards de gauche à droite. Les phase de montées à la volée sont, d’ailleurs, le seul point positif dans la boucle de gameplay. Effectivement, elles sont dynamiques et emmenées par une course en avant, enfin, à la hauteur. Elles réussissent à nous faire sortir un instant de notre torpeur en essayant de nous faire oublier un fun complètement moribond. On pourra par la même occasion saluer la prise est main qui est rapide et facile dès lors que l’on aura dompté le système de visée particulier. Ainsi, ce dernier ne visera pas au milieu du court si aucune direction n’est maintenue mais directement en face de votre joueur. Une petite habitude à prendre qui vous vaudra plusieurs fautes directes.

On pourrait penser que la messe est dite mais ce n’est tristement pas le cas. En effet, on oublierait presque que derrière les 16 stars du tennis disponibles ou derrière votre alter-égo tout fraichement créé pour le mode carrière, il y a plusieurs compétences qui régissent vos forces et faiblesses : coup droit, revers, puissance, volée ou conditionnement. Et cela n’est pas très grave si comme moi vous cherchez encore la signification de cette dernière caractéristique. Oui car au final vous ne verrez que peu la différence. C’est bien simple, même en difficulté maximale vous pourrez faire presque jeu égal avec Nick Kyrgios, rookie en main et ses 30 en revers. Bon vous serez bien aidé par une I.A. idiote qui enchaînera sans vergogne les tirs puissants hors de la limite du court.

Le minimum syndical

Il ne faut pas se le cacher mais ces innombrables défauts ont réussi à ternir les quelques rares qualités que je concède au nouveau titre de Torus Games. En effet, même si son contenu n’est sans doute pas le plus généreux, je dois admettre que le calendrier de son mode carrière est l’un des plus fidèle que j’ai pu voir. Il y a ici ou là quelques errances comme un Monte-Carlo sur dur en plein air et en février. Mais j’ai trouvé que le découpage était, dans l’ensemble, respecté avec la tournée asiatique, de terre battue ou américaine par exemple.

Pour le reste, on est sur le minimum syndical requis pour ce type de simulation. Il y a un donc un mode carrière où vous pourrez faire grimper votre petite création dans le sommet du classement ATP. Malheureusement, vous n’aurez aucun moyen de paramétrer le nombre de jeux ou de sets gagnants durant celle-ci. Vous devrez de plu passer presque systématiquement par un match de qualification même si vous êtes 22ème mondiale. Et, il ne faudra pas s’étonner de ne pas voir dans le tableau final d’un Grand Chelem les dix premiers mondiaux. Dommage, également, que l’on ne gagne aucune récompense dans nos habiletés tennistiques après de multiples victoires. Ah oui ! J’oubliais que cela ne servait à rien.

Pour finir et pour les plus courageux, vous pourrez toujours vous frotter avec des adversaires de la Terre entière avec le mode en ligne. Vous aurez la possibilité d’activer le mode cross-play qui pourrait vous faire affronter n’importe quel joueur sur une autre plateforme. Une possibilité encore trop rare dans les jeux actuels qui a le mérite d’exister et qu’il faut saluer ! Mais derrière l’arbre se cache souvent la forêt et dans le cas présent le net code n’était pas au beau fixe sur les quelques parties que j’ai pu effectuer. Il faudrait faire fi des saccades de la mire de visée qui sera, donc, beaucoup moins précise qu’a l’accoutumée. Mais il faudra aussi faire face à des stratégies qui découlent directement de la pauvreté du son système de jeu : amorties à répétition, réception des services proche du carré de service et le classique service déporté/frappe décroisée imparable. L’expérience se montre très vite oubliable.

CONCLUSION

A vouloir parfois trop en faire, on a parfois les yeux plus gros que le ventre. C’est un peu la définition que je ferais de ce Matchpoint – Tennis Championships. Si sur le papier le titre de Torus Games pourrait faire penser à une simulation de tennis, on est finalement face à une expérience plutôt typée arcade, le plaisir en moins. En effet, on peine à oublier ses multiples carences dans sa technique, dans la construction de son gameplay ou dans son contenu, pour vraiment pouvoir s’y amuser durablement. Combien de temps faudra t’il encore attendre pour avoir un jeu de tennis digne de ce nom ?

Critères d’accessibilité

Déficience Visuelle Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée) Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable  Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
 Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

Détails TV 4K Jeu fourni par l’éditeur oui
Console Xbox Series X Temps passé sur le jeu 9 heures
Niveau de difficulté Semi-Pro/Professionnelle Jeu terminé non

+ Les plus

  • Une prise en main rapide et aisée
  • Un roster plutôt correct
  • Un calendrier dans le mode carrière dans l'ensemble respecté
  • Les courts de tennis nombreux
  • Les différentes surfaces assez bien différenciées
  • Le cross-play du mode en ligne
  • Le bon feeling des offensives au filet
  • Interface en VF

- Les moins

  • Une technique graphique et des animations qui laissent à désirer
  • Pas de Nadal ou de Djokovic
  • Un gameplay redondant et superficiel plutôt typé arcade
  • Des caractéristiques sans aucun impact réel
  • Une ambiance sonore beaucoup trop timide et répétitif
  • Le lag dans le mode en ligne
  • Aucune personnalité ou différences entre les joueurs
  • Des traductions françaises parfois trop littérales
  • Zéro accessibilité
  • Une IA bourrine même à la difficulté maximale

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