Les coups de cœur de la rédac’ #04 – août 2021

Août touche à sa fin, emmène avec lui le doux chant des cigales (c’est faux, il est insupportable) et la chaleur pour laisser place à la rentrée. Si ce mois était chargé en terme de sorties, surtout du côté indépendant, on peut dire que les membres de l’équipe ont fait dans la variété ! Voyez plutôt :


Bloodroots (Zayow)

Malgré un mois dense pour le Xbox Game Pass, j’ai décidé de me lancer dans l’intrigant Bloodroots. Pourquoi celui-ci ? Pour la seule et unique raison que la direction artistique ressemble étrangement à celle de Serial Cleaner que j’ai adoré à l’époque (c’était il y a trois ans déjà !). J’ai été conquis dès les deux premiers niveaux. Outre la difficulté où un seul coup vous tue, tout est merveilleux dans ce jeu.

L’ambiance unique rythmée par vos coups, la musique, et l’humour omniprésent donnent un ton agréable à Bloodroots et des sensations de gameplay vraiment chouettes. Pourtant, le but est simple, vous avez un niveau et devez tuer tous les ennemis. Pour cela, vous pouvez compter sur toutes les armes qui seront à votre portée sur le terrain. Une carotte, un chou, une hache, une tronçonneuse, un bout de bois, une canne à pêche, un poisson… Oui, tout. Mais où est la difficulté alors ? C’est que toutes vos armes se cassent très rapidement (un coup et votre rondin de bois se brise et vous devez changer d’arme). Il y a beaucoup d’ennemis, les cartes se suivent et ne se ressemblent pas.

J’ai eu aucun sentiment de “niveau en trop”. En même temps il n’y en a que 15 (avec quelques niveaux bonus). Bref, j’ai adoré jouer à Bloodroots, qui est facile à prendre en main mais difficile à maîtriser, bref tout ce que j’aime.

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Sayonara Wild Hearts (Fab !)

Voilà bien une année que Nico m’a parlé pour la première fois de Sayonara Wild Hearts. Un titre semblait-il remarquable, atypique, dont l’éloge faite par mon estimable ami n’avait de cesse de me casser les oreilles. Mais il faut avouer que la passion affichée par ce jeune trentenaire à l’autre jeune trentenaire que je suis avait de quoi me faire craquer. Et en ce pluvieux mois d’août, j’ai craqué.

Qu’il est compliqué de poser par écrit les sensations offertes par ce Sayonara Wild Hearts. Étonnant, envoûtant, le titre offre une véritable odyssée musico-narrative. Un trip électro-pop, dont quelques clins d’œil au jeu vidéo se font remarquer, qui se transforme en clip interactif aux allures de voyage sensoriel.

Les mécaniques sont évidentes et ne nécessitent guère d’explications. Mais sous ses airs de jeu de rythme classique, il laisse éclater une identité folle, unique et scandaleusement poétique. Une ode onirique, aux visuels minimalistes et charmeurs, dont on ne ressort qu’une fois l’aventure pliée, le rêve terminé. Et quelle aventure !

Sayonara Wild Hearts n’est pas un jeu. C’est une expérience sans équivalent et que seul ce média peut proposer. Ou quand un gameplay sans envergure se met au service d’une œuvre artistique à part entière.

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Hades (Mich_t)

Au-delà du coup de cœur, j’ai vécu un véritable coup de foudre pour Hades. La dernière production de Supergiant Games est à mon sens un condensé de ce qui se fait de mieux dans le jeu vidéo.

Je suis resté sans voix face à la narration d’une richesse folle et d’une cohérence absolue, qui élimine toute frustration après chaque mort. On en vient presque à vouloir périr pour en apprendre plus sur l’histoire. Après 50 heures de jeu, les personnages ont toujours quelque chose de nouveau à nous dire, à nous demander, et à partager. Grande réussite des développeurs, avoir réduit au maximum la répétitivité du gameplay inhérente au roguelite en intégrant une multitude de bonus différents. À cela s’ajoutent six armes, chacune possédant quatre variantes, qui font que chaque run est unique.

Et que dire de la bande-son magistrale composée par Darren Korb, qui sert à merveille le titre. Dès les premiers instants, vous serez emporté par “La maison d’Hadès“, à mon avis l’une des musiques les plus réussies du jeu. Enfin, il m’est impossible de conclure sans parler de la direction artistique tout simplement sublime. Toutes les divinités ont une identité visuelle propre, qui est complétée par un doublage vocal d’excellente facture. Le studio a ainsi réussi à leur donner vie. Vous l’aurez bien compris, je suis tombé sous le charme de l’œuvre, et je vous invite à plonger dans cet enfer qui procure assurément un profond sentiment de plaisir.

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The Vale : Shadow of the Crown (Koryah Siha)

Simplement fermer les yeux et jouer. J’avoue au départ en me lançant dans l’aventure, ignorer tout de ce qu’un jeu uniquement audio impliquait. Le text-to-speech, l’absence de visuels à l’écran, sont vraiment, vraiment déroutants de prime abord. Pourtant ça faisait bien longtemps que je n’avais pas été aussi absorbée par un projet. Il faut dire que celui-ci m’a hantée pendant plus d’un an, avec uniquement sa démo à me mettre sous la dent. Et quand sa version finale est sortie, là, il y a quelques jours, et bien je l’ai achetée day one et vécu sept heures de pur “woaw !”

Premier jeu en studio de l’équipe, Falling Squirrel a poussé The Vale vers une accessibilité pour les non et malvoyants mais aussi pour les personnes voyantes qui, comme moi, souhaitent sortir de leur zone de confort. Ce qui m’a ensorcelée, c‘est ce mélange de magie, de surnaturel dans cette époque médiévale et cette force de la nature qu’est Alexandra, le personnage aveugle que l’on incarne. Mais sa narration et ses combats en sont clairement le cœur. Sans un acting aussi bon et une maîtrise du son binaural, rien n’aurait été aussi immersif et réussi. Se fier seulement à son ouïe et son toucher, grâce au retour haptique, pour l’apprentissage du gameplay ou se laisser simplement porter par le récit a été pour ma part extrêmement enrichissant. Si bien que dorénavant les jeux “visuels” me paraissent limite ternes. Car j’ai tout bonnement réalisé qu’il suffit parfois juste d’écouter pour vivre quelque chose de grand…

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Immortals Fenix Rising (Jess Bond)

Ça faisait un petit moment que Immortals Fenyx Rising hantait mon backlog et j’avais quand même envie de m’y mettre. Je vous avoue donc que c’est sans regret que je le parcours depuis deux semaines maintenant avec un certain entrain et l’envie d’y découvrir tous ses secrets. Alors certes, ayant terminé Assassin’s Creed Odyssey, je n’ai pas pu m’empêcher de faire des parallèles notamment sur quelques mécaniques de gameplay (escalade, flèche que l’on peut diriger, le compagnon oiseau…).

Mais au final, ce n’était pas si gênant, car Immortals Fenyx Rising traite la mythologie grecque avec beaucoup (trop ?) de légèreté et d’humour. Pour certains, la voix de Lionnel Astier en Zeus a pu irriter, de mon côté, j’ai réussi à passer outre, même si je peux comprendre les réactions. Le contenu est assez conséquent, surtout du côté des énigmes qui arrivent à se renouveler constamment. Je noterai juste que comme dans tout jeu Ubisoft, les éléments à collecter sont quand même beaucoup trop présents et que les réduire de moitié auraient peut-être rendu le titre parfait. Mais bon, au final, ça faisait un moment que je n’avais pas autant apprécié une production du studio français et c’est quand même rafraichissant une nouvelle licence mine de rien !

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Gears 5 (Ashaika)

Quelques années après la guerre, je découvre enfin la licence Gears of War. En ce mois d’août, il ne me restait plus que son dernier opus à découvrir. Et quelle découverte ! La beauté du jeu est éclatante au travers de ses divers décors, entre la forêt luxuriante, une ville sous siège, une zone montagneuse ou encore un immense désert frappé par l’orage. J’en ai pris plein les yeux et on m’a dit que Hivebusters est encore plus beau. J’attends de voir ça.

Le gameplay de Gears 5 est très fluide et permet de vraiment prendre part au combat de façon presque intuitive. Les armes ont chacune leur utilité et leur identité propre, ça doit envoyer en multijoueur.
J’ai également vraiment accroché à l’histoire de Kait Diaz et son aventure pour comprendre ce qui lui arrivait depuis la fin du dernier opus. Quelques claques (et une décision monstrueuse à prendre) plus loin, je pense déjà à la suite qui n’arrivera que dans quelques années… Sigh, ça va être long.

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Hades (Kentarus)

Si on m’avait dit un jour que j’accrocherais à un roguelite, je ne l’aurais sans doute pas cru. Et pourtant, cette conviction s’arrêta le jour où mes yeux se posèrent sur Hades. Pour résumer simplement, je n’ai pu décrocher mes mains de la manette pendant plusieurs heures la première fois ! J’aurais pu être lassé par la mort qui revient inévitablement à un moment ou à un autre, mais le titre réussit constamment à nous accrocher. Si ce n’est pas la découverte de nouvelles lignes de dialogues (souvent drôles) entre les dieux et déesses, cela peut être le scénario qui se distille au compte goutte, ou bien les améliorations que l’on peut acheter pour rendre nos runs plus efficaces encore.

Si de plus, on rajoute un gameplay efficace, une patte graphique pleine de charme et un renouvellement régulier à travers les différentes armes ou de l’aléatoire des bonus glanés au fil des niveaux traversés, j’ai eu l’impression de tenir là un diamant brut vidéoludique qui se renouvelle sans cesse. Un des rares qui nous enferme avec jouissance dans une spirale hypnotique. Alors oui, il faudra apprécier la récolte incessante des ressources ou l’apprentissage des stratégies ou des combos qui fonctionnent pour sentir son évolution. Mais ayant passé ce cap, j’ai pris du plaisir à chaque instant et même durant mes nombreuses morts ! À essayer au moins une fois dans sa vie !

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Psychonauts 2 (JSam)

Venant de la personne qui a passé les trois derniers mois à préparer un documentaire sur Double Fine Productions (que je vous conseille d’aller voir), est-ce que vous vous attendiez vraiment à autre chose que Psychonauts 2 ?

Plus sérieusement, le dernier-né du studio fut un véritable bonheur à parcourir. Vous ne pouvez imaginez la joie que j’ai eu de voir revenir un jeu de plateforme 3D aussi inspiré. Double Fine nous a délivré un titre rempli d’amour et de passion, les équipes se sont éclatées, ont pu aller au bout de leur concept, et ça se ressent. Pas un niveau n’a une nouvelle idée à nous proposer, que ce soit dans la direction artistique, dans la mise en scène, ou dans le level-design. Chaque esprit torturé que l’on explore est plein de surprises et recèle de détails qui rendent le tout impressionnant.
De plus, le jeu bénéficie d’un soin au niveau de son écriture qui n’a rien à envier aux productions Pixar. C’est drôle, c’est touchant, c’est rythmé du début à la fin, et ça réussit à aborder avec justesse des thèmes matures comme celle des maladies mentales.

Psychonauts 2 est donc un jeu généreux, sûrement l’un des meilleurs que Double Fine ait réalisé à ce jour, et je suis extrêmement heureux pour le studio après tous les déboires qu’ils ont traversés. Autant dire que j’ai plus que hâte de voir ce que les équipes réaliseront par la suite. En attendant, je risque de me relancer dans les aventures de Razputin Aquato plus d’une fois !

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art of rally (Niko1664)

N’ayant jamais joué à Absolute Drift (du même studio), je me suis naïvement lancé dans art of rally en pensant qu’avec des graphismes aussi minimalistes mais très beaux néanmoins, le pilotage des différents véhicules proposés se résumerait à enfoncer l’accélérateur entre deux virages sans plus de finesse, le tout en difficulté maximale… Erreur que j’ai payée illico dès les premières courbes. Oui, l’aspect se veut simpliste mais le titre est bien plus profond et technique qu’il n’y parait en termes de conduite et si l’envie vous prend d’aller titiller le chrono dans les modes de difficulté élevés, l’entrainement sera de rigueur.

Chaque véhicule possède un comportement qui lui est propre (non, ce ne sont pas de bêtes skins à collectionner). La variété des environnements auxquels s’ajoutent des conditions de courses variables (météo, jour/nuit) renouvellent sans arrêt l’intérêt du titre et l’attrait qu’il exerce sur moi. Armé d’une direction artistique qui met dans le mille et doté d’une bande-son efficace, art of rally a su parfaitement trouver sa place dans mon emploi du temps par de courtes sessions d’une ou deux spéciales. Un titre indé fun, accessible de prime abord mais technique si l’on cherche la petite bête. Merci f*cking beaucoup le Xbox Game Pass pour la découverte !

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C’est ainsi que nous arrivons à la fin de notre sélection mensuelle. Certains titres vous font envie ? Quel est votre coup de cœur du mois ? N’hésitez pas à répondre en commentaires ! Quant à nous, on se retrouve à la fin du mois de septembre pour un nouvel épisode de notre chronique.

Amateur de jeux musicaux et vouant un culte aux titres indés, je suis également un goinfre de succès. J'essaie régulièrement de vider mon backlog mais il se remplit mystérieusement à chaque salve de promos et d'arrivées dans le Game Pass...

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