Test – The Outer Worlds, délicieusement anachronique.

Quand on me dit Obsidian Studio, je pense immédiatement à Knight of the Old Republic 2 et surtout à Fallout New Vegas. Alors quand j’apprends qu’ils travaillent sur un RPG à la première personne, autant vous dire que ma curiosité n’est pas piquée. Non, elle est sauvagement surinée. Au point de ne regarder aucun trailer, de ne recueillir aucune info, pour se garantir un maximum de surprises. Disponible dès sa sortie dans le Game Pass, je vous propose de découvrir la critique (sans spoiler) de The Outer Worlds.

J’ai vu tant de choses que vous, humains, ne pourriez pas croire…

Halcyon, une des colonies de la Terre vit des heures troubles. Sous la coupe de corporations avides (quelle surprise…), une partie de la population se tue à la tâche quand l’autre rêve de renverser l’ordre établi. Surtout que l’édification d’Halcyon n’est vraiment pas partie du bon pied. En effet, le Hope, le vaisseau transportant les plus brillants esprits et censés mettre sur de bons rails la colonie, erre depuis 60 ans dans un état de cryogénisation… dont vous êtes sorti grâce un savant un brin excentrique. Bon, ok, la personne a l’air carrément taré, mais possède un cochon domestique qui s’appelle Bubulle. Comment ne pas lui faire confiance ?

Et bien sûr, ce sera à vous de décider de la destinée de la colonie. Ça vous tente ? Alors préparez vous à un périple d’une trentaine d’heures dans des mondes colorés et ravagés, habités par une galerie de personnages qui valent le détour. Qu’ils soient minables, roublards, pénibles ou classes, ils incarnent à la perfection un Halcyon à la dérive.

De grands navires en feu surgissant de l’épaule d’Orion…

A votre réveil, c’est le moment de fabriquer de A à Z l’aspect et les caractéristiques de votre personnage. Bonne surprise, le système est assez souple pour créer un gros débile super bourrin, un ninja, un beau parleur ou même un personnage équilibré, donc chiant. Mais bon, si c’est votre truc, les persos chiants, ça vous regarde, je ne juge pas (noob). Ainsi, la liberté de création est telle que toutes les fantaisies sont possibles, avec des traits de caractères WTF qui donnent tout de suite le ton du jeu.

En effet, dans cette folle histoire de l’espace, l’humour, parfois grinçant, vous arrache de très nombreux sourires. Les situations, les dialogues délicieusement écrits (en VOST), les personnages nous rappellent que même dans un futur foireux, même à des distances invraisemblables, les travers de notre espèce ont fait le voyage. Et pas pour rien. Outre cette réjouissante gaudriole, The Outer Worlds se paient le luxe à travers son histoire principale et ses quêtes secondaires de dépeindre un univers passionnant, que j’ai parcouru avec envie et plaisir et même d’aborder des thématiques on ne peut plus sérieuses. Un vrai bon scénario de RPG.

J’ai vu des rayons fabuleux, des rayons C, briller dans l’ombre de la porte de Tannhäuser…

Qui dit RPG dit choix. Et là-dessus, pas de déception. Votre personnage va présider la destinée de Halcyon par ses actes mais aussi et surtout par ses qualités d’orateur. Que ce soit par la persuasion, l’intimidation, ou le mensonge, de très nombreuses quêtes ou situations peuvent être réglées par le dialogue. Bon, quand cela n’est pas possible, comme disait ma grand-mère, un bon lance-flamme règle généralement tous les problèmes. Mais que cela fait du bien d’avoir de telles options pour compléter une quête ! Surtout quand on est une quiche de l’espace au maniement du blaster…

Qui dit RPG dit, comme d’habitude, de l’Xp à gratter à chaque action pour monter jusqu’au niveau 30, tout en augmentant ses compétences et autres avantages. Pas de surprise à ce niveau. Des compagnons seront à trouver, recruter et aider dans des quêtes qui leur sont propres. Certaines sont très réussies quand certaines sont quelconques. Néanmoins, ces comparses vous appuieront sans répit au cours des combats en temps réels. Et ont le mérite de ne pas vous coincer dans les encadrements de portes. Déjà ça de pris. Les gun fights sont assez bien fichus avec un système de dash, un bullet time et servi par un arsenal conséquent et améliorable. Que demander de plus ?

Tous ces moments se perdront dans l’oubli… comme les larmes dans la pluie. Il est temps de mourir

Un scénario de SF qui tient la route, de l’humour, de l’action et des combats convainquant : the Outer Worlds ne serait-il pas le jeu de l’année ? Non, clairement non. Des très nombreux écueils viennent ternir quelque peu le tableau. Structuré comme KOTOR en son temps, avec des zones au final pas bien grandes, on se trouve un peu engoncé et à l’étroit pourtant dans un monde suffisamment appétant pour être un appel à l’exploration. Arf, raté. La carte que l’on peut afficher à tout moment est un cauchemar. Imaginez, la carte a un temps de chargement de parfois 10 secondes. Une éternité quand on veut juste vérifier un truc. Insupportable. Surtout que la map est assez avare en info, elle n’affiche qu’un seul objectif à la fois. Bref, j’ai rarement vu une carte aussi mal fichue, qui altère une exploration déjà assez limitée.

Techniquement, The Outer Worlds parait dépassé. Les animations des personnages, la qualité des textures sont d’un autre temps. Heureusement, la direction artistique rétro-futuriste digne d’un bon vieux film de SF des années 60/70 remporte la mise. Et que dire de certains panoramas ou villes qui m’on fait pensé par moment au Blade Runner de Ridley Scott (1982). Surtout quand je regardais le ciel, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au monologue du Nexus-VI. Je m’attendais presque, non je rêvais de voir des « rayons fabuleux » ou de « grands navires en feu » surgir et transpercer les anneaux des planètes. Hélas non, mais The Outer World dispose assurément d’une patine à même de séduire. Bref, il en a peut être une sale, mais on ne peut pas lui enlever qu’il a de la gueule.

Conclusion.

The Outer Worlds est un très bon RPG rétro-futuriste possédant un scénario solide, un univers fort et une personnalité certaine. L’aventure se boucle certes en une trentaine d’heures mais avec sa bonne rejouabilité, la durée de vie est largement doublée. L’ergonomie de la carte finit néanmoins d’entacher une exploration peu enthousiasmante, car trop cloisonnée. Et avec sa technique dépassée et sa structure, The Outer World semble lui-même sortir d’un caisson de cryogénisation. Heureusement, son écriture et son humour font nettement pencher la balance et en font un RPG à absolument vivre. Mais que vois-je au loin, ne seraient pas de grands navires en feu surgissant de l’épaule d’Orion !?


Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle  Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée)Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonismeSons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

  Détails TV4K  Jeu fourni par l’éditeurnon
  ConsoleXbox One X  Temps passé sur le jeu30 heures
  Niveau de difficulténormal  Jeu terminéoui

 

+ Les plus

  • Un scénario à la hauteur
  • Une univers fascinant...
  • Le soin porté à l'écriture
  • Un humour réjouissant et caustique
  • La création de personnage
  • Des choix, encore des choix !!!
  • La bonne rejouabilité

- Les moins

  • La carte, mal fichue de A à Z
  • ... mais trop cloisonné et segmenté
  • techniquement dépassé
Je ne suis pas fou, ce sont les autres qui ne le sont pas assez. J'aime particulièrement les univers de The Witcher, Fallout et PUBG.

3

  1. Vraiment une belle réussite ce RPG, surtout vu le peu de moyens initiaux.

  2. J’aime le jeu et je suis entièrement d’accord avec le testeur j’aurais ajouté dans les moins les temps de chargement et les sous -titres tellement petits.

  3. Je n’ai toujours pas dépassé l’écran titre mais il est (plus ou moins) en tête de mon backlog donc son tour devrait venir vite. Ton test @Bibi rentre pile poil dans ce que j’en ressentais, pauvre lecteur de test que je suis, de ce que j’en percevais au loin d’une oreille discrète (plus ou moins) sur les tchats ou sur les groupes d’amis (plus ou moins) Xbox Live.
    Bon test ! Il n’y a plus qu’à espérer qu’avec Microsoft aux fesses, Obsidian nous sorte une suite ou un jeu dans le même univers sur Scarlett….en mieux !

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