Pour Xbox, la relation avec Activision n’est plus la même

Durant l’échange entre Phil Spencer et le New York Times, le sujet d’Activision Blizzard est naturellement revenu dans la conversation. Le géant est au cœur d’une tourmente de plusieurs accusations d’agressions sexuelles et harcèlements depuis plusieurs semaines. Spencer s’est d’ailleurs rapidement exprimé, se disant “profondément troublé par ces allégations”. Il a continué en précisément “évaluer l’ensemble des aspects de la relation entre Xbox et Activision”. Des propos forts qui laissaient penser à plusieurs mesures fermes. La réponse apportée aujourd’hui est plus nuancée et vague.

L’accent sur la détresse des employés

Sa première réaction est de se concentrer sur les employés. L’annonce de ses allégations l’a profondément écœuré comme il le dit. En tant que vétéran de l’industrie, et d’autant plus dirigeant d’un consolier, il prend un regard d’ensemble de l’industrie. Quitte à être un poil naïf.

Je me sens toujours concerné par les personnes qui travaillent dans une équipe, la mienne ou celle des autres. Je pense que les gens doivent se sentir en sécurité et inclus dans tous les lieux de travail où ils se trouvent. Et je suis attristé et écoeuré lorsque j’entends parler d’environnements de travail qui provoquent une telle détresse et la destruction d’individus et d’équipes. Et c’est quelque chose qu’en tant qu’industrie, je pense que nous pouvons continuer à faire les investissements que nous devons faire. Mais cela devrait être une entreprise de divertissement. Il devrait s’agir d’amusement, de compétition et de coopération.

Activision est un partenaire de longue date pour Xbox. Le succès de la franchise phare de l’éditeur, Call of Duty, s’est construit grâce au Xbox Live. De par la gravité des accusations et les propos tenus par Spencer, la situation semblait tourner au vinaigre. Si les mots ne sont plus aussi tranchés, il y aurait tout de même un avant et un après ces épisodes. Sans oublier, d’assumer les propres erreurs de l’entreprise :

Le travail que nous faisons spécifiquement avec un partenaire comme Activision est quelque chose dont, évidemment, je ne vais pas parler publiquement. Nous avons changé la façon dont nous faisons certaines choses avec eux, et ils en sont conscients. Mais il ne s’agit pas non plus, pour nous, Xbox, de faire un procès d’intention aux autres entreprises. L’histoire de Xbox n’est pas sans tache.

Spencer fait ici référence à l’édition 2016 de la Game Developers Conference. Pour rappel, Xbox avait tenu une soirée où des femmes dansaient sur des podiums, indignant un grand nombre de personnes ce soir-là. Le comble venait également du fait que Microsoft avait soutenu le Women in Gaming Luncheon le même jour.

C’était un moment douloureux dans l’histoire de Xbox. […]J’aime le fait que ma propre équipe ait été l’une des voix les plus fortes sur les réseaux sociaux pour dire que ce n’était pas bien. Et puis le travail que l’équipe a fait pour s’en sortir et dire, ce moment ne définira pas ce que signifie Xbox mais sera plutôt un catalyseur pour nous améliorer et grandir.

Et tous les partenaires qui sont là, si je peux apprendre d’eux ou si je peux contribuer au voyage que nous avons fait sur Xbox en partageant ce que nous avons fait et ce que nous avons construit, je préfère de loin faire ça plutôt que de me lancer dans une sorte de reproche aux autres entreprises qui sont là.

Du dialogue et de l’écoute

On ne peut s’empêcher de penser à la différence de ton entre les propos tenus aux premières révélations et ceux prononcés dans cet échange par Spencer. Kara Swisher, la journaliste du New York Times, rebondit sur ce point pour mieux comprendre son interlocuteur. Selon Spencer, la réponse passe avant tout par du dialogue et de l’écoute.

Je pense que la première chose à faire est de donner aux gens l’impression qu’ils peuvent signaler et parler de ce qui se passe. Comme je l’ai dit, il en va de la sécurité des gens. Et j’en ai davantage la capacité dans ma propre équipe. Mais je dirai simplement qu’en général, avoir des lignes de communication ouvertes où les gens peuvent faire part de leur expérience vécue dans nos équipes, c’est essentiel.

Il tient aussi à rappeler que son champ d’action n’est pas infini par rapport à Activision. En effet, il ne fait pas partie de l’équipe dirigeante de l’éditeur. Si un problème survient à leur niveau, c’est aux actionnaires et au conseil d’administration de prendre les décisions.

Je dirais qu’en ce qui concerne les personnes qui occupent des postes de direction dans d’autres entreprises, ce n’est évidemment pas à nous de juger qui sont les PDG. Par exemple, les PDG sont choisis par les actionnaires et les conseils d’administration. Chez Xbox, je sais de qui je suis responsable en termes d’affaires et d’opérations. Ce sont mes équipes ici, ma chaîne de management.

Dans un environnement où plus de 40% des joueurs sont des joueuses, des actions plus fortes auraient envoyés un message fort à l’industrie. Ce ne sera pas pour aujourd’hui. Cependant, il tient à rappeler qu’il faut continuer à valoriser la place des femmes dans le secteur.

Phil Spencer doit y réfléchir davantage. L’industrie doit y réfléchir. […] Et si vous parlez maintenant de jeux vidéo qui racontent des histoires et qui partagent l’empathie entre différents groupes en se basant sur le fait que je peux raconter mon histoire à travers ma lentille et que vous pouvez jouer à ce jeu, les voix qui racontent ces histoires, qui prennent les décisions sur le contenu qui apparaît, sur le contenu qui est bon, doivent être diverses dans le sens le plus large de ce mot pour que nous puissions atteindre les objectifs que nous avons dans le jeu.

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